Bombardier sort du secteur aéronautique commercial

Le programme CSeries, rebaptisé A220, est aujourd'hui entre les mains d'Airbus et du gouvernement du Québec.

Bombardier a finalement cédé sa participation dans Airbus Canada, qui produit l'A220, à Airbus et au gouvernement québécois. Dans trois ans, l'A220 sera entièrement aux mains d'Airbus.

En difficulté, le constructeur canadien Bombardier a vendu sa participation résiduelle dans la société en commandite Airbus Canada (SCAC), dont elle détenait 33,58%, à l'avionneur européen Airbus et au gouvernement du Québec

Cette transaction finalise notre retrait du secteur aéronautique commercial.
Alain Bellemare
Président de Bombardier

Bombardier recevra d'Airbus 591 millions de dollars américains dans cette transaction qui prend effet immédiatement et doit permettre au fleuron industriel canadien d'éponger une partie de sa dette.

La participation d'Airbus dans la SCAC, qui produit l'Airbus A220, se trouve ainsi portée à 75% – contre 50,06% auparavant – et celle du gouvernement du Québec à 25%. Cette participation sera rachetée par Airbus en 2026, soit trois ans plus tard qu'initialement prévu.

Situation financière périlleuse

"Cette transaction soutient nos efforts pour régler la question de notre structure de capital et finalise notre retrait du secteur aéronautique commercial", a indiqué le président et chef de la direction de Bombardier Alain Bellemare, cité dans le communiqué. Selon lui, l'entreprise effectue ce retrait "de manière responsable, en préservant les emplois et en renforçant le secteur aéronautique au Québec et au Canada". 

Conformément à un accord avec Airbus, Bombardier aurait dû investir 350 millions de dollars américains de plus dans l'A220 d'ici fin 2021. Mais le constructeur québécois souhaitait la levée de cette obligation en raison de sa situation financière périlleuse. L'entreprise, contrôlée par les familles Beaudoin et Bombardier héritières du fondateur et inventeur de la motoneige dans les années 1940, est plombée par une dette de plus de 9 milliards de dollars américains (8,2 milliards d'euros). 

Le CSeries, un projet coûteux

Bombardier avait investi des sommes colossales dans le développement de trois nouveaux avions: le moyen-courrier CSeries et les avions d'affaires Global 7500 et Learjet 85. Or le CSeries, premier mono-couloir de conception nouvelle depuis plus de 25 ans, est tombé dans l'escarcelle d'Airbus (qui l'a rebaptisé A220), tandis que Bombardier a abandonné le troisième après qu'il ait englouti deux milliards de dollars. La majeure partie de la dette de Bombardier s'explique par ces deux programmes.

À la fin des années 2000, Bombardier s'est lancé dans le projet du CSeries, un appareil de 100 à 140 passagers (dont Sonaca fabrique les bords d'attaque de l'aile), pour élargir sa gamme d'avions régionaux, qui avait fait sa fortune dans les années 1990. Cette décision s'est cependant avérée coûteuse. En définitive, Bombardier n'aurait pas dû s'attaquer au duopole de Boeing et Airbus, jugent les spécialistes.

L'entreprise a même frôlé la faillite ces dernières années, a admis son PDG Alain Bellemare. Celui-ci a lancé une vaste restructuration en 2015, destructrice de milliers d'emplois, mais qui n'a pas encore permis à Bombardier de redécoller ou de réduire sa dette.

Quid du ferroviaire? 

Parmi les scénarios évoqués pour permettre au groupe de se désendetter figure également la possible cession de son activité ferroviaire. Le quotidien économique allemand Handeslbatt a affirmé mercredi que le français Alstom était sur les rangs, pour une transaction de sept milliards d'euros, mais aucune des deux entreprises ne l'a confirmé dans l'immédiat.

Bombardier possède aussi une division avions d'affaires, qui est actuellement la division la plus profitable du groupe, grâce au Global 7500, le plus gros appareil au monde sur ce créneau.

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