Borsus: "Je ne suis ni naïf, ni hypocrite"

Willy Borsus ©BELGA

Face aux critiques de l'opposition concernant les 25 licences pour la vente d'armes à l'Arabie saoudite accordées par Willy Borsus (MR), le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) dit regretter et travailler à une solution au niveau européen.

Le dossier des 25 licences pour la vente d’armes à l’Arabie saoudite accordées par le chef libéral du gouvernement wallon Willy Borsus s’est invité à la Chambre jeudi après-midi.

©FN

Plusieurs députés flamands et Olivier Maingain (DéFI) ont profité de la séance des questions-réponses pour interpeller le ministre des Affaires étrangères. Le député de l’Open Vld Tim Vandenput a ainsi rappelé à Didier Reynders (MR) que le Parlement fédéral avait adopté une résolution en juin dernier "dont l’article 9 demande aux entités fédérées de mettre un terme aux exportations d’armes vers l’Arabie saoudite".

Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen) a lui critiqué le double langage du MR:

"Comment notre ministre des Affaires étrangères pouvait-il s’exprimer sur la situation des droits de l’homme en Arabie saoudite quand son camarade wallon donne son feu vert à des licences?"

D’aucuns n’ont d’ailleurs pas manqué de rappeler au vice-Premier que Willy Borsus faisait partie du gouvernement fédéral à l’époque. Mais "60 kilomètres de distance entre Bruxelles et Namur et tout s’oublie", a ironisé Olivier Maingain.

Borsus précise sa position: un embargo européen ou de l'Onu

"Nous sommes demandeurs d'une attitude coordonnée avec les autres pays européens et qu'on ait la même lecture des textes de loi. Un embargo d'une seule région, d'un seul pays n'aura aucun impact international, notamment sur le respect des droits de l'homme" explique Willy Borsus dans Le Soir.

Il serait "incompréhensible" que "nous nous imposions, nous, un embargo en pensant pouvoir ainsi changer quelque chose", ajoute Willy Borsus, qui se défend de toute "hypocrisie" ou "naïveté". "Ce serait plus facile de dire 'on décide au niveau wallon et, pour le reste, je suis tranquille'. Ou de faire de la symbolique qui ne change rien dans les faits. Je veux vraiment faire bouger les choses", assure le ministre-président de Wallonie, qui soutient donc la demande d'un "embargo européen ou des Nations Unies".

Reynders regrette

Face à la polémique, le libéral Didier Reynders a réaffirmé sa position. "Je regrette que l'on n'arrête pas l'exportation des armes vers l'Arabie Saoudite. Je continue à œuvrer pour tous les éléments de la résolution et je vais continuer à me concerter avec les Régions et pousser un débat au niveau européen."

Affirmant ne pas avoir été informé des détails de la décision, le ministre a expliqué que l’exportation d’armes est une "tradition" dans les Régions. "On a toujours livré des armes en Wallonie indépendamment du changement de coalition."

Débrayage à la FN Herstal

Et pendant ce temps, les affiliés FGTB de la FN Herstal ont décidé jeudi matin de débrayer sur le champ au terme d'une assemblée générale portant sur diverses revendications non rencontrées par la direction, selon le syndicat. Cette décision engendrera la fermeture de l'usine dès ce 20 octobre, pour une durée indéterminée comme prévu par le préavis d'actions déposé à la direction.
La délégation syndicale sollicite une réunion "qui lui est refusée depuis longtemps". Cette rencontre peut se tenir soit avec la direction ou avec le conseil d'administration "pour sortir du conflit et de l'escalade patronale par le haut", estime la délégation syndicale qui est prête à s'effacer pour permettre aux interlocuteurs de la FN de rencontrer ceux de la FGTB.
Le personnel se rendra lundi à Namur, siège du gouvernement wallon, actionnaire principal de l'entreprise d'armement, si rien ne bouge d'ici là. Ce nouveau conflit entre direction et syndicats intervient alors que le travail n'avait repris que le 11 octobre dernier après 9 jours de grève.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés