L'industrie spatiale belge veut monter sur les futures évolutions d'Ariane 6

La future Ariane 6 doit prendre son envol avant la fin 2020.

Alors qu'Ariane 6 n'a pas encore pris son envol, les industriels belges se profilent déjà pour se placer sur les futures évolutions du nouveau lanceur européen.

Alors qu'Ariane 6 n'a pas encore pris son envol, les industriels belges se profilent déjà pour obtenir des nouveaux contrats sur les futures évolutions du nouveau lanceur européen et les démonstrateurs technologiques que veulent développer l'Agence spatiale européenne (ESA) et l'industriel ArianeGroup.

Le premier tir d'une Ariane 6, qui est appelée à remplacer les différentes évolutions d'Ariane 5, est prévu avant la fin de l'année, avec à son bord des satellites de la constellation OneWeb. Comme sur l'actuelle Ariane 5 -qui tirera définitivement sa révérence en 2023-  il y aura des équipements belges à bord: principalement des vannes cryogéniques pour les moteurs (Safran Aero Boosters), des systèmes d'actuation des tuyères (Sabca) et la chaine de sauvegarde (Thales Alenia Space Belgique). 

Pour la Belgique, le programme Ariane 6 représente un potentiel de 100 emplois à haute valeur ajoutée chez les industriels concernés, selon le ministre de la Politique scientifique David Clarinval (MR), qui a ouvert mardi la 12ème Conférence spatiale européenne à Bruxelles. À cela il faut encore ajouter une cinquantaine de personnes qui seront employées en Belgique dans le cadre des activités de production de Vega-C et de Vega-E, les différentes versions du lanceur léger.  

Programmes satellitaires

C'est appréciable, mais c'est proportionnellement un peu moins que sur la fusée actuelle. La raison? Lors de la conférence ministérielle de l’ESA en 2016, la Belgique a mis quelques billes supplémentaires dans des programmes satellitaires au détriment des lanceurs. 

L’industrie wallonne s’est donc retrouvée amputée de quelques retombées potentielles sur Ariane 6. La Sabca a ainsi perdu sur le nouveau lanceur européen les éléments de structure (les coiffes des fusées d’appoint) qu’elle fabrique sur Ariane 5.  Un manque a gagner dont le constructeur bruxellois se serait bien passé, mais qui n'est pas non plus mortel. "Ce qui est important, c'est de conserver les compétences dans des niches de référence comme les systèmes d'actuation et de pouvoir les développer sur les futures évolutions d'Ariane 6" rétorque le CEO de la Sabca,Thibault Jongen. 

"Les investissements atteindront 1,45 milliard d’euros pour la période 2020-2024"
David Clarinval
Ministre de la politique scientifique

Mais la situation pourrait rapidement évoluer en faveur des industriels belges, suite à la décision de la Belgique de réinvestir davantage dans l'espace, y compris dans les lanceurs. "Fin novembre 2019, le gouvernement fédéral avait marqué son accord pour un investissement sans précédent de la Belgique dans les programmes de l’ESA. Ils atteindront 1,45 milliard d’euros pour la période 2020-2024, contre 1,2 milliard d’euros pour la période précédente" a encore fait valoir David Clarinval. 

 Une augmentation qui ouvre de nouvelles perspectives pour les sociétés aérospatiales de notre pays. Safran Aero Boosters est ainsi déjà intéressé, avec ses vannes cryogéniques, par le moteur de prochaine génération Prometheus financé par l'agence spatiale européenne. Un engin conçu pour être nettement moins cher que les moteurs actuels et potentiellement réutilisable.

L'appui de start-ups

Sabca de son côté lorgne le démonstrateur Themis, parfois déjà présenté comme le successeur d'Ariane 6. Ce premier étage de lanceur, qui sera équipé de la version réutilisable du moteur Prometheus, devrait être développé avec l'appui de start-ups innovantes. "On pourrait voir apparaitre des possibilités pour d'autres sociétés belges" prédit un spécialiste.  

Une autre retombée concrète des nouvelles ambitions spatiales belges avait déjà été annoncée: le choix par l'ESA du site du Centre européen de la sécurité et de l'éducation spatiale (ESEC) à Redu, en province de Luxembourg, pour abriter son futur centre de cyber-sécurité.

Fin novembre 2019, le gouvernement fédéral avait marqué son accord pour un investissement sans précédent de la Belgique dans les programmes de l’Agence spatiale européenne (ESA). Ils atteindront 1,45 milliard d’euros pour la période 2020-2024, contre 1,2 milliard d’euros pour la période précédente.

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