Successeur des F-16: deux offres finales ont été remises

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Ce mercredi 14 février, c'était la date limite de remise des meilleures offres finales pour la succession des F-16 belges. Officiellement, seuls le F-35 de Lockheed Martin et l’Eurofighter Typhoon figurent encore dans la course, et dans le cadre de l’appel d’offres lancé en mars 2017 par la Belgique. Sauf que le Rafale français est en embuscade, et a décidé de faire les choses à sa manière. Le gouvernement Michel devrait trancher d’ici la trêve estivale. Et les premiers nouveaux avions, arriver d’ici 2023. En théorie, du moins.

Ça y est. C’est aujourd’hui, en ce mercredi 14 février, journée internationale de la roucoulade, que doivent être déposées les meilleures offres finales – dites: "BaFO", pour "best and final offers" – des candidats au remplacement des 54 chasseurs-bombardiers F-16 que possède la Belgique, et qui commencent à compter trop d’heures de vol.

C'est fait. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont remis ce matin au ministère belge de la Défense leurs propositions chiffrées définitives . Ces offres ont été remises à la cellule ACCaP ("Air Combat Capability Program"), chargée de piloter ce programme au sein de l'état-major de la Défense.

C’est le 17 mars 2017 que le gouvernement Michel a officiellement publié l’appel d’offres devant mener à l’achat de 34 nouveaux avions de combat. Un marché initialement estimé à 3,6 milliards d’euros et qui se conclura d’Etat à Etat, d’où le petit nom de la procédure lancée: "RfGP", pour "request for governement proposal". Faisons le point.

> Quelles offres sont encore officiellement en lice? Initialement, cinq appareils étaient en lice, tous portés par une agence gouvernementale. En cours de route, deux ont fait faux bond, le Super Hornet de l’américain Boeing – qui a dénoncé au passage une compétition trop peu "ouverte" – et le JAS-39 Gripen E du suédois Saab.

À la surprise générale, début septembre, la France n’a guère rentré de dossier pour le Rafale de Dassault, préférant proposer un "partenariat approfondi et structurant" se situant clairement en dehors des lignes de l’appel d’offres belge.

Ce qui fait qu’officiellement, ne restaient plus que deux appareils en lice. À ma gauche, celui qui est présenté comme le (grand) favori depuis le départ, le F-35 Lightning II de l’américain Lockheed Martin. Et à ma droite, l’Eurofighter Typhoon, porté par un consortium mêlant Royaume-Uni, Allemagne, Espagne et Italie.

> Quel est le timing des opérations? Et puis? Et puis c’est tout, pour ce mercredi en tout cas. Dès ce jeudi débute l’évaluation de ces offres par des groupes de travail, qui remettront, en principe courant du mois de mai, une recommandation au ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA). Lequel déposera évidemment le dossier sur la table du gouvernement Michel, qui souhaiterait pouvoir trancher avant la trêve estivale. Idéalement avant le sommet de l’Otan prévu les 11 et 12 juillet.

La suite s’écrit à moyen terme. On parle de 2023 pour le retrait des premiers F-16 et l’arrivée des premiers remplaçants. Lesquels devront tous être opérationnels pour 2030.

> Comment seront jugées les offres? Les offres remises seront examinées par un total de 33 experts, regroupés au sein de sept équipes d’évaluation – une pour chaque critère défini dans l’appel d’offres lancé en mars 2017.

Un examen qui portera sur trois grands domaines: les capacités de l’appareil, avec une pondération de 57%, le coût (33%) et les "intérêts essentiels de sécurité" (10%), que l’on pourrait qualifier de retombées économiques. Si la législation européenne interdit l’octroi de compensations économiques, si prisées par le passé, elle a toutefois laissé ouverte une sorte de porte arrière, à savoir une disposition dérogatoire permettant à un Etat de protéger ses intérêts essentiels de sécurité dans le cadre d’un marché public de défense. Disposition que la Belgique n’a pas manqué d’activer.

Et là, évidemment, les promesses fusent de toutes parts. Les promoteurs du F-35 assurent à l’industrie belge des partenariats à long terme, et ont déjà signé des accords, assez généraux. Son concurrent européen aligne, lui, des chiffres, puisqu’il serait question de 19,3 milliards de retombées économiques, de quoi créer ou consolider 6.785 emplois.

> Que faire de l’offre de partenariat française? La question est épineuse. Si cela ne tenait qu’à Steven Vandeput, cela ne traînerait pas. Dès juillet dernier, s’appuyant sur deux analyses juridiques, le ministre faisait savoir que la France s’était mise hors jeu en ne se conformant pas à l’appel d’offres lancé par la Belgique. À la place, l’Hexagone a fait miroiter un partenariat bien plus large, fondé sur le Rafale et une implication belge dans le développement d’un avion de combat de nouvelle génération – le tout s’inscrivant dans le contexte d’une relance de la défense européenne.

Sauf que cela ne dépend pas que de Steven Vandeput. Le gouvernement Michel analyse encore et toujours les implications juridiques de l’offre française. Côté français, on a évidemment des arguments à faire valoir. Note juridique à l’appui, on y affirme que la Belgique a tout à fait le droit d’abandonner son RfGP pour voler dans les bras tendus par la France.

"On n'est pas obligé de choisir un des deux"

"Si aucun (de deux avions) ne rencontre le meilleur rapport qualité-prix, on pourrait examiner d'autres offres comme le Rafale ou d'autres avionneurs comme le Gripen suédois", a déclaré ce mercredi matin Richard Miller (MR) sur les ondes de Bel RTL. "On n'est pas obligé de choisir un des deux", a ajouté le député. 

Cela laisse sous-entendre que si les offres des agences représentant le F-35 et l'Eurofighter ne correspondent pas aux attentes, la Belgique pourrait se tourner vers l'offre de l'avionneur français Dassault et son Rafale, ou encore vers d'autres avionneurs comme le Gripen (Saab).

©MFN

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