Fin de parcours pour la start-up aéronautique wallonne Venyo

Venyo avait conçu un simulateur de vol professionnel à base fixe pour B737NG, moins onéreux et plus facile à employer. ©Dimitri Polomé

La start-up de Charleroi a été emportée par la crise du 737 MAX et la pandémie de coronavirus. Elle employait une vingtaine de personnes.

Une nouvelle victime de la crise dans le secteur aéronautique: la start-up carolo Venyo, qui s'était lancée dans le développement et la commercialisation d’un simulateur de vol novateur pour le Boeing 737, a été déclarée en faillite par le tribunal de l'entreprise de Charleroi. La société emploie une vingtaine de collaborateurs.

"La crise du 737 MAX et la pandémie de coronavirus ont anesthésié le secteur aérien. Les contrats ont été reportés et nous avons mangé notre trésorerie" nous a confirmé Jean-Claude Streel, development manager de Venyo. "Nos actionnaires n'ont pas voulu remettre de l'argent parce qu'ils sont inquiets pour l'avenir du secteur. Nous avons fait un aveu de cessation de paiement qui s'est transformé en faillite. Un curateur a été nommé, il viendra faire une évaluation des actifs."

Un modèle économique original

Installée dans l'Aéropôle de Gosselies, la petite société de Charleroi a développé un simulateur de vol professionnel à base fixe pour B737NG, moins onéreux et plus facile à employer que les imposantes machines existantes, très chères et énergivores. Prédécesseur du désormais célèbre 737 MAX, le Boeing 737 NG reste l'épine dorsale de nombreuses flottes dans le monde, avec environ 7.900 appareils vendus. Venyo avait conçu un modèle économique original, basé sur le leasing de ses appareils, qui avaient reçu la certification européenne de l'AESA en 2017. Trois simulateurs avaient été loués (dont un par TUI Fly à Zaventem), un vendu (en Turquie) et trois autres se trouvaient en phase d'achèvement dans les installations de Gosselies. Bien que dénué de vérins hydrauliques, l'engin, très réaliste, permettait de couvrir une partie de la formation des pilotes.

"Il est hors de question, au vu de la situation actuelle, d'aller chercher de nouveaux actionnaires."
Jean-Claude Streel
Development manager de Venyo

Un trentaine d'actionnaires, principalement belges (privés et publics), avaient investi dans l'aventure Venyo. Celle-ci avait débuté en 2006 avec un premier projet dans le domaine de l'internet, abandonné à cause de la crise de 2008. "L'entreprise a peu de dette, mais elle n'avait plus de fioul", explique encore Jean-Claude Streel. La crise a cassé une belle dynamique alors que Venyo avait terminé sa recherche et développement, avait un produit et une certification. On avait des clients et des contrats. Mais il est hors de question, au vu de la situation actuelle, d'aller chercher de nouveaux actionnaires."

La crise dans le transport aérien avait déjà emporté un autre constructeur de simulateurs: en juin, le canadien TRU Simulation + Training, propriété de l'américain Textron, avait dû fermer ses portes. L'entreprise a été reprise par la suite par le canadien CAE, leader mondial du secteur de la formation dans l'aviation.

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