Galloo démantèlera sept navires français

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Le groupe gantois s’est vu attribuer, par la marine française, la déconstruction de sept navires de guerre déclassés, dont deux gros bâtiments amphibies.

La Marine nationale française a confié, début novembre, le marché de déconstruction de sept de ses navires déclassés au groupe franco-belge Galloo, qui les démantèlera dans ses installations de Gand. Ce contrat, qui représente un total d’environ 25.000 tonnes, intervient deux ans après un autre marché attribué par l’Hexagone à Galloo, qui confirme ainsi sa place d’acteur de premier rang dans le démantèlement des navires et le recyclage des métaux.

La transaction, dont le montant n’a pas été révélé, concerne quatre anciens bâtiments de guerre basés à Toulon et désarmés depuis plusieurs années: les ex-transports de chalands de débarquement Ouragan et Orage, l’ex-bâtiment de transport et de soutien Bougainville ainsi que l’ex-navire atelier Jules Verne. Les trois autres coques sont stationnées à Brest: les ex-bâtiments de transport légers Francis Garnier et Jacques Cartier, ainsi que l’ex-remorqueur ravitailleur Rari. Tous ces vétérans ne seront convoyés vers la Belgique que l’année prochaine, plusieurs autorisations devant encore être accordées.

Présence d’amiante

Admis au service actif dans les années soixante, l’Ouragan et l’Orage étaient des bâtiments amphibies de 8.500 tonnes à pleine charge, qui ont participé entre autres aux opérations de transport durant la première guerre du Golfe. Ils ont été remplacés par les fameux navires de la classe Mistral, plus grands et plus polyvalents. Après leur retrait, les deux navires devaient être transférés à la marine argentine, mais l’opération a été annulée par le gouvernement argentin en raison de la présence d’amiante.

Spécialisé dans la récupération et le recyclage des vieux métaux, le groupe Galloo compte une cinquantaine de sites en Belgique (16), dans le nord de la France (31) et dans le sud des Pays-Bas (3). Pour démolir péniches et bateaux, l’entreprise dispose à Gand d’un quai de 800 mètres, d’une cisaille de 2.000 tonnes, d’une presse de 600 tonnes et d’une vaste cale (slipway). Le désamiantage est effectué par des sous-traitants.

Galloo traite en moyenne 25.000 tonnes de navires recyclés chaque année. Il démolit également les trains, les vieilles constructions métalliques et les voitures; le groupe recycle les appareils électroniques, les plastiques et même, depuis plus récemment, les éoliennes (celles du parc éolien d’Aspiravi le long du Pathoekeweg à Bruges). Galloo réalise un chiffre d’affaires d’environ 600 millions d’euros et emploie 650 personnes.

Le groupe franco-belge a obtenu ces dernières années quelques contrats de déconstruction de navires très importants, dont celui du HMS Fearless, un bâtiment militaire anglais de 158 mètres, vétéran de la guerre des Malouines.

Il y a deux ans, il a effectué la démolition du méthanier Tellier de GDF Suez, un navire de près de 200 mètres de long et de 8 mètres de tirant d’eau.

La saga du Clemenceau

Avec la Marine française, Galloo a conclu en 2012 et 2013 deux contrats portant sur le démantèlement de sept anciens escorteurs d’escadre et avisos escorteurs. En revanche, le croiseur Colbert et le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc, deux bâtiments phares de la marine française, lui avaient échappé, Paris ayant confié le contrat à un groupement constitué de Bartin Recycling et Petrofer Société Nouvelle, deux sociétés françaises filiales du groupe Veolia.

Depuis la saga écologico-juridico-politique autour de l’ex-porte-avions Clemenceau, la France essaie de faire démanteler ses navires de guerre déclassés sur son territoire ou en Europe. Mais elle n’a pas réellement réussi jusqu’ici à construire une filière efficace.

Aujourd’hui, la très grande majorité des navires de grande taille finissent découpés sur les plages asiatiques. Galloo est l’un des rares chantiers ouest-européens à pratiquer le démantèlement de navires marchands, avec le Danemark et le Royaume-Uni (Able Ship Recycling). Une convention (dite de Hong Kong) prévoyant un "recyclage sûr et écologiquement rationnel" des navires a été adoptée en 2009, mais elle n’est toujours pas entrée en vigueur.

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