Juice va traquer la vie autour de Jupiter

©Airbus Defence and Space

L’Agence spatiale européenne a signé un contrat de 350 millions d’euros avec Airbus Defence and Space pour construire une sonde qui étudiera Jupiter et ses lunes.

Après Rosetta (avec le robot Philae posé sur la comète Tchouri), puis ExoMars l’année prochaine (exploration de la planète rouge), ce sera la prochaine grande mission scientifique de l’Europe: l’Agence spatiale européenne va lancer en 2022 une sonde spatiale vers Jupiter, la plus grosse planète du système solaire. L’ESA a donné mercredi le premier coup de pioche de ce nouveau chantier, en signant un contrat de 350 millions d’euros avec Airbus Defence and Space.

Le géant aérospatial européen sera chargé, en temps que maître d’œuvre, de la construction de l’engin, appelé Juice (JUpiter ICy Moons Explorer).

L’Agence spatiale européenne a signé un contrat de 350 millions d’euros avec Airbus Defence and Space pour construire Juice, une sonde qui étudiera Jupiter et ses lunes glacées.

La mission vise à rechercher de possibles mondes habitables autour de cette géante gazeuse.

Le secteur spatial belge sera sans doute intéressé d’y participer, mais ce type de mission s’avère plus complexe que les satellites.

La sonde européenne, qui mettra sept ans et demi pour atteindre la planète géante, examinera le système jupitérien et ses lunes glacées en se concentrant particulièrement sur Europe, Ganymède et Callisto, trois satellites naturels qui pourraient abriter des océans sous leur surface. Une fois sur l’orbite de Jupiter en 2030, Juice effectuera de multiples survols durant trois ans et demi. Puis, elle sera placée en orbite autour de Ganymède. Après les missions américaines Voyager, Galileo et Juno (actuellement en route), Juice sera la quatrième sonde à s’intéresser à Jupiter et à ses satellites.

Pourquoi Jupiter? Ces dernières années, plusieurs missions spatiales ont bouleversé la planétologie. Les scientifiques commencent à croire que les océans enfouis sous la glace des lunes des géantes gazeuses comme Jupiter pourraient constituer des mondes permettant l’émergence d’organismes dits "extrêmophiles", capables de vivre dans un environnement très hostile.

60 entreprises

D’une masse de 5,5 tonnes, Juice sera alimentée par un générateur solaire de 97 mètres carrés, le plus grand jamais réalisé pour une mission interplanétaire. Quelque 60 entreprises européennes travailleront comme sous-traitants, notamment pour fournir la dizaine d’instruments scientifiques embarqués. "Le processus de sélection des sous-traitants a démarré et s’achèvera en 2017" a indiqué François Auque, directeur général d’Airbus Space Systems.

"Le processus de sélection des sous-traitants a démarré et s’achèvera en 2017."
françois auque
directeur airbus space systems

Côté belge, plusieurs universités et établissements scientifiques fédéraux (l’Observatoire royal de Belgique, les Universités de Namur et de Liège, l’Institut d’Aéronomie spatiale de Belgique et le Centre spatial de Liège) seront impliqués dans la mission, surtout pour l’exploitation scientifique des données.

Pour ce qui est de la construction des instruments, "le secteur spatial sera évidemment attentif aux demandes du donneur d’ordre, mais il est trop tôt pour savoir qui va faire offre et être repris", indique un spécialiste, qui précise que lorsqu’il s’agit d’un contrat pour Airbus Defence and Space, "il y a très peu de sous-contrats pour des industriels belges".

"Une des difficultés de ce type de mission est qu’il s’agit d’un one shot" ajoute une source wallonne. "Il s’agit d’une sonde. C’est différent des satellites géostationnaires. Ce sont des instruments avec des spécificités complexes, notamment pour la résistance aux radiations."

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