L'américain General Atomics s'intéresse aux jeunes pousses aéronautiques belges

©BELGAONTHESPOT

Le constructeur californien, qui a déjà signé avec quelques gros formats belges comme Sabca, est également à la recherche de partenaires novateurs pour le développement de ses drones Sky Guardian, dont il a vendu quatre exemplaires à la Défense belge.

Pour l’industrie aéronautique belge, l’achat de quatre drones MQ-9B Sky Guardian à la firme américaine General Atomics Aeronautical Systems (GA-ASI) est un peu le petit frère du méga-contrat avec Lockheed Martin pour le chasseur furtif F-35. Il n’en reste pas moins que ce marché de 226 millions d’euros comporte lui aussi son lot d’opportunités en termes de retombées économiques.

Située à San Diego, la filiale aéronautique de General Atomics s’est vu attribuer ce contrat en octobre 2016-8 dans le cadre des "foreign military sale" (FMS), une procédure qui vise à faciliter les ventes d’armement entre les USA et des Etats alliés. Fin janvier, le constructeur californien, qui a promis une centaine de millions d'euros de retours économiques à répartir entre les trois Régions, a fait savoir qu’il avait signé un protocole de collaboration avec cinq entreprises belges: Sabca, Thales, Esterline, DronePort et Newtec. 

Identifier des compétences

La société américaine, qui fournit une grande partie des drones de l’US Air Force, a retenu dix-neuf entreprises belges.

Mais la société américaine, qui fournit une grande partie des drones de l’US Air Force, veut aller plus loin: elle cherche également des partenaires innovants pour le développement des versions belge et européenne de cet appareil sans pilote. Elle a ainsi retenu dix-neuf entreprises belges, qui pendant deux jours - mercredi à Liège et jeudi à Saint-Trond -, tentent de lui vendre leur savoir-faire. L’objectif, selon Robert J.Walker, directeur du développement stratégique de GA-ASI, est "d’identifier des compétences et des capacités en matière de recherche, développement et d'innovation en vue d’éventuels partenariats. Ceci afin de fournir le meilleur avion piloté à distance (RPA) à la Défense belge et à tous les pays de l'Otan". 

Certaines des sociétés belges approchées disposent en effet parfois de technologies novatrices, malgré leur petite taille ou leur création récente. C’est le cas notamment de la start-up liégeoise ALX Systems, qui développe des drones autonomes. La société, qui vient de remporter l’Innovation challenge de l’OTAN, produit "des engins et des technologies qui pourraient être des compléments à basse altitude des drones de General Atomics", explique Geoffrey Mormal, le fondateur et CEO d’ALX Systems. "Les drones Male (Moyenne Altitude Longue Endurance) comme le Sky Guardian ne sont en effet pas capables par exemple d’intercepter certaines communications au sol", souligne-t-il.  

Une percée

C'est "une collaboration gagnant-gagnant entre General Atomics et la Belgique."
Robert J.Walker

Située elle aussi à Liège, la PME Any-Shape est de son côté en train de réaliser une percée dans l’impression 3D (ou fabrication additive) pour l’industrie aéronautique et de défense. Elle vient d’être retenue par Airbus Group comme fournisseur direct. On peut encore citer Coexpair, la start-up namuroise qui aide les grands constructeurs aéronautiques à fabriquer des pièces en matériaux composites. Sa société sœur située aux USA, Radius Engineering, travaille déjà avec plusieurs grands noms de l’aéronautique outre-Atlantique.

Robert J.Walker évoque "une collaboration gagnant-gagnant entre General Atomics et la Belgique". Pour les jeunes pousses belges, un accord avec le constructeur américain représenterait en effet une belle carte de visite, en même temps que d’éventuels contrats en bonne et due forme. Pour General Atomics, certaines compétences belges pourraient apporter une plus value pour le développement futur de ses engins.

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