L'État français bientôt premier actionnaire d'Air France-KLM

Les parts de l'État français dans Air France vont monter à un peu moins de 30%, contre 14,9% actuellement. ©REUTERS

L'État français a trouvé un accord avec la Commission européenne pour accorder une aide de 4 milliards d'euros à Air France-KLM. Il en détiendra désormais quasi 30% des parts.

L'État français passe une nouvelle fois à la caisse pour venir en aide à Air France. Ce mardi matin, sur les ondes de France Inter, le Ministre de l'Économie Bruno Lemaire a précisé que l'État comptait apporter une nouvelle aide de près de 4 milliards d'euros à Air France. L'accord avait déjà été annoncé ce weekend, mais ses contours exacts étaient encore à préciser.

18
créneaux horaires
La Commission européenne exige que 18 créneaux horaires d'atterrissage et de décollage à Orly soient abandonnés par Air France.

La Commission européenne devait toutefois approuver le nouveau soutien de l'État. C'est fait, elle a donné son feu vert tout en imposant ses conditions: 18 créneaux horaires d'atterrissage et de décollage à Orly devront être abandonnés.

Imposer de telles conditions n'est pas une première. En 2020, la Commission avait donné son feu vert à une recapitalisation de Lufthansa en échange de la cession de créneaux aux aéroports de Munich et de Francfort.

La recapitalisation prévoit la conversion du prêt d'État de trois milliards d'euros déjà accordé par la France l'an dernier en un instrument de capital hybride et une augmentation de capital pouvant aller jusqu'à un milliard d'euros.

Air France-KLM ne pourra pas verser de dividende ni effectuer de rachats d'actions tant que cette recapitalisation ne sera pas intégralement remboursée.

Aide provisoire devenue définitive

L'opération débouchera sur un remaniement de l'actionnariat de l'entreprise. De 14,9%, les parts de l'État dans Air France vont monter à un peu moins de 30%, ce qui fera de lui le premier actionnaire d'Air France-KLM. "C'était une aide provisoire (mais) ces trois milliards vont devenir une aide définitive", a résumé le Ministre de l'Économie sur France Inter.

Air France-KLM ne pourra pas verser de dividende ni effectuer de rachats d'actions tant que cette recapitalisation ne sera pas intégralement remboursée, a souligné la Commission. Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence, a également précisé que des conditions spécifiques seraient prévues afin "d'assurer une rémunération suffisante à l'État français." En 2020, une aide de 7 milliards d'euros avait déjà été attribuée par l'État français à la compagnie aérienne.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés