L'Europe en position de force dans le programme américain Artemis

La Nasa travaille d'arrache-pied pour un retour sur la Lune en 2024. ©REUTERS

Plusieurs industriels européens ont reçu des contrats de l'Agence spatiale européenne pour des équipements destinés aux futures missions d'exploration de la Lune et de Mars.

L'agence spatiale européenne (ESA) a octroyé récemment plusieurs contrats aux industriels européens pour développer des équipements destinés aux futures missions d'exploration de la Lune et de Mars.

La participation européenne au programme lunaire américain Artemis, qui doit voir le retour sur la Lune en 2024, se concrétise notamment par la signature d'un contrat avec Airbus pour la construction du troisième module de service européen du véhicule spatial américain Orion, a annoncé l'ESA dans un communiqué en marge du 71ème Congrès astronautique international qui se tient virtuellement.

De 4 à 6 astronautes

Basé sur une architecture similaire à celle des vaisseaux Apollo, le nouveau véhicule Orion de la Nasa, un peu plus spacieux que son lointain prédécesseur, est composé de deux parties. La première, de forme conique et construite par Lockheed Martin, abrite les membres d’équipage: quatre astronautes pour des vols de trois semaines et jusqu’à six pour un voyage en orbite basse, Orion pouvant s’attacher à la station spatiale internationale (ISS). En dessous de ce module de commande du vaisseau – la seule partie qui revient sur Terre après chaque mission –, on trouve le module de service qui assure la propulsion, l’alimentation en énergie, en oxygène et en eau des astronautes, ainsi que la régulation thermique du véhicule.

13
tonnes
Cylindre de plus de 13 tonnes, le module de service est la contribution de l'Agence spatiale européenne (ESA) à Orion.

Ce cylindre de plus de 13 tonnes est la contribution de l'Agence spatiale européenne (ESA) à Orion. Construit sur le site d’Airbus Defence & Space à Brême, en Allemagne, cette espèce de cargo d’un diamètre et d’une hauteur de quatre mètres transporte notamment 8,6 tonnes de carburant pour alimenter le moteur principal d'Orion et 32 petits propulseurs destinés à opérer les manœuvres orbitales et à maintenir le vaisseau spatial sur sa trajectoire pendant le voyage aller-retour. La Sonaca à Gosselies a fourni 5 exemplaires d'une cloison circulaire pour réservoirs ("tank Bulkhead") qui ferme le module de service sur le dessus.

Un atterrisseur lunaire

Airbus s'est vu également attribuer le développement d'un projet d'atterrisseur lunaire, EL3. Il sera chargé de transporter du fret entre la lune et la station spatiale lunaire, la "Lunar Gateway".

Les Etats-Unis prévoient d'assembler la Gateway, qui orbitera autour de la Lune, à partir de 2023. Elle servira de laboratoire et de point d'étape pour les astronautes en route vers la Lune. Plus petite que la station spatiale internationale (ISS), elle n'a pas vocation à être occupée de façon permanente mais pourra accueillir jusqu'à 4 astronautes. Boudé par la Russie, le projet fait l'objet d'un partenariat entre Américains, Européens, Canadiens et Japonais.

Des modules pressurisés

De son côté, Thales Alenia Space (TAS), spécialisé dans les modules spatiaux pressurisés, a été chargé de développer le module d'habitation I-HAB de cette station. La première tranche du contrat signé par l'ESA pour ce module s'élève à 36 millions d'euros pour un montant global de 327 millions, précise la société commune entre le français Thales et l'italien Leonardo dans un communiqué.

Thales Alenia Space en Belgique fournira les unités d’interface électrique du module Esprit.

TAS est également chargé de la conception du module Esprit de communication et de ravitaillement de la future station. Le contrat, qui doit être formellement notifié prochainement, s'élève à 295 millions d'euros. Thales Alenia Space en Belgique fournira les unités d’interface électrique de HLCS (Remote Interface & Distribution Unit) et des équipements destinés à amplifier les fréquences radio.

La société doit également fournir pour l'américain Northrop Grumman la structure du module logistique et d'habitation Halo, l'un des premiers à constituer la Gateway. L'italien Leonardo est pour sa part chargé du laboratoire miniature embarqué à bord de l'atterrisseur lunaire russe Luna-27.

S'agissant de Mars, l'exploration "sera marquée par la campagne internationale de retour d'échantillons de Mars (Mars Sample Return)", selon l'ESA. L'agence européenne a ainsi chargé Airbus de développer l'astromobile qui ramassera les échantillons prélevés sur Mars par le robot américain Perseverance, qui a décollé fin juillet. Airbus sera par ailleurs chargé de construire la sonde (Earth Return Orbiter) qui rapportera en 2031 les échantillons sur Terre.

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