L'horizon reste dégagé pour Safran Aero Boosters

©AFP

Le groupe français Safran, maison mère de Safran Aero Boosters à Liège, a nettement relevé ses perspectives de chiffre d'affaires et de bénéfice annuels. Mais les déboires du Boeing 737 MAX risquent de peser davantage sur sa trésorerie au second semestre.

Le groupe aéronautique et de technologie Safran , maison-mère de Safran Aero Boosters, a nettement relevé ce jeudi ses perspectives de chiffre d'affaires et de bénéfice annuels. Mais, il a prévenu que les déboires du Boeing 737 MAX allaient peser davantage sur sa trésorerie au second semestre. 

Le chiffre d'affaires ajusté "devrait croître d'environ 15% en 2019" par rapport à 2018, contre 7% à 9% attendus auparavant, et le résultat opérationnel courant ajusté de plus de 20%, contre 10% à 12% prévus précédemment, affirme le groupe dans un communiqué. L'action Safran bondissait de près de 6%, ce jeudi matin à la Bourse de Paris.

En excluant les effets de périmètre et de change, "et selon l'hypothèse de Safran de livraisons de moteurs LEAP-1B (pour le Boeing 737 MAX), le chiffre d'affaires ajusté devrait augmenter d'environ 10%", contre environ 5% prévu précédemment.

Déboires du 737 MAX

Le moteur LEAP, développé par Safran et General Electric au sein de leur co-entreprise CFM International, équipe plus de la moitié des Airbus A320neo et la totalité des Boeing 737 MAX.

Notre objectif est de produire environ 1.800 moteurs LEAP en 2019.
Philippe Petitcolin
Directeur général de Safran

Ces derniers sont cloués au sol depuis le 13 mars, après deux accidents en l'espace de cinq mois ayant fait 346 morts. Depuis, Boeing a réduit à 42 appareils par mois sa cadence de production, contre 52 avant l'immobilisation de toute la flotte.

Pour les six derniers mois de l'année, les déboires du 737 MAX devraient avoir pour Safran un impact négatif de 300 millions d'euros par trimestre sur le flux de trésorerie (cash-flow) disponible, ajoute le groupe.

"Décalage de trésorerie"

Si le 737 MAX est remis en service au quatrième trimestre, comme le prévoit Boeing, le flux de trésorerie disponible "devrait représenter entre 50% et 55% du résultat opérationnel courant", contre 55% prévu auparavant. S'il reste cloué au sol jusqu'à la fin de l'année, il devrait tomber à 50%. 

"Toute prolongation en 2019 génère un décalage de trésorerie qui devrait s'inverser au cours des prochains trimestres", prévient Safran. "Notre objectif est de produire environ 1.800 moteurs LEAP en 2019, avec des livraisons de LEAP-1B qui dépendront des besoins de notre client", a ajouté le directeur général Philippe Petitcolin. 

Bénéfice en hausse 

Au premier semestre, le groupe a enregistré un bond de 45,2% de son bénéfice net ajusté, à 1,35 milliard d'euros, et de 27,3% de son chiffre d'affaires ajusté, à 12,1 milliards (+14,2% sur une base organique). Le groupe indique, par ailleurs, avoir "engagé le processus de sélection" d'un successeur pour Philippe Petitcolin, dont le mandat a néanmoins été prolongé jusqu'au 31 décembre 2020 pour permettre une "transition fluide et ordonnée", selon le communiqué. 

Ex-Techspace Aero

Le groupe Safran est actionnaire majoritaire de Safran Aero Boosters à Liège (Herstal), un des plus gros employeurs de la région. Le chiffre d'affaires du site belge approche des 800 millions (787 millions en 2018) et la société belge emploie près de 1.600 personnes, plus 200 dans ses deux filiales américaines. Il a embauché 139 personnes l’année passée. La situation de la filiale belge est d’autant plus rassurante qu’elle est intégrée dans la branche «Propulsion» du groupe, dont elle représente environ 10% de l’activité. Une division dont le chiffre d'affaires au premier semestre 2019 s'est accru de plus de 20%. 

L'usine de Herstal a entièrement refondu ses lignes de production pour assurer la livraison de 2.000 compresseurs basse pression par an en régime de croisière pour le LEAP, qui s'annonce comme l'un des plus gros succès de l'aviation civile avec un carnet de commandes de plus de 16.000 unités.

Le motoriste belge est également présent sur d'autres moteurs, plus gros, mais construits à des cadences plus modestes. Il produit par ailleurs des groupe de lubrification pour les réacteurs, des vannes pour les moteurs fusées (Ariane) et des bancs d'essais.

L'ex-Techspace Aero, repris par Safran il y a trente ans, est complètement intégré dans le groupe français, même si la Région wallonne conserve un tiers de l'actionnariat.

 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés