L'industrie aéronautique belge veut monter à bord des futurs avions de combat

Le SCAF réunit pour l'instant la France, l'Allemagne et l'Espagne. ©AFP

L'industrie aéronautique belge réclame que le futur gouvernement fédéral se joigne à l'un des projets européens de système aérien de combat de nouvelle génération en cours de développement.

L'industrie aéronautique belge a appelé cette semaine le futur gouvernement fédéral à se joindre à l'un des projets de système aérien de combat de nouvelle génération en cours de développement, quel qu'il soit, en se gardant bien de trancher en faveur du programme franco-germano-espagnol SCAF ou du Tempest britannique avec une possible participation d'autres pays.

"L'industrie aéronautique belge souhaite insister sur l'urgence pour la Belgique de rejoindre ce projet (de système de combat de nouvelle génération) alors que les (deux) consortiums sont en train d'être formés et elle a hâte de travailler avec le prochain gouvernement fédéral afin d'assurer la participation réussie de notre industrie" à un tel projet, a-t-elle indiqué dans un bref communiqué publié lors de la 53e édition du Salon international de l'Aéronautique et de l'Espace (SIAE) qui se tient toute cette semaine au Bourget, près de Paris.

Les industriels belges du secteur rappellent que l'Union européenne se lance dans la mise en place d'une véritable défense européenne renforcée par le développement, entre autres, d'un système de combat aérien de nouvelle génération.

Un partenaire clé

L'industrie se dit "engagée à devenir un partenaire clé d'un tel développement" dans ce communiqué de trois paragraphes, rédigé en anglais et signé par les trois associations régionales - Entreprises wallonnes de l'aéronautique (EWA), Brussels Aeronautical Group (BAG) à Bruxelles et Flemish Aerospace Group (FLAG) en Flandre -, la fédération Agoria de l'industrie technologique et les sociétés ASCO, BMT Aerospace, ScioTeq, Patria Belgium Engine Center (l'ex-BEC), SABCA, Sabena Aerospace Engineering, Sonaca, Safran Aero Booster et Thales Belgium.

Le texte rappelle que le gouvernement fédéral a décidé le 25 octobre, en retenant l'avion de combat américain F-35 pour succéder aux F-16 vieillissants, de réserver un montant de 369,2 millions d'euros - sur les 600 millions provenant de la "ristourne" consentie par les Etats-Unis sur l'achat de ces 34 chasseurs Lightning II - pour rejoindre un programme d'avion de combat du futur.

Deux projets concurrents

Deux projets ont actuellement été dévoilés. L'un est franco-allemand mais avec désormais une participation espagnole, le "système de combat aérien du futur" (SCAF, ou en anglais "Future Combat Air System", FCAS). Une maquette grise figure en bonne place parmi les avions exposés depuis lundi au Bourget. Avec des lignes effilées et une aile delta, elle esquisse les possibles traits du futur chasseur (NGF, Next Generation Fighter), au coeur du SCAF, destiné à remplacer les actuels Rafale et Eurofighter d'ici à 2040.

L'autre projet est britannique, connu sous le nom de Tempest - du nom d'un chasseur de la Seconde Guerre mondiale. Une maquette grandeur nature a été présentée le 16 juillet 2018 lors du salon aéronautique de Farnborough (sud de l'Angleterre). Elle préfigure le futur concept d'avion de combat dont la Première ministre britannique Theresa May a annoncé le lancement. Le Tempest associe à ce jour les groupes britanniques BAE Systems et Rolls-Royce, l'italien Leonardo et le fabricant européen de missiles MBDA. Avec comme possibles partenaires parfois cités la Suède et les Pays-Bas.

Le "Tempest" associe les Britanniques de BAE et de Rolls Royce aux Italiens de Leonardo et au missilier européen MBDA. ©REUTERS

L'actuel gouvernement Michel fait face, pour rejoindre le programme SCAF, aux réticences de Paris et de Berlin, irrités par le choix du F-35 de préférence à un appareil européen.

Le dossier d'attribution des 369,2 millions d'euros à l'un ou l'autre projet n'a plus guère avancé depuis que l'équipe fédérale a démissionné en décembre dernier et expédie les affaires courantes, a confié un spécialiste du dossier à l'agence Belga. 

Une enveloppe virtuelle

D'autres sources au sein de la Défense avaient fait savoir à L'Echo avant les élections que l'enveloppe -virtuelle- prévue de 369 millions n'était pas à ce stade prise en compte dans les calculs de la Défense pour la prochaine législature. La décision finale appartiendra évidemment au prochain gouvernement, mais vu l'importance des moyens qui seront nécessaires pour le refinancement de l'armée -qui réclame 2 milliards en plus sur cinq ans-, il y a gros à parier que le futur fonds servira de variable d'ajustement, avait-on indiqué à l'Etat-major à Evere. 

Au Bourget, certains rappellent par ailleurs que la Belgique, à part l'avion de transport militaire A400M, est restée à l'écart des grands programmes multinationaux d'armement pour lesquels elle avait été sollicitée ces deux dernières décennies, dont le F-35 et le démonstrateur de drone de combat NeuRon. 

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