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L'industrie de l'aérostructure en recomposition

Journaliste

Le constructeur aéronautique Asco convolera donc avec un groupe étranger. Une reprise qui laisse désormais côte à côte la Sabca et la Sonaca, dont le rapprochement est envisagé depuis des décennies. Seules différences aujourd'hui: les actionnariats des deux sociétés ont évolué et le secteur de l'aérostructure se consolidera, de gré ou de force.

Ils ont pour nom Daher, Latécoère, GKN ou Montana Aerospace. Très nombreux, ces équipementiers de tailles extrêmement différentes sont les fournisseurs d'aérostructures, c'est-à-dire les composants de la structure d’un avion. Un maillon indispensable dans le grand meccano mondial qu'est l'industrie aéronautique. Mais un segment qui souffre d'un handicap chronique, potentiellement mortel pour certains: des marges financières assez faibles, surtout si on les compare aux parties des avions où se concentre le meilleur de la technologie, comme l'avionique ou les moteurs. En cause principalement, l'absence de propriété intellectuelle, beaucoup de ces acteurs agissant comme de simples sous-traitants.

Cette situation est appelée à évoluer. Depuis des années, les spécialistes font remarquer qu'il y a beaucoup d'actifs - pas toujours de qualité d'ailleurs - disponibles dans cette branche. Traduction: certains de ces acteurs, dont une partie sont interchangeables, sont appelés à disparaître ou à fusionner. Aujourd'hui, face à l'ampleur de la crise sans précédent qui a touché le transport aérien, les grands donneurs d'ordre de la filière aéronautique poussent plus que jamais à une consolidation accrue de la supply chain. Rien de plus logique à leurs yeux: ils sont eux-mêmes à l'aube d'une réorganisation industrielle pour préparer l'avion du futur, même si pour l'instant, ils vivent sur leurs acquis avec des programmes qui touchent à leur fin de cycle ou qui font l'objet de simples améliorations.  

On le sait depuis des années, la Belgique n'a pas vocation à rester à l'écart de ce mouvement de recomposition qui s'amorce.

On le sait depuis des années, la Belgique n'a pas vocation à rester à l'écart de ce mouvement de recomposition qui s'amorce. On peut même dire qu'elle l'a précédé, avec la tentative - avortée - de reprise d'Asco par l'américain Spirit et l'intégration de la Sabca dans le groupe Blueberry, suite au retrait du français Dassault.

Ce mardi, on a assisté à un nouvel épisode, avec l'acquisition de l'entreprise créée et détenue par la famille Boas par Montana Aerospace, un groupe austro-helvétique. Un acteur qui entend ne pas en rester là. Ce passage sous pavillon étranger d'Asco met fin aux scénarios un peu hypothétiques de création d'un géant belgo-belge de l'aérostructure, tout en laissant désormais côte à côte la Sabca et la Sonaca. Un retour à la case départ en quelque sorte: le projet d'un rapprochement entre les deux constructeurs belges est évoqué depuis des décennies. Il serait bien audacieux d'avancer aujourd'hui que les changements d'actionnariat intervenus ces derniers temps seront de nature à favoriser un éventuel regroupement.

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