L'UE reprend le déploiement de Galileo

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Après une pause de plusieurs mois, l’Europe reprend le déploiement de sa constellation de satellites Galileo, qui vise à offrir une alternative au GPS américain.

C’est reparti pour Galileo. Interrompu depuis plus de sept mois après la mise sur une orbite imparfaite de deux satellites, fin août, le déploiement du système de navigation européen destiné à concurrencer le Global Positioning System (GPS) américain va reprendre ce vendredi, avec le lancement des septième et huitième satellites de la constellation.

Les deux engins, construits par la modeste firme allemande OHB – qui avait littéralement ravi le marché en 2012 aux deux géants Airbus Defense and Space (ex-Astrium) et Thales Alenia Space –, seront lancés depuis le centre spatial de Kourou (Guyane française) par une fusée Soyouz. C’est une anomalie survenue au niveau de l’étage supérieur de ce lanceur russe qui avait entraîné l’injection des cinquième et sixième satellites de Galileo (les deux premiers opérationnels) sur une orbite plus basse que celle qui était visée.

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Depuis lors, l’Agence spatiale européenne (ESA) a entrepris de les repositionner sur une orbite dégradée, qui n’est certes pas l’orbite initiale, mais qui reste éventuellement adaptée à des opérations de navigation. Bien que mal positionnés, les deux engins (Sat-5 et Sat-6) fonctionnent cependant correctement: leurs signaux de navigation dans l’espace ont été captés par des récepteurs d’essai pour les utilisateurs déployés sur plusieurs sites européens de l’ESA, dont celui de Redu en Belgique. Quand les tests seront achevés, il appartiendra à la Commission européenne, propriétaire du système, de décider de leur intégration dans la constellation de satellites.

Sept ans de retard

Le système Galileo comprendra 30 satellites en tout, pour une couverture mondiale (ce qui ne sera pas le cas du GPS indien). Quatre premiers satellites avaient déjà été lancés auparavant pour valider le concept. Vingt seront déployés d’ici 2017, et six satellites de secours s’y ajouteront d’ici 2020. Les premiers services devraient être proposés fin 2016, le système devenant pleinement opérationnel trois ans plus tard.

Bien que mal positionnés, les deux engins (Sat-5 et Sat-6) lancés en août fonctionnent correctement.

Le projet a été lancé en 1999. Il devrait finalement voir le jour avec au moins sept ans de retard. L’ardoise a été revue à la hausse: des premières études il y a plus de quinze ans à 2020, l’Union européenne, qui a dû supporter seule le coût du projet après le retrait des partenaires privés, aura dû débourser près de 13 milliards d’euros pour Galileo et son prédécesseur, Egnos. Depuis 2009, celui-ci améliore l’exactitude du positionnement du GPS américain et de son équivalent russe, Glonass. Il est surtout employé pour la navigation aérienne.

Galileo, pour sa part, aura une palette d’applications beaucoup plus large. Il fournira bien sûr un service ouvert correspondant à l’utilisation civile du GPS actuel, mais également un service commercial (donc payant), plus précis, plus fiable et offrant d’autres possibilités. Il est également prévu d’offrir des options plus sécurisées et plus spécifiques pour les transports aérien et maritime, pour les services publics et les services de recherche et de secours.

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