La Défense sous-traitera la formation des pilotes

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Les Alpha Jet de la Défense ne devraient pas être remplacés. Et l’entraînement de nos futurs pilotes de combat sera sous-traité.

Le contrat d’entraînement des pilotes de chasse sur Alpha Jet avec les Français court jusqu’en 2019. Après, tout dépendra du choix du remplaçant des F-16. Mais les biréacteurs ne seront probablement pas remplacés.

La composante Air de la Défense nationale n’attendra pas le choix d’un remplaçant des chasseurs bombardiers F-16 pour se déterminer sur l’entraînement de ses pilotes. De toute évidence, des entretiens que nous avons eus, il ressort que les Alpha Jet ne seront pas remplacés. Ou, plus exactement, que l’entraînement de nos futurs pilotes de combat sera sous-traité.

Et d’ici à 2019, année durant laquelle prendra fin le contrat de coopération avec l’Armée de l’Air française, notre force aérienne est prête à une seule éventualité: la formation ab initio jusqu’à la qualification avion de chasse… aux Etats-Unis. Un peu normal, finalement, puisque nous avons toujours des Lockheed-Martin F-16.

Pour tout dire, nos aviateurs sont de moins en moins persuadés qu’un choix sera fait au cours de la présente législature. On attend toujours l’appel d’offres officiel et celui-ci semble bloquer sur le dossier des pensions à la Défense.

Même avec Dassault

Certes, a convenu un de nos interlocuteurs, un choix se portant sur le Rafale de Dassault pourrait changer l’orientation de la filière entraînement. Mais dans cette optique, la sous-traitance serait aussi de mise. D’ailleurs, nous précisait-il, c’est exactement le choix opéré par les Français.

L’Armée de l’Air a bien choisi le PC-21 suisse pour l’entraînement de ses pilotes, mais le contrat d’acquisition a officiellement été signé par Babcock Mission Critical Services France (BMCSF), qui mettra à disposition des aviateurs les avions et les moyens pédagogiques.

"L’Otan nous demande de continuer à maintenir nos avions de combat disponibles pour d’éventuelles missions [nucléaires]. Nous comptons bien remplir toutes nos obligations (…)"
Didier Reynders
Ministre des Affaires étrangères

L’alternative Rafale est-elle encore possible en Belgique? En réponse à une question parlementaire du député Marco Van Hees (PTB), Didier Reynders a rappelé que "l’Otan nous demande de continuer à maintenir nos avions de combat disponibles pour d’éventuelles missions [nucléaires]. Nous comptons bien remplir toutes nos obligations (…)".

La position du gouvernement peut néanmoins évoluer. De toute manière, tant Dassault que Saab ont fait savoir que si le remplaçant des F-16 belges devait avoir une capacité nucléaire, ils n’entreraient pas en compétition. Laissant alors Eurofighter et Boeing seuls face au F-35, le préféré de la Défense. Reste à voir à quel prix il serait vendu si, d’aventure, Donald Trump n’en commandait plus que 500 au lieu des 4.000 prévus.

Quoi qu’il en soit, dans l’optique d’un choix F-35, l’entraînement serait sous-traité soit aux états-Unis, soit en Italie (option étudiée par les Néerlandais), soit encore au Royaume-Uni avec une formation sur Hawk.

Le seul regret des industriels est que les Européens ne se sont pas entendus pour donner un successeur multinational à l’Alpha Jet.

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