La FN au salon d'Abou Dhabi malgré le scandale des Yéménites

©BELGA

Le 6 février dernier Amnesty International révélait que des armes de la FN étaient tombées entre les mains de la Brigade des géants, un groupe yéménite perpétrant des massacres de civils dans la guerre au Yémen. Cela n'a pas empêché la FN d'envoyer un délégué commercial au Salon de l’armement des Emirats arabes unis.

Quand la Belgique devint indépendante, le premier gouvernement lança un appel d’offres pour équiper son armée. Les artisans liégeois, réputés parmi les meilleurs au monde, répondirent collectivement sous le nom de "Fabrique Nationale". La FN vit le jour. Un projet défensif.

Détentrice d’un savoir faire sur le calcul des trajectoires de balles et une maîtrise parfaite du traitement des métaux, elle devint un fleuron mondial. Elle construisit des voitures, racheta Browning, Winchester, se lança dans les articles sportifs.

Aujourd’hui, elle équipe les forces spéciales de plusieurs pays, l’armée des Etats-Unis et nos alliés de l’Otan. Des milliers d’emplois dépendent d’elles à Liège et aux Etats-Unis. Ternir son image serait une ineptie économique et sociale.

Oui mais… Que faire lorsque la FN vend des armes à des États peu scrupuleux qui les laissent tomber entre des mains ennemies ou, pires, des terroristes sanguinaires qui les retournent contre des civils? C’est la ligne rouge à ne pas franchir. Même si l’on sait à quel point il est difficile de tracer une arme.

Quelle ne fut pas la surprise d’Amnesty en découvrant la présence de la FN… au Salon de l’armement des Emirats arabes unis.

Le 6 février dernier Amnesty International révélait, étude à l’appui, que des armes de la FN étaient tombées entre les mains de la Brigade des géants, un groupe yéménite perpétrant des massacres de civils dans la guerre au Yémen. Ces armes, des Minimi, auraient été reçues des Emirats arabes unis (EAU) qui les auraient achetées à la FN. Le lendemain de cette révélation, le gouvernement wallon, propriétaire à 100% de la FN, promettait une enquête pour établir les responsabilités.

Dix jours plus tard, quelle ne fut pas la surprise d’Amnesty en découvrant que la FN avait envoyé un délégué commercial… au Salon de l’armement des Emirats arabes unis, à Abou Dhabi.

L’ONG a lancé sur Twitter une campagne "Appelez Raimondo" pour inviter à contacter ce délégué et à lui commander (fictivement) des armes. Une blague de potache. Mais le fond de l’affaire pose réellement question, car il y va de la vie d’innoncents dans un des derniers conflits sur la planète et de l’industrie de notre pays.

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