La FN Herstal et CMI veulent leur part du contrat Scorpion

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L’industrie de la Défense belge bataille pour un retour économique sur le contrat de 1,1 milliard que la Belgique va passer à la France. Il vise l’achat de 60 blindés Jaguar et 417 véhicules de combat légers de type Griffon.

Alors que le débat fait rage autour du remplacement des avions de chasse F-16 de l’Armée belge marquée par deux procédures parallèles (la France fait cavalier seul avec son Rafale, deux offres sont régulièrement introduites: le F-35 Lightning II de l’américain Lockheed Martin et l’Eurofighter Typhoon d’un consortium germano-italo-anglo-espagnol), d’intenses discussions sont menées sur un autre projet militaire d’envergure. Celles-ci concernent l’acquisition de nouveaux véhicules de combat pour les forces terrestres belges, en coopération avec la France. La Belgique va intégrer le projet du gouvernement français Scorpion en achetant 60 véhicules de combat médians du type "Jaguar" et 417 véhicules de combat légers de type "Griffon" à l’industrie de la défense française. Les moyens de communication et les pièces de rechange sont compris dans le projet d’acquisition.

Marché total de 1,1 milliard

La facture pour le gouvernement belge s’élève à 1,1 milliard d’euros. Les entreprises françaises bénéficiaires de la commande sont Nexter, Renault Trucks Defense et Thales. L’achat du matériel militaire français s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre les deux armées de Terre belge et française. Privée de ce gros contrat, l’industrie de la défense belge se bat désormais pour obtenir des retours économiques dont le montant varie, d’après des sources belges proches du dossier, entre 300 et 500 millions d’euros. "Des propositions ont été faites et tout est maintenant dans les mains des Français. La Belgique rentre dans un programme déjà avancé et il faut voir comment les Français vont pouvoir intégrer les exigences de la Belgique. Il faut un accord militaire entre les deux pays et un accord sur les caractéristiques précises des véhicules destinés à l’armée de terre belge. Tout dépendra aussi du prix", nous a confié une source industrielle belge.

"Des propositions ont été faites. Tout est désormais dans les mains des Français."
source belge

La Fédération belge de l’industrie de la défense et de la sécurité (BSDI) participe aux discussions, mais les principales entreprises belges concernées sont le groupe CMI, FN Herstal, Mecar (propriété de Nexter) et Thales Belgium. La question des retours économiques est d’autant plus importante que ceux-ci permettront de sauver la mise à une industrie belge de la défense qui digère mal le fait que les autorités belges aient confié un marché d’une telle ampleur aux Français sans imposer un retour sociétal significatif dès le début.

Création d’emplois

Le dossier surgit à un moment où le débat fait rage sur la problématique des licences d’exportation de matériel militaires vers certains pays (Arabie saoudite, etc.). CMI et FN Herstal sont à la pointe de la bataille pour les retours économiques du contrat Scorpion (CAMO en Belgique). Leur combat dépasse les frontières de la Région wallonne puisque les deux groupes disposent chacune d’une entité en Flandre, Willebroek pour CMI et Zutendaal pour FN Herstal.

Les retours économiques permettront de fournir une charge de travail pour les effectifs actuels, mais ils devraient aussi entraîner la création de plusieurs dizaines d’emplois dans les ateliers de CMI et de FN Herstal ainsi que chez les autres partenaires. On parle de près d’une centaine d’emplois chez CMI tant en Flandre qu’en Wallonie. CMI pourrait fournir les tourelles qui équiperont les véhicules militaires que les Français vont construire, mais il faut garantir une certaine harmonisation des systèmes. De son côté, FN Herstal s’occupera de la livraison des tourelleaux téléopérés. L’entrée en service des véhicules était prévue pour 2025-2030. Des décisions doivent intervenir d’ici fin février ou au plus tard début mars.

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