La présence wallonne s'annonce forte au Bourget

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Quelque 54 sociétés wallonnes participent au 53e salon aéronautique du Bourget, qui s'ouvre ce lundi à Paris. Une forte présence qui s'accompagne de craintes sur la recomposition du paysage aéronautique belge et l'absence de retombées dans le dossier de l'achat de F-35 américains.

Plus de 80 entreprises belges, dont 54 wallonnes, sont présentes au 53e salon aéronautique du Bourget près de Paris, selon un décompte réalisé par l'Awex (l'Agence wallonne à l'exportation et aux investissements étrangers) et par le pôle de compétitivité Skywin. 

Le site internet du Salon international de l'Aéronautique et de l'Espace (SIAE) mentionne la présence de 84 exposants belges - mais la Commission européenne, établie à Bruxelles, en fait partie.

Ces entreprises, de tailles très diverses - les plus importantes sont Sabca, Sonaca et Asco - et actives dans l'aéronautique, le spatial, l'informatique et l'armement et les produits technologiques notamment, seront pour la plupart rassemblées au sein d'un stand unique sous l'appellation de Belgian Aerospace situé dans le hall 2B.

La Wallonie en septième place

"Il y a deux ans, avec 91 exposants, la Belgique s'était classée à la sixième place du nombre d'exposants par pays", a rappelé Etienne Pourbaix, le directeur de Skywin. "La Wallonie seule, avec ses 54 exposants, se serait classée septième, une place qu'elle occupe encore dans l'édition 2019", a-t-il ajouté, en précisant que "cette forte présence reflète le dynamique du secteur". 

Cette forte présence reflète le dynamique du secteur.
Etienne Pourbaix
Directeur de Skywin


C'est l'Awex qui prend en charge la participation industrielle belge à ce salon biennal, épaulée par l'agence flamande du commerce extérieur, le FIT (Flanders Investment & Trade), Skywin et le Flemish Aerospace Group (FLAG). Les entreprises flamandes seront au nombre de 20, selon le FIT.

La "journée belge" se déroulera le mercredi 19 juin. Y sont attendus les ministres fédéraux démissionnaires du Budget et de la Politique scientifique, Sophie Wilmes (MR) et son collègue de la Mobilité, François Bellot (MR également), de même que des responsables militaires.

Du côté wallon, c'est le ministre sortant de l'Economie, de l'Industrie, de la Recherche, de l'Innovation, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation, Pierre-Yves Jeholet (MR lui aussi) qui est annoncé. Aucun ministre flamand ne devrait toutefois se rendre au salon, qui ouvre ses portes aux professionnels du lundi 17 au jeudi 20, avec trois journées publiques (du vendredi 21 au dimanche 23) en clôture.

Pas de retombées économiques

La forte présence wallonne ne peut cacher les craintes de certaines entreprises du pays: le paysage aéronautique belge est en effet en pleine recomposition, avec le rachat de l'entreprise familiale Asco par l'américain Spirit, la mise en vente de la Sabca par le groupe Dassault et la toute récente reprise de la société liégeoise Belgium Engine Center (BEC) par l'entreprise de défense finlandaise Patria. 

Côté wallon, on ne cache pas non plus une franche inquiétude sur l'absence, à ce stade, de retours économiques liés à l'achat par la Défense belge de F-35 à Lockheed Martin. Dans une interview à L'Echo, l'ancien président de la Sonaca et de Skywin, Pierre Sonveaux, estime que pour l'instant, "il n'y a toujours rien dans le pipe", le géant américain semblant peu pressé de faire bénéficier les entreprises belges de retombées après la décision du gouvernement Michel en faveur du F-35. 

Inquiétudes à l'international aussi

Par ailleurs, le contexte international est lui aussi en train de changer: 2019 ne sera pas forcément dans le prolongement des bonnes années précédentes. La crise du Boeing 737 MAX, conjuguée à la révolution technologique qui frappe cette industrie, à l'arrivée de nouveaux entrants et à la possibilité d'un nouveau ralentissement économique mondial, implique que l'année à venir risque d'être délicate. 

Même si les carnets de commande d'Airbus et de Boeing représentent sept à neuf ans de production, l'heure n'est plus aux grands programmes aéronautiques ni aux méga-commandes, mais à l'assemblage et à la livraison des avions à leurs clients. 

Enfin, dans le domaine spatial, l'europe subit la concurrence croissante des nouveaux acteurs américains dans le secteur des lanceurs, tandis que les commandes de satellites sont à la baisse. 

 

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