La Sabca est à vendre

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Le groupe français Dassault met en vente sa participation dans l'équipementier aéronautique belge.

Le Français Dassault veut vendre sa participation (96,85%) dans l'équipementier aéronautique belge Sabca, a annoncé le groupe dans un communiqué ce mercredi soir.

L'annonce est d'importance, car Dassault est actionnaire depuis plus de cinquante ans de l'entreprise belge. Le mois dernier, les Français avaient racheté la participation de Fokker dans Sabca, ce qui leur a permis d’acquérir la quasi-totalité des actions de la société bruxelloise. Fokker, qui appartient au groupe britannique GKN, avait vendu sa participation à Dassault pour 7,5 millions d'euros seulement. Le groupe français avait par ailleurs indiqué vouloir conserver la cotation (3,15% des actions) de l'entreprise. 

"La décision prise par le Groupe Dassault relève d'une stratégie plus globale."
Thibauld Jongen
CEO du groupe Sabca

Sabca emploie plus de 1.000 personnes dans notre pays, réparties entre Haren (Bruxelles), Gosselies et Lummen. Il possède aussi une filiale au Maroc. La société a réalisé un bénéfice net de 5,22 millions d’euros au cours de l’année écoulée, indique l'entreprise. C'est plus du double du bénéfice net en 2017 (2,5 millions d'euros).

Cependant, les ventes ont été nettement inférieures: à 186 millions d'euros en 2018, contre 216 millions en 2017. Toutefois, les coûts ont également diminué et la société a pu présenter un résultat opérationnel positif (10,5 millions d'euros). Il y avait encore une perte opérationnelle en 2017.

"La décision prise par le Groupe Dassault relève d'une stratégie plus globale, propre au groupe qui salue par ailleurs le fait que nous avons beaucoup progressé ces dernières années pour rendre la Sabca à nouveau robuste, profitable et compétitive. Nous resterons d'ailleurs impliqués dans plusieurs programmes majeurs de Dassault, dont l'avion d'affaires F6X", a commenté Thibauld Jongen, CEO du groupe Sabca.

Pas une surprise

Après la décision du gouvernement belge de ne pas choisir le Rafale pour remplacer les F-16, certains s’attendaient à ce que Dassault se défasse de sa participation dans Sabca, qui a vécu quatre années difficiles avant de se redresser. 

L'entreprise a connu plusieurs coups durs au niveau industriel. Dans le domaine spatial, Sabca, qui fournissait des éléments de structure à Ariane 5, sera moins présent sur Ariane 6. Dans le militaire, la société reste fort dépendante du programme d’entretien des F-16. Elle a subi les baisses de cadence de l'A400M et ne bénéficie plus de l'entretien des avions d'entrainement Alpha Jet, que la Défense belge ne remplacera pas. Elle vient également d'être touchée par l'annonce de l'arrêt du programme A380, dont les cadences de production étaient médiocres. 

En un an, le paysage industriel aéronautique belge aura été fortement secoué puisque l'américain Spirit de son côté a annoncé la reprise du groupe Asco à Zaventem, une opération qui n'est pas encore officiellement bouclée. 

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