La société liégeoise Amos va scruter l'eau sur la lune

©EPA

L'entreprise spécialisée dans les optiques spatiales a fourni des éléments de l’instrument hyperspectral embarqué à bord de la sonde lunaire Chandrayaan-2, qui doit décoller dans quelques jours.

Cinquante ans après les premiers pas de l'homme sur la lune, une nouvelle sonde va être envoyée sur le satellite de la Terre: la mission indienne Chandrayaan-2 doit en effet décoller le 15 juillet, en vue d'un atterrissage sur la lune le 6 septembre. Le projet est la deuxième mission lunaire du géant d'Asie du Sud, qui avait placé une sonde en orbite autour de la Lune au cours de la mission Chandrayaan-1, il y a onze ans.

Les optiques fabriquées pour l’IIRS dans les ateliers d’AMOS comprennent 6 miroirs, une fente et un réseau de diffraction 'échelette' de très haute précision.
Philippe Gilson
directeur Général d’Amos

Cette nouvelle mission, qui s'envolera du pas de tir de Sriharikota (à Andra Pradesh, dans le sud de l'Inde), a pour but de déposer un robot mobile sur la surface lunaire, à proximité de son pôle sud. Une fois au sol, l'astromobile effectuera des relevés scientifiques. L'orbiteur devrait, quant à lui, rester autour de la lune pendant un an pour réaliser des missions d'observation. 

Le rôle d'Amos

La bonne réalisation de cet événement signifiera aussi un succès pour la société belge Amos qui conçoit des systèmes optiques, mécaniques et opto-mécaniques. Dans le cadre de cette mission, Amos a produit les optiques de l'instrument hyperspectral (IIRS) embarqué à bord de l'orbiteur. 

Ce spectromètre imageur infra-rouge est destiné à cartographier les composés minéraux et volatils et à caractériser l'abondance en eau et en ions hydroxyles de la surface lunaire, a indiqué la firme liégeoise dans un communiqué. "Les optiques fabriquées pour l’IIRS dans les ateliers d’AMOS comprennent 6 miroirs, une fente et un réseau de diffraction 'échelette' de très haute précision", précise Philippe Gilson, directeur Général d’Amos, cité dans ce communiqué. 

Se poser en douceur

©AFP

Si la mission se déroule conformément aux prévisions, l'Inde deviendrait la quatrième nation - après l'Union soviétique, les États-Unis et la Chine - à réussir à poser en douceur un appareil sur la Lune, située à quelque 384.000 kilomètres de la Terre. Une tentative israélienne similaire avait échoué en avril, la sonde ayant subi une panne de moteur à la dernière minute avant de s'écraser.

"Ce sera la mission la plus complexe jamais entreprise par l'ISRO", l'agence spatiale indienne, a déclaré son directeur K. Sivan lors d'une conférence de presse à Bangalore. "Le but est d'utiliser la technologie spatiale au bénéfice de l'homme ordinaire", a-t-il ajouté.

Un programme indien ambitieux et efficace

Le programme spatial indien s'est fait remarquer ces dernières années par son mélange d'ambition et de sobriété budgétaire, avec des coûts opérationnels bien inférieurs à ceux de ses homologues.

L'ISRO avait attiré l'attention du monde entier en plaçant une sonde en orbite autour de Mars en 2014 pour un budget d'à peine 73 millions de dollars, contre 671 millions de dollars dépensés par la Nasa américaine pour une mission similaire.

L'agence est aussi entrée dans les annales en 2017 en réussissant la mise en orbite de 104 satellites avec une seule fusée, un record.

New Delhi compte, d'ici 2022, envoyer un équipage de trois astronautes dans l'espace, ce qui serait sa première mission habitée.

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