La Sonaca ne participera pas aux prochains modules du véhicule spatial Orion

La Sonaca a fourni les cloisons du module de service de la capsule Orion pour les trois premières missions Artemis, celles qui marqueront le retour de la Nasa sur la Lune.

L’entreprise aéronautique carolo a fabriqué cinq exemplaires d'une pièce importante du module de service du véhicule spatial Orion de la Nasa. Mais elle n'a pas été retenue pour les 3 suivantes.

La Sonaca ne contribuera pas à la construction des trois prochains modules de service de la capsule spatiale Orion, le véhicule qui doit permettre aux astronautes américains de revenir à nouveau sur la Lune dans quelques années. La nouvelle n’a pas encore été notifiée officiellement à l’industriel aérospatial wallon, mais à bonne source, on nous signale que la cause est -malheureusement- entendue.

L’équipementier de Gosselies avait été retenu par Thales Alenia Space Italie (TAS-I) pour construire une grosse pièce de structure du module de service de la capsule Orion, un engin cylindrique de plus de 13 tonnes qui est une des contributions de l'Agence spatiale européenne (ESA) au programme lunaire Artemis de la Nasa. La Sonaca avait été sélectionnée par le groupe franco-italien, un des sous-traitants d’Airbus sur ce projet, pour fournir une cloison circulaire en aluminium pour réservoirs qui ferme le module de service sur le dessus. Construit sur le site d’Airbus Defence & Space à Brême, ce module assure la propulsion d'Orion et transporte l’alimentation en énergie, en oxygène et en eau des astronautes.

L'ESA jongle en permanence avec deux contraintes: la maîtrise des coûts et la loi du juste retour.

Cinq éléments de ce type ont été fournis par la Sonaca depuis 2016. Les deux premiers ont été utilisés dans le cadre du développement et des essais au sol des premiers véhicules. Les trois pièces suivantes seront présentes sur les trois premiers vols d’Orion, dont la mission Artemis-3, qui doit envoyer deux astronautes américains sur la Lune en 2024. 

Des retombées proportionnelles

Une belle réalisation donc. Mais alors que la Sonaca espérait bien décrocher la construction de trois -voire six- unités supplémentaires, il n'en a rien été. L'explication? Le mode de fonctionnement de l'ESA, qui jongle en permanence avec deux contraintes: la maîtrise des coûts et la loi du juste retour, selon laquelle elle doit assurer des retombées industrielles proportionnelles aux contributions de ses membres.

L'agence spatiale européenne tente en effet de limiter les coûts des programmes en phase de production, afin de concentrer les moyens sur les nouveaux projets, dont deux futurs modules et un atterrisseur lunaires. "Il est fort possible que le maître d'œuvre industriel, dans ce cas TAS-I, ait trouvé une alternative meilleur marché pour la production récurrente de cet élément" indique une source au SPF de la Politique scientifique (Belspo). "Thales Alenia Space étant un grand groupe avec de nombreuses filiales, il ne lui a pas été difficile d'en trouver une pour conserver le contrat" note-t-on du côté de la Sonaca.

"Nous sommes dans un jeu où la Belgique doit recevoir ni trop peu ni trop."
Une source au SPF Politique scientifique

Le deuxième facteur qui a sans doute jouté en défaveur du constructeur belge, c'est peut-être le fait que les industriels belges ont pu bénéficier de trop nombreux contrats dans le programme "exploration" de l'ESA. La Belgique a certes augmenté sa contribution à l'ESA, "mais tous les autres pays ont fait de même également. Donc, nous sommes toujours dans un jeu où la Belgique doit recevoir ni trop peu ni trop. Il arrive régulièrement que l'on déplace un contrat pour respecter cet équilibre" conclut-on chez Belspo.

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