Le campus militaire de John Cockerill sous le feu des critiques

John Cockerill continue de démentir toute implication de ses tourelles dans le conflit armé au Yémen. ©CMI group

Amnesty International accuse John Cockerill de former des soldats saoudiens sur son campus français. L'industriel liégeois nie toute implication dans le conflit au Yémen.

Ce n'est pas un secret. John Cockerill, anciennement connu sous le nom de CMI, est un fleuron de l'industrie liégeoise et, en plus de ses activités dans les énergies renouvelables, l'industrie ou l'environnement, l'entreprise a fait de la défense l'un des piliers de sa santé économique et de son expertise. Régulièrement, les liens commerciaux qu'entretient l'industriel avec le gouvernement saoudien reviennent au-devant de la scène. D'où certains questionnements éthiques et un feu roulant de critiques émises par diverses organisations non gouvernementales (ONG).

Selon Amnesty International, une partie des formations dispensées par John Cockerill concernerait des armes utilisées dans le cadre du conflit armé au Yémen.

La dernière accusation en date concerne le campus de formation de John Cockerill établi, voilà deux ans, à Commercy (Meuse), dans l'est de la France. Cette installation, destinée à l'ensemble des clients du groupe, serait, selon l'ONG Amnesty International, actuellement utilisée comme centre d'entraînement par l'armée saoudienne. Toujours selon l'ONG, une partie des formations dispensées concernerait des armes utilisées dans le cadre du conflit armé au Yémen.

Enfin, Amnesty International évoque les liens étroits existant entre Bernard Serin, le président du groupe, et Gérard Longuet, ministre français de la Défense sous Nicolas Sarkozy, lesquels auraient facilité l'accès de John Cockerill au site aujourd'hui utilisé pour son campus. Ici, il semble bon de rappeler que Gérard Longuet, actuellement élu LR pour le département de la Meuse, siège également au conseil d'administration du groupe.

John Cockerill se défend

Rodé aux critiques sur son pôle d'activité le plus contesté, l'industriel liégeois confirme que des clients militaires sont formés à Commercy, et ce depuis deux ans. D'ailleurs, ce n'est selon lui pas un secret, le groupe disant bénéficier d'une convention lui permettant d'utiliser un champ de tir voisin qui appartient à l'armée française et son campus disposant d'installations et d'ateliers destinés à former ses clients à ses systèmes.

John Cockerill continue de contester l'utilisation de ses systèmes dans le cadre du conflit au Yémen.

Voilà pour le contexte. En ce qui concerne les accusations formulées par Amnesty International, le groupe a décidé de ne pas y réagir, se contentant de préciser que tout se fait dans le respect le plus strict de la législation en vigueur. John Cockerill indique en outre continuer de contester l'utilisation de ses systèmes dans le cadre du conflit au Yémen.

Quant aux soupçons de facilités administratives, le groupe affirme que ce campus a nécessité un investissement de 75 millions d'euros. Selon lui, il a effectivement bénéficié de subsides français et les a obtenus selon le schéma classique. Ici, il est principalement question d'une aide régionale de 600.000 euros dont a bénéficié l'industriel liégeois.

Histoire saoudienne

John Cockerill s'est également bien gardé de révéler l'identité de ses clients occupant actuellement son site de Commercy, même s'il s'agit là d'un secret de polichinelle.

Les étroites relations qu'entretient la section "défense" de John Cockerill avec l'Arabie Saoudite ne datent pas d'hier. En 2014, la société avait signé un contrat colossal avec Riyad concernant la fourniture, pendant dix ans, de tourelles pour blindés à l'armée saoudienne.

Ce contrat, estimé à 4,5 milliards d'euros, est donc toujours en cours, mais la licence d'exportation octroyée tous les 18 mois par le gouvernement belge est, à l'heure actuelle, en plein processus de renouvellement, après une suspension par le Conseil d'Etat

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