Le F-35 rapportera 400 millions d'euros à Asco, Sabca et Sonaca

La Belgique étant restée à l'écart du projet F-35, elle ne pouvait jusqu'ici bénéficier de contrats pour la production d'éléments de l'appareil. ©REUTERS

Le gouvernement fédéral a approuvé le mécanisme qui permettra les investissements nécessaires à la production de certaines pièces des F-35 de Lockheed Martin par Asco, Sabca et Sonaca.

Plus de deux ans après la décision du gouvernement Michel d'acquérir 34 appareils de combat américains F-35, l'industrie aéronautique belge commence à voir se concrétiser les véritables retombées de ce contrat: le Fédéral a approuvé récemment la création d'un mécanisme pour financer les investissements nécessaires pour la fabrication, par les équipementiers de notre pays, de pièces importantes de l'appareil de Lockheed Martin.

400
millions d'euros
Le contrat devrait représenter environ 400 millions de chiffre d'affaires suivant les projections, à répartir entre Asco, Sabca et Sonaca.

Les éléments en question, ce sont les gouvernes arrières de l'avion (horizontal tail plan). Trois poids lourds du secteur en Belgique, qui ont l'habitude de travailler de concert sur les programmes Airbus, se sont associés pour la fourniture de cet ensemble. Sabca va fournir des panneaux en composites spéciaux à partir de son usine de Lummen, Asco (Zaventem) produira des mécanismes pour actionner ces éléments et Sonaca assurera à Gosselies l'assemblage de précision.

Contrats sur une quinzaine d'années

Un accord de principe a été conclu avec Lockheed Martin pour la fourniture de ces éléments pour plusieurs centaines d'avions, pendant une quinzaine d'années, à partir de 2025. La Belgique étant restée à l'écart du projet Joint Strike Fighter (JSF) - le programme qui a débouché sur le F-35, elle ne pouvait bénéficier jusqu'ici de contrats pour la production de pièces de l'appareil, à part quelques accords spécifiques impliquant certaines filiales d'entreprises belges (Solvay, Asco et Esterline).

"Il ne pouvait pas y avoir une disproportion entre l'investissement et les revenus générés."
Bernard Delvaux
CEO de la Sonaca

L'accord avec Lockheed devrait concerner les nouveaux contrats qui seront signés avec des pays qui, comme la Belgique, ne faisaient pas partie initialement du programme. Soit environ 400 millions de chiffre d'affaires suivant les projections, à répartir entre Asco, Sabca et Sonaca.

Des investissements et une joint venture

Mais cet accord avec le constructeur américain nécessite des investissements importants de la part des industriels, notamment pour acquérir les technologies de fabrication, avec le support de Lockhheed Martin, qui doit être rémunéré pour ce transfert de know how. "Des investissements, d'une hauteur d'environ 60 millions d'euros, qui ne pouvaient pas être remboursés uniquement sur ce projet. Il fallait que l'investissement global reste à la portée des industriels impliqués. Il ne pouvait pas y avoir une disproportion entre l'investissement et les revenus générés" explique le patron de la Sonaca, Bernard Delvaux, qui précise que son entreprise devra construire un nouveau hall sur son site de Gosselies.

Une joint-venture va être créée, à l'instar de ce qui existe dans le cadre du consortium Belairbus, qui est le partenaire belge du constructeur européen. Les trois industriels concernés seront "actionnaires de cette structure, qui aura une activité limitée et qui sera l'interface contractuelle avec Lockheed Martin" détaille encore Bernard Delvaux. "Cette Joint Venture sera capitalisée en partie par les industriels et en partie par la SFPI", le bras financier du Fédéral.

Vers un accord avec BAE

Le feu vert du Fédéral, la semaine passée, à ce mécanisme ne va pas encore déboucher sur la signature d'un contrat en bonne et due forme avec le géant américain de la défense. "Nous allons devoir nous mettre d'accord avec le constructeur britannique BAE, qui fabrique actuellement ces gouvernes et qui va devoir en quelque sorte nous céder une partie de son activité en sous-traitance", précise le patron de la Sonaca. "Lockheed Martin s'est engagé en ce sens, mais il nous reste à signer tous les détails".

La société Feronyl, basée à Mouscron, a de son côté annoncé avoir remporté un contrat pluriannuel avec Lockheed Martin.

Même s'il sera le plus important du genre, le contrat qui se profile pour la fourniture des ailerons du F-35 peut paraître faible par rapport au montant consenti par la Défense belge (3,8 milliards de dollars) pour acheter le chasseur-bombardier furtif américain. "Mais il nous ouvre la porte pour la production d'autres choses et pour la maîtrise d'une technologie qui pourra être utilisée soit sur des avions militaires soit sur des appareils commerciaux. Comme à l'époque, la Sonaca a fait l'assemblage de F-16, puis est passée sur des programmes Airbus et a fabriqué des bords d'attaque" insiste Bernard Delvaux.

D'autres projets

Par ailleurs, d'autres contrats devraient suivre. La liste des mesures dites ESI (intérêts essentiels de sécurité) liées au contrat pour le F-35 comprend en effet d'autres projets. La société Feronyl, basée à Mouscron, a de son côté annoncé lundi avoir remporté un contrat pluriannuel avec Lockheed Martin pour la recherche et le développement de matériaux avancés à utiliser sur des surfaces à haute température. La société développera un matériau de nouvelle génération avec des applications potentielles sur les réacteurs et les véhicules hypersoniques.

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