Le Finlandais Patria reprend Belgium Engine Center (BEC) à Liège

BEC pourrait participer au programme F-35 suite à sa reprise par Patria. ©REUTERS

L'ancienne branche maintenance militaire de Safran Aero Boosters change à nouveau d'actionnaire, tout en restant dans le giron de groupes de défense nordiques. Le nouveau propriétaire se montre rassurant sur l'emploi.

Le groupe aéronautique et de défense finlandais Patria a annoncé la reprise de la totalité des parts de la société liégeoise Belgium Engine Center (BEC) au groupe AIM Norway (Aerospace Industrial Maintenance).

Basée à Herstal, BEC est une entreprise spécialisée dans la maintenance, la révision et la réparation de moteurs d’avions militaires, notamment les moteurs Pratt & Whitney qui équipent les chasseurs-bombardiers américains F-15 (Boeing) et F-16 (Lockheed Martin). La société emploie 90 personnes.

Nous nous engageons à poursuivre l’excellent travail accompli jusqu’à présent par BEC
Jukka Holkeri
Président Partenariats Internationaux Maintenance chez Patria

Il s’agit d’une division qui appartenait initialement au motoriste Safran Aero Boosters (ex-Techspace Aero et ex-FN moteurs), également basé à Herstal et filiale du groupe français Safran. En 2008, Techspace Aero, qui souhaitait se défaire de sa branche maintenance militaire pour se focaliser sur les moteurs civils, avait revendu l’entreprise à l’américain Pratt & Whitney. BEC était ensuite passée sous pavillon norvégien en 2016 suite à son rachat par AIM Norway.

Un nouveau nom

Suite à cette acquisition, le nom officiel du Belgium Engine Center deviendra Patria Belgium Engine Center. Le site de Liège sera une partie essentielle de l’unité opérationnelle chargée des partenariats internationaux liés à la maintenance de Patria, a indiqué le groupe finlandais.

476
millions d'euros
Basée en Finlande, en Suède, en Norvège et en Estonie, Patria emploie 2800 personnes. Son chiffre d’affaires était de 476 millions d’euros en 2018.

"La croissance des activités de maintenance à l’international est au coeur de notre stratégie", a confirmé Jukka Holkeri, Président Partenariats Internationaux Maintenance chez Patria. "Patria a une longue histoire et une grande expérience dans la maintenance d’avions militaires, notamment leurs moteurs, à la fois en Finlande et dans d’autres pays nordiques. Nos activités dans ce domaine vont s’accroître grâce à cette acquisition. Nous nous engageons à poursuivre l’excellent travail accompli jusqu’à présent par BEC", a fait valoir le responsable.

Patria est basée en Finlande, en Suède, en Norvège et en Estonie, et emploie 2800 personnes. Son chiffre d’affaires était de 476 millions d’euros en 2018. Fin mai, Patria avait déjà annoncé la finalisation de la reprise d’AIM Norway de concert avec le groupe public norvégien de défense Kongsberg. Ce dernier détient désormais 50.1% d’AIM et Patria 49.9%. Et Kongsberg est lui-même actionnaire minoritaire (49,9%) de Patria, le reste étant aux mains par l’Etat finlandais. Patria possèdant également la moitié de Norwegian Nammo, les trois entreprises forment ensemble un partenariat nordique de défense important.

Des développements potentiels

Selon Jukka Holkeri, l’acquisition de BEC par Patria n’affectera pas les conditions d’emploi du personnel de l’entreprise liégeoise. "Il n'y a pas d'impact prévisible sur le personnel résultant de ce changement de propriétaire. Nous constatons qu'il existe de nombreux domaines de développement potentiels et nous développerons davantage BEC de nombreuses manières dans les mois et les années à venir", a déclaré à l’Echo Jukka Holkeri.

Nous sommes au courant du désinvestissement annoncé de SABCA par Dassault et nous évaluerions naturellement notre intérêt pour cette opportunité. Patria serait très heureux de renforcer sa présence auprès des forces armées belges.
Jukka Holkeri

Une des opportunités évoquées par le responsable de Patria pourrait être la participation de BEC au programme F-35, que la Belgique vient d’acheter à 34 exemplaires. AIM Norway (qui est donc détenu pour moitié par Patria) contribue en effet "à la production de pièces de F-35 et à la mise en place d'une capacité de maintenance pour le F-35", rappelle Jukka Holkeri. Aucune autre division de Patria n'est en revanche impliquée dans le F-35.  "Patria voit évidemment dans l’achat de F-35 par la Belgique une opportunité de développer BEC, mais cela n’a pas été un facteur déterminant dans cette acquisition", a encore souligné Jukka Holkeri.

Interrogé sur un éventuel intérêt du groupe finlandais pour la Sabca, le responsable finlandais a répondu que Patria "étudie en permanence diverses possibilités de développement de ses activités et se concentre sur les activités militaires. Nous sommes au courant du désinvestissement annoncé de SABCA par Dassault et nous évaluerions naturellement notre intérêt pour cette opportunité. Patria serait très heureux de renforcer sa présence auprès des forces armées belges."


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