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Le gouvernement ne stoppera pas l'achat des F-35

Certains signaux laissent entendre que les USA pourraient réduire leur commande initiale de F-35. ©EPA

Il n'existe pas de raisons de remettre en cause l'achat de 34 chasseurs-bombardiers américains F-35A, a réaffirmé la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder.

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, a réaffirmé mercredi devant les députés que le gouvernement n'avait "pas l'intention de mettre fin au contrat d'achat" de 34 chasseurs-bombardiers F-35. Cette nouvelle mise au point est intervenue au cours d'un débat demandé par des membres de la commission de la Défense de la Chambre, qui avaient été interpellés par les récentes déclarations ambiguës de hauts responsables américains.

Comparant le F-35 à une Ferrari, le chef d'état-major de la force aérienne américaine, le général Charles Brown, avait laissé entendre que l'appareil de Lockheed Martin n'était sans doute pas indispensable pour remplir toutes les missions qui lui ont été attribuées, dont celles qui concernent les combats de faible intensité. Certains en avaient déduit que le haut gradé venait d’admettre que le programme F-35 était un échec et que des avions moins performants pourraient être commandés. Ce qui permettrait d'économiser de l'argent et d'avancer l'entrée en service d'un appareil de nouvelle génération. Le général Brown avait toutefois vite rectifié le tir en qualifiant le F-35 de "pierre angulaire" de la capacité de combat des USA.

40%
Citant les chiffres de l'état-major, la ministre a indiqué que le coût horaire d'utilisation du F-35 a déjà été réduit de 40% depuis 2015.

La ministre a réitéré mercredi lors d'un débat confus ses déclarations faites jeudi dernier en séance plénière, quand elle avait affirmé qu'il ne serait pas responsable de revenir sur ce contrat conclu fin 2019 avec le gouvernement américain pour un montant de 3,6 milliards d'euros. Ludivine Dedonder a assuré qu'il n'y avait "pas d'éléments préoccupants", en faisant référence aux heures de coûts actuelles du F-35. Citant les chiffres de l'état-major, la ministre a indiqué que ces charges ont déjà été réduites de 40% depuis 2015 et seront comparables à ceux de la flotte F-16, qui est toutefois plus importante (54 appareils).

Des divergences sur le coût d'utilisation

Ce qui n'a pas convaincu le député de l'opposition Georges Dallemagne (cdH), qui a avancé que le coût de l'heure de vol du F-35 serait, d'après les derniers rapports, le double de celui d'un F-16. Pour l'ensemble de la flotte belge, "cela représenterait 4,24 milliards" de plus que prévu sur la durée de vie de l'avion, selon lui.

Pour les spécialistes, si les interrogations sur le coût d'utilisation des F-35 sont légitimes, prendre prétexte d'une éventuelle diminution des commandes par les USA pour remettre en cause le contrat belge semble par contre hors de propos, puisque cela ne pourrait pas avoir d'effets sur le prix payé par la Belgique. De nombreux programmes d'acquisition militaires sont marqués par des réductions de commandes par rapport à la cible initiale.

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