Les Belges choyés par un consortium français pour la chasse aux mines

Le concept demandé par la Défense belge fait la part belle aux drones de surface et sous-marins pour la neutralisation des mines. ©ECA GROUP

Les marines belge et néerlandaise doivent se doter de navires de lutte contre les mines. Les Français s’engagent à fabriquer à Zeebruges les drones de surface et sous-marins qui équiperont ces bâtiments.

Le groupe français ECA-Robotics propose de créer en Belgique une unité de production de drones de surface et sous-marins si la Belgique et les Pays-Bas retiennent son offre pour des chasseurs de mines de nouvelle génération. Filiale du groupe Gorgé, ECA-Robotics est associé à son compatriote Naval Group pour participer à la compétition visant à fournir douze navires de lutte contre les mines aux marines belge et néerlandaise (six pour chaque pays). Un contrat global de deux milliards d’euros. En cas de sélection, l’industriel français s’engage à fabriquer à Zeebruges les drones de surface et sous-marins qui équiperont ces bâtiments de nouvelle génération, a indiqué ce mardi son directeur général, Guénaël Guillerme. Le futur site assurerait ensuite leur maintenance et fabriquerait également les drones du même type qui seraient fournis pour les marchés d’exportation.

2 milliards €
Les marines belge et néerlandaise doivent acquérir douze navires de lutte contre les mines. Un contrat global de deux milliards d’euros.

Preuve du sérieux de leur offre, les deux entreprises françaises ont d’ores et déjà chacune créé une filiale belge (Eca Robotics Belgium et Naval Group Belgium, respectivement). La première dispose d’un siège à Bruxelles et prévoit donc un site de 5.000 m2 à Zeebruges "pour être plus près du client", selon Guénaël Guillerme. Les études et le développement des versions belgo-néerlandaise et d’exportation se dérouleraient à Bruxelles. Selon le patron d’ECA Robotics, le marché qui se dessine est extrêmement prometteur "car les outils vont évoluer, avec l’apport de nouvelles technologies ou de l’intelligence artificielle".

Naval Group, l’autre membre de ce consortium baptisé Belgium Naval & Robotics, a lui aussi prévu des transferts au bénéfice de la Belgique, notamment en termes de recherche et développement et pour l’entretien des navires. Les coques des navires seraient construites à Concarneau (Bretagne) mais la qualification et les essais en mer se dérouleraient en Belgique. Les retombées économiques se feraient en coopération avec l’entreprise Flanders Ship Repair (FSR), elle aussi établie à Zeebruges, selon un responsable de Naval Group, Eric Bujon. Les deux groupes français ont assuré que leur offre s’appuyait sur des partenaires "répartis de façon équitable" entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. "Nous avons fait de gros efforts pour assurer un équilibre entre les différentes Régions", a précisé Eric Bujon, qui a toutefois laissé entendre qu’il était impossible de fabriquer certains éléments dans le sud du pays.

Marché primordial

Les deux membres du consortium ont souligné que ce marché était primordial pour eux car il servira sans doute de balise pour de nombreux autres pays qui doivent eux aussi renouveler leurs capacités de lutte contre les mines. "Les marines de la Belgique et des Pays-Bas sont considérées comme des références en matière de lutte contre les mines au sein de l’Otan", a fait valoir Eric Bujon. Pour sa part, Guénaël Guillerme s’est refusé à détailler l’offre dans le détail, se contentant de rappeler que son entreprise fabriquait de nombreux drones et équipements automatiques depuis des décennies, tant dans le domaine civil que militaire.

On sait toutefois que l’offre française répond à des exigences très élevées de la Défense belge, qui a appelé le programme MCM, pour "mine countermeasures". Elle est conçue autour d’un concept novateur, qui repose sur six navires-mères (par pays) assez volumineux, équipés de manière modulaire et en fonction des missions de drones aériens et de surface. Ces derniers seront capables de lancer et de récupérer automatiquement des engins plus petits d’identification et de destruction des mines sous-marines. Ces nouvelles plateformes de lutte contre les mines remplaceront à partir de 2023 les vieux chasseurs de mines tripartites ainsi que le navire de commandement et de soutien Godetia. La Marine belge possède encore cinq exemplaires de ces navires construits en coopération par la France, la Belgique et les Pays-Bas.

La Belgique assure la direction du programme MCM, alors que les Pays-Bas prendront en charge le développement et la construction de quatre frégates. Les deux autres candidats au programme MCM sont, d’une part, un consortium baptisé Naval Sea Solutions, rassemblant les chantiers navals STX France et Socarenam (Boulogne-sur-Mer), Thales Belgium et la firme anversoise Engine Deck Repair (EDR) NV, et, d’autre part, le chantier naval néerlandais Damen Schelde, associé à la société Imtech België. La signature du contrat est attendue en fin d’année ou plus probablement début 2019.

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