Les grands défis du nouveau chef de la Défense

Le ministre de la Défense, Philippe Goffin (MR), a présenté vendredi le nouveau patron de l'armée, l'amiral Michel Hofman. ©BELGA

L'armée a besoin de 2,4 milliards pour poursuivre ses recrutements et sa transformation. Son nouveau patron, l'amiral Michel Hofman, espère ne pas devoir procéder à de nouvelles mesures d'économie.

Préparer l'arrivée progressive de nouveaux systèmes d'armes et assurer le remplacement des militaires qui partent à la retraite, sur fond de possibles difficultés budgétaires: le nouveau chef de la Défense (Chod), l'amiral Michel Hofman, qui a officiellement succédé vendredi au général Marc Compernol, n'a pas caché que les quatre ans qu'il doit passer à la tête de l'armée belge ne seraient pas de tout repos.

La Défense est engagée dans un profond renouvellement de ses différents matériels. C'est sans doute la Composante Air qui est la plus concernée dans les années qui viennent, avec la réception prochaine des appareils de transport A400M et Falcon 7X, puis de quatre drones MQ-9B SkyGuardian et enfin, de 34 nouveaux avions de combat F-35.

La deuxième priorité, c'est le personnel. L'armée devra recruter 10.000 militaires durant les 6 prochaines années.

A partir de 2025, doivent également arriver 442 blindés à roues Griffon et Jaguar pour la Composante Terre, suivis par six nouveaux navires de lutte contre les mines pour la Marine. Les paiements de ces nouveaux équipements mettra le prochain gouvernement face au défi d'honorer les factures. Celles-ci seront de plus majorées par les investissements qui doivent intervenir pour permettre l'accueil de tout ce matériel.

De nouvelles recrues

La deuxième priorité, c'est le personnel. L'armée devra recruter 10.000 militaires durant les 6 prochaines années. Pour attirer de nouvelles recrues, il faudra certainement faire un effort pour le traitement des militaires et investir, là aussi, dans l'infrastructure, avec certaines casernes vieillissantes.

Les dépenses de la Belgique en matière de défense devraient atteindre 1,28% du PIB en 2024, alors que l'Otan demande 2%.

Dans un monde idéal, les dépenses de la Belgique en matière de défense devraient atteindre 1,28% du PIB en 2024, alors que l'Otan demande 2%. Pour l'instant, la Belgique n'atteint que 0,93%. Cela représente un montant supplémentaire de 2,4 milliards d'euros sur la législature en cours.

L'amiral Hofman n'exclut pas le fait que la crise du Covid-19 puisse avoir des répercussions sur son département. "Nous redoutons que cela touche également la Défense" a-t-il expliqué. "Nous avons malgré tout une trajectoire budgétaire (la loi de programmation militaire, NDLR) qui est réalisable et qui nous permet d'assurer la cohérence dont nous avons besoin, mais aussi d'assurer la transformation de l'armée et le recrutement."

"Nous avons une trajectoire budgétaire qui est réalisable"
Amiral Michel Hofman
Chef de la Défense (CHOD)

Si l'armée devait effectivement recevoir moins que ce dont elle a besoin, des choix s'imposeront. La composante Air a déjà annoncé il y a quinze jours des mesures d'économie touchant certains des hélicoptères NH90, ainsi que le retrait anticipé des drones B-Hunter. "Il n'est pas impossible" que d'autres mesures similaires doivent être prises, a admis l'amiral. "Mais on n'en est pas encore là. Ce n'est pas une obsession."

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