Parti il y a 70 ans des machines textiles, Mockel est devenu fournisseur d'Airbus

©Anthony Dehez

Entreprise familiale fondée après-guerre dans le secteur textile, Mockel Precision fournit aujourd’hui des pièces usinées avec le plus grand soin, très prisées par les secteurs aéronautique et de la défense.

Après l’aérospatial, la défense, les véhicules spéciaux, les semi-conducteurs et la construction mécanique, bientôt les navires militaires? Basée à Baelen (Eupen), Mockel Precision est l’une des sociétés wallonnes de mécanique approchées par le consortium Belgium Naval & Robotics, un des trois candidats au remplacement des chasseurs de mines belges et néerlandais. La PME wallonne, qui emploie une cinquantaine d’employés et d’ouvriers, fait en effet partie de ces entreprises prisées notamment par les grands équipementiers civils et militaires, qui ont souvent besoin de pièces complexes usinées avec une extrême précision.

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Des qualités qui sont au cœur du métier de cette entreprise familiale fondée il y a plus de septante ans par l’arrière-grand-père de l’actuelle CEO, Annabelle Mockel, qui a succédé à son père Robert il y a deux ans. Quatre générations d’entrepreneurs en droite ligne! La société avait été créée après-guerre dans le centre d’Eupen en tant qu’atelier d’entretien et de réparation des machines textiles utilisées alors par l’industrie lainière dans la ville.

Elle est ensuite passée à la fabrication en série de composants mécaniques pour les métiers à tisser construits dans la région de Verviers, qui comptait à l’époque plusieurs constructeurs de machines textiles de renommée mondiale. À l’aube des années quatre-vingt, le déclin de cette industrie dans la région a poussé le fils du fondateur à s’orienter vers la défense, puis vers l’aéronautique et d’autres secteurs.

"Aujourd’hui, nous allons jusqu’à une précision maximale de plus ou moins 5 microns", explique Annabelle Mockel, qui est diplômée en communication et politique et détentrice d’un MBA. "On travaille sur des éléments en série de petites et moyennes dimensions. On recherche des pièces avec une géométrie complexe. L’idée aujourd’hui, c’est d’offrir des solutions complètes à tous les niveaux de la chaîne de création de valeur pour nos clients".

Des boîtiers pour Ariane

"On recherche des pièces avec une géométrie complexe."
Annabelle Mockel
CEO de Mockel Precision

Dans l’aéronautique et l’espace, l’entreprise, qui est membre du cluster Skywin, compte parmi ses clients les grands noms de l’industrie belge: Safran Aero Boosters, Asco, Sabca ou Thales Alenia Space. "On ne fournit pas en direct les grands avionneurs, mais on fabrique des pièces pour les systémiers ou équipementiers, qui travaillent eux-mêmes pour Airbus ou d’autres", indique de son côté Robert Mockel, qui a conservé la présidence de la société.

"Dans quasiment toute la famille des Airbus, il y a des pièces de Mockel." Des pièces comme des embouts ou des fourches pour des éléments de structure pour avions. De tous types et de différents matériaux: "aluminium, aciers et alliages spéciaux, titane, inconel…" détaille Robert Mockel. Dans le secteur spatial, Mockel fournit des boîtiers pour les Ariane 5 et la future Ariane 6. Pour le militaire, FN Herstal et CMI Defence sont ses principaux donneurs d’ordre.

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Installée depuis 2000 dans le parc industriel (East Belgium Park) de Baelen, Mockel travaille principalement avec la Belgique et avec l’Allemagne voisine, ainsi que, dans une moindre mesure, avec la France. "Une des principales priorités stratégiques reste la collaboration avec les écoles techniques, les hautes écoles et les universités eurégionales pour la formation continuelle de nos collaborateurs qualifiés et le support pour les challenges techniques" analyse encore Annabelle Mockel, qui connaît l’Allemagne pour avoir décroché un de ses diplômes à Aix-La-Chapelle. "Pour rester compétitif au niveau international, nous avons été obligés d’investir durant les cinq dernières années un budget de 6 millions d’euros, essentiellement dans les centres d’usinage multiaxes robotisés." Des machines plutôt onéreuses.

Une modernisation qui a donné des résultats: la société, qui compte aujourd’hui une trentaine de machines, a enregistré en moyenne une croissance comprise entre 7 et 10% ces dernières années. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 7,5 millions en 2018. Le tout sur un marché quand même relativement encombré. "Beaucoup d’autres entreprises font en effet de la mécanique de précision. Mais on se positionne sur des créneaux particuliers. Chacun a sa spécialité", souligne Robert Mockel. "Pour le futur, nous restons ouverts à des partenariats industriels pour accélérer le développement de notre société", conclut de son côté la CEO.

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