Sonaca Aircraft passe à la production en série

Sonaca Aircraft veut produire 40 appareils en 2021. ©Tim Dirven

La filiale de la Sonaca, qui produit un petit avion biplace d'écolage et de loisirs, a doublé ses cadences en 2020. Elle cherche de nouvelles opportunités, notamment dans la défense.

Tout le secteur aéronautique ne tourne pas au ralenti. Certaines entreprises évoluent même un peu à contre-courant de la tendance actuelle, marquée par un très fort recul de l'activité et des commandes. C'est le cas notamment de Sonaca Aircraft, qui produit le petit avion biplace d'écolage et de loisirs Sonaca 200 dans son usine de Temploux (Namur).

La filiale du groupe Sonaca est en train de monter en cadence et assemble désormais trois avions chaque mois, avec l'objectif d'arriver à produire 40 appareils en 2021. "Nous sommes passés à une production en série, avec un doublement de la production en 2020. Au début, cela prenait deux à trois fois plus de temps pour l'assemblage. Chaque activité est maintenant cadencée à un rythme donné, qui est suivi dans toute la chaîne" explique le président du conseil d'administration de Sonaca Aircraft, Yves Delatte, qui est aussi directeur commercial de la maison-mère. "C'est l'aboutissement d’un projet de transformation opérationnelle mené pendant la période covid. On en a profité pour revoir de fond en comble tous nos processus et implémenter des techniques d'opérations standardisées de travail dans l’atelier" poursuit le responsable.

"Les grandes écoles de pilotage, qui constituent 50% de nos commandes, se préparent pour la reprise du trafic aérien."
Pierre Van Wetter
Directeur commercial de Sonaca Aircraft

Si les dirigeants de Sonaca Aircraft peuvent se montrer aussi volontaristes, c'est parce qu'une partie de leur clientèle anticipe la reprise. "Il y a eu un effet covid, mais les grandes écoles de pilotage, qui constituent 50% de nos commandes, se préparent pour la reprise du trafic aérien. Elles veulent être prêtes à assurer la formation de pilote, qui prend environ deux ans" assure de son côté Pierre Van Wetter, le directeur commercial de l'entreprise. Tôt ou tard, selon lui, le trafic aérien va reprendre, comme cela fut le cas après les crises précédentes. "L’inconnue, c’est de savoir de combien de nouveaux pilotes on aura besoin, et à partir de quand les écoles devront lancer leurs formations" précise Yves Delatte.

Un succès commercial

L'autre élément d'optimisme pour l'entreprise, c'est la valeur du produit. Premier appareil de construction belge depuis une soixantaine d’années, le Sonaca 200, un biplace monomoteur à aile basse et aux lignes épurées, rencontre un réel succès commercial. Déjà livré dans 7 pays, l'avion, qui est certifié en Europe, disposait d'un carnet de commandes de 70 unités fin janvier. "Il est reconnu comme le meilleur avion sur le marché pour faire de l’écolage, à un prix compétitif et avec des performances très appréciées des clients" se réjouit Yves Delatte.

Le hall de Temploux abrite désormais deux lignes d'assemblage. ©Tim Dirven

Les fondateurs de l'entreprise ont également eu le nez fin: beaucoup d’autres constructeurs de petits avions similaires (Cessna, Piper…) sont montés en gamme, avec des business jets, et ont abandonné ce créneau des monomoteurs deux places. Ce qui n'est pas l'intention de Sonaca Aircraft, qui veut au contraire faire évoluer son avion au sein de son segment, en le dotant par exemple d'un moteur plus puissant ou en lui ajoutant des fonctionnalités, comme la qualification pour effectuer des vrilles volontaires.

"Il y aurait une grande logique que l’armée belge puisse voler sur le Sonaca 200. Ce serait une vraie fierté pour Sonaca Aircraft."
Yves Delatte
Président de Sonaca Aircraft

L'entreprise s'intéresse aussi aux marchés militaires pour permettre aux forces aériennes de procéder au screening initial des élèves-pilotes, à l'image de la collaboration établie entre l'écolage de pilotage privée Aero Locarno et l'armée de l'air suisse, qui a certifié l'appareil belge pour son programme initial d'évaluation. À cet égard, Sonaca Aircraft garde un œil attentif sur la Défense belge, qui doit remplacer ses avions d'instruction Marchetti et revoir sa filière pour les élèves-pilotes. "Le Sonaca 200 n’a pas pour vocation de remplacer entièrement les Marchetti. Ce n’est pas la même gamme d‘avions" admet Yves Delatte. "Mais il permettrait de faire une partie de la formation avec un coût à l’heure qui est une fraction de celui des Marchetti. "Que la Belgique cède, comme la Suisse, les 20 premières heures de pilotage à une école professionnelle civile ou que la Défense assure elle-même la formation ab initio, il y aurait une grande logique que l’armée puisse voler sur le Sonaca 200. Ce serait une vraie fierté pour Sonaca Aircraft."

60
avions
Pour les années qui viennent, Sonaca Aircraft voudrait atteindre un objectif d'assemblage de 60 avions par an.

Pour les années qui viennent, la stratégie de l'entreprise, qui compte actuellement 35 personnes et continue d'embaucher, c’est de s’implanter complètement en Europe, notamment via les opportunités militaires, et d’atteindre un objectif d'assemblage de 60 avions par an. "Ensuite, nous essaierons d’aller chercher de la croissance à l’international, aux USA, en Chine et ailleurs" conclut Yves Delatte. Inauguré en septembre 2019, le bâtiment de Temploux a été dimensionné pour une production annuelle pouvant aller jusqu'à 80 appareils.

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