Sonaca et d'autres sociétés belges sur les nouveaux satellites espions français

Initié par la France, le projet CSO comprend trois satellites identiques, répartis sur deux altitudes différentes. ©AFP

La Défense participe au programme français de satellites espions CSO, ce qui a entraîné des retombées pour plusieurs sociétés belges. La Sonaca a notamment fourni la structure de ces trois engins de nouvelle génération.

Discrètement, mais sûrement, la Défense belge améliore ses capacités de renseignement spatial: l'opérateur Arianespace s'apprête en effet à lancer depuis Kourou (Guyane) le deuxième satellite d'observation militaire de la constellation CSO, un programme spatial franco-européen de défense auquel la Belgique participe.

CSO-2 (pour "Composante spatiale optique"), dont le lancement accuse 8 mois de retard à cause du coronavirus, devait être mis en orbite lundi en fin de journée par une fusée Soyouz. Le tir a été reporté de 24 heures en raison de mauvaises conditions météorologiques. Le programme, qui marque une évolution importante en matière d’imagerie spatiale militaire en France et en Europe, est destiné à remplacer les actuels satellites d'observation militaires Helios 2A et 2B, fruit d'une coopération multilatérale entre la France et quelques pays européens, dont la Belgique.

Une résolution inégalée

Initié également par Paris dans le cadre d’un programme spatial européen plus large, le projet CSO comprend trois satellites identiques, répartis sur deux altitudes différentes. Le premier engin, CSO-1, a été lancé il y a deux ans. Le troisième sera mis sur orbite en 2021. Par rapport à Helios, les CSO produisent plus d'images, sont plus agiles et leurs photos sont mieux localisées, associant couleur, noir et blanc et infrarouge, avec une résolution décrite comme "inégalée en Europe". L'Allemagne, la Belgique, la Suède et l'Italie ont rejoint l'initiative et signé avec Paris des accords bilatéraux pour accéder à cette nouvelle capacité d'observation.

"La capacité de renseignement imagerie stratégique offerte par CSO est indispensable aux opérations de la Défense et au support de notre politique extérieure."
La Défense

Pour la Belgique, l'investissement est de l’ordre de 100 millions d'euros, répartis moitié-moitié entre la Politique scientifique (Belspo) et la Défense. Un coût global qui couvre également la participation à CSO-3. "La capacité de renseignement imagerie stratégique offerte hier par Helios et aujourd’hui par CSO est indispensable aux opérations de la Défense et au support de notre politique extérieure. Elle découle de recommandations émises à l’époque par la Commission Rwanda" indique la Défense, qui a construit une nouvelle station-sol à Evere pour recueillir et traiter les images venues de l'espace. "Depuis, les usages opérationnels de l’imagerie satellitaire ont été décuplés et le seront encore dans le futur". Cette capacité est notamment utilisée pour la cartographie rapide de zones de conflit ou affectées par des catastrophes naturelles, pour la surveillance et l’identification des menaces ou encore le support général aux opérations aériennes, terrestres et maritimes. Outre la Défense, les images satellitaires sont également utilisées par d'autres services fédéraux, comme le SPF Affaires étrangères et la police fédérale.

100
millions d'EUROS
Pour la Belgique, l'investissement est de l’ordre de 100 millions d'euros, répartis moitié-moitié entre la Politique scientifique (Belspo) et la Défense.

La participation belge a débouché sur certains retours industriels. Les deux grands constructeurs européens qui ont participé à la fabrication des CSO -Airbus Defence and Space et Thales Alenia Space - ont fait appel aux services de plusieurs sociétés belges. Sonaca a ainsi développé, construit et testé la structure complète des trois satellites. Les deux premières plateformes ont été livrées entre 2013 et 2015 et la dernière en 2017. Pour l'équipementier carolo, qui reste discret sur le sujet, il s'agissait d'un très gros projet, plus important encore que la participation aux vaisseaux spatiaux Orion de la Nasa, en raison de la taille des trois satellites, qui pèsent chacun 3,5 tonnes et sont d'un volume global supérieur à 40 m³.

Segment sol

De son côté, Spacebel a participé au développement du segment sol de la mission, sous la maîtrise d’ouvrage du CNES, l’agence spatiale française. La société belge est responsable du développement de composants de programmation et apporte également son soutien dans les phases d’ingénierie et d’intégration-validation. Elle a aussi conçu et développé des services généraux pour la chaîne image.

Filiale d'Airbus Defence and Space, l'entreprise nivelloise EHP (Euro Heat Pipes) a fourni quant à elle plusieurs systèmes de régulation thermique pour les équipements des trois satellites, dont des "caloducs", des éléments hermétiques qui servent à dissiper la chaleur.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés