Publicité
Publicité

Spirit, sous-traitant de Boeing, licencie près de 16% de ses salariés

©REUTERS

Le groupe américain Spirit AeroSystems, gros sous-traitant de Boeing et repreneur du belge Asco, a annoncé ce vendredi devoir licencier environ 16% de ses effectifs en raison de la suspension de la production de l'appareil 737 MAX.

La crise du 737 MAX continue à prendre de l'ampleur: le groupe américain Spirit AeroSystems, gros sous-traitant de Boeing et repreneur du belge Asco, a annoncé ce vendredi devoir licencier environ 16% de ses effectifs en raison de la suspension de la production de l'appareil 737 MAX, cloué au sol depuis mars 2019 après deux crashs mortels.

Les licenciements concernent 2.800 salariés de l'usine de Spirit Aerosystems située à Wichita, dans le Kansas. Mais le groupe prévoit d'autres suppressions d'emplois d'ici la fin du mois dans ses usines de Tusla et McAlester dans l'Oklahoma, précise un communiqué.

"Cette décision difficile est une étape nécessaire étant donné l'incertitude liée à la fois à la date de la reprise de la production du 737 MAX et aux rythmes de la production" une fois que Boeing recommencera à fabriquer des appareils, a commenté Tom Gentile, le directeur général de Spirit Aerosystems, qui emploie actuellement plus de 18.000 personnes dans le monde selon son site. 

"Cette décision difficile est une étape nécessaire"
Tom Gentile
Directeur général de Spirit Aerosystems

Boeing avait annoncé la suspension des livraisons des 737 MAX dès le 14 mars 2019, au lendemain de l'immobilisation des appareils partout dans le monde, mais avait dans un premier temps maintenu la production à 52 exemplaires par mois. Après un ralentissement des cadences, le constructeur avait finalement annoncé mi-décembre l'arrêt de la production de son avion vedette à partir de janvier 2020, pour une durée indéterminée. 

Minimiser l'impact

Or, le 737 MAX représente plus de 50% du chiffre d'affaires de Spirit Aerosystems, qui fabrique notamment pour Boeing le fuselage des appareils, les pylônes de moteur et des éléments des ailes.  Et même quand Boeing recommencera sa production, le sous-traitant devra d'abord écouler plus de 100 lots des différentes pièces destinées à un appareil qu'il stocke actuellement. De plus, Boeing détient plusieurs centaines d'avions MAX construits mais pas encore livrés à ses clients.

"Lorsque le rythme de production sera de nouveau à un niveau suffisant, nous nous hâterons de rappeler les employés touchés" par les licenciements.
Spirit Aerosystems

Le groupe assure avoir tenté de minimiser l'impact de sa soudaine baisse d'activité en transférant certains salariés sur d'autres programmes et en organisant des salons de l'emploi avec d'autres entreprises du secteur aéronautique.

Il continue de travailler avec Boeing sur un nouveau calendrier de production en 2020 "afin de minimiser les perturbations, de maintenir la stabilité de nos capacités de production et de positionner au mieux Spirit pour l'avenir", a affirmé Tom Gentile. "Lorsque le rythme de production sera de nouveau à un niveau suffisant, nous nous hâterons de rappeler les employés touchés" par les licenciements, a-t-il ajouté. 

Le constructeur américain a pour sa part assuré que l'arrêt de la production n'aurait pas de répercussion sur ses propres effectifs, les quelque 12.000 personnes affectées à la production du MAX à Renton (banlieue de Seattle), pouvant être assignées à d'autres tâches et/ou relocalisées dans d'autres usines.

Sonaca touchée

Mais le flou le plus complet règne sur le calendrier de remise en service du best seller de Boeing. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Congrès américain a divulgué  d'anciens messages internes de salariés de Boeing dénigrant le régulateur de l'aérien américain (FAA) et ceux qui ont développé le 737 MAX, ce qui risque d'abîmer encore les relations avec les autorités et compliquer la remise en service de cet avion vedette.

Spirit Aerosystems est par ailleurs un gros donneur d'ordre pour la branche américaine du belge Sonaca, LMI Aerospace. Récemment, le patron de Sonaca, Bernard Delvaux, a indiqué que le 737 MAX représentait un quart du chiffre d'affaires du groupe belge via LMI

En mai 2018, Spirit a d'autre part manifesté son intention de reprendre l'entreprise belge Asco à Zaventem. Une reprise qui se fait attendre: après avoir buté sur des questions de concurrence, le rachat d'Asco, une entreprise créée et détenue par la famille Boas, semble se heurter aujourd'hui à l'évaluation de la valeur de la société, victime d'une grave cyberattaque en juin dernier qui a handicapé sa production plusieurs semaines. 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés