portrait

Stéphane Burton ou l'irrésistible ascension du patron de Sabena Aerospace

Non seulement le CEO de Sabena Aerospace a repris la Sabca, mais voilà qu’il s’apprête à monter au conseil d’administration de l’aéroport de Liège, voire à en prendre la présidence.

Quo non acendet ? La devise de Nicolas Fouquet pourrait s’appliquer à Stéphane Burton. Une semaine après avoir fait parler de lui lors de la reprise de la Sabca par Sabena Aerospace, dont il est le CEO, voilà qu’il est question qu’il entre au conseil d’administration de l’aéroport de Liège, où il est également possible qu’il remplace José Happart à la présidence. En effet, NEB Participations (Nethys-Ethias-Belfius), l’actionnaire majoritaire de Liège Airport souhaite revoir la gouvernance du conseil d’administration de l’aéroport et, en quelque sorte, le "dépolitiser", du moins partiellement.

CV Express

Né le 18 mai 1973 à Huy. Etudes au lycée Saint-Servais à Liège. Maîtrise de droit à Louvain-la-Neuve; droit social et économique à l’UGent; MBA à l’Insead (2012).

De 1997 à 2006: Travaille au cabinet d’avocats Stibbe (Bruxelles), puis au cabinet Nauta-Dutilh, où il s’occupe de Sabena Technics.

De 2007 à 2014: Travaille pour le groupe français TAT, d’abord en France et en Belgique, puis uniquement à la tête de l’entreprise à Zaventem.

2014: MBO de Sabena Technics Belgium. Il devient le CEO de Sabena Aerospace.

2019: Sabena Aerospace entre au capital d’Air Belgium et crée une antenne de maintenance à l’aéroport de Charleroi.

2020: Sabena Aerospace rachète à Dassault l’entreprise centenaire Sabca qui a des usines à Haren, Lummen et Gosselies.

NEB souhaite un conseil d’administration plus restreint (12 membres) et propose six administrateurs avec "une expérience dans les domaines aéronautique, financier, industriel ou immobilier". Le nom de Stéphane Burton circule avec insistance, de même que celui de la CFO d’Ethias, Cécile Flandre. Et Burton monterait même à la présidence. Ce serait fort intéressant, dans la mesure où Sabena Aerospace est déjà bien impliquée à l’aéroport de Charleroi, où elle a un atelier de maintenance pour Air Belgium. De là à déjà envisager un rapprochement plus efficace entre les plateformes de Liège et Charleroi… Mais n’anticipons pas.

" Il a vite appris "

Jeune (et efficace) avocat d’affaires, Stéphane Burton a touché à l’aviation lorsque le cabinet d’avocats Nauta-Dutilh lui demande de s’occuper du rachat de Sabena Technics par le groupe français TAT. Lorsque celui-ci se sépare de SN Technics, c’est Burton qui organise un MBO – dont il prend la tête – pour créer Sabena Aerospace. A partir de là, "the sky is the limit", serait-on tenté de dire. A l’époque, un syndicaliste, avec qui il a de bons rapports, nous dit : "Il a passé plus de temps sur le banc des grandes écoles que dans l’aviation, mais il apprend vite!"

Sabena Aerospace multiplie les contrats, se positionne aussi sur le marché militaire (C-130, A400M et F-35), signe une joint-venture avec Sonaca (Ignition), mais rachète aussi la Sabca à Dassault – tiens, ne voilà-t-il pas un lien de rapprochement entre les deux équipementiers belges? -, elle se charge de la maintenance d’Air Belgium et crée une antenne à Charleroi, et puis, maintenant, un aéroport! 

Man of the year 

Les journalistes aéronautiques ont eu le nez creux lorsqu’ils ont élu Stéphane Burton «Homme de l’Année» en 2018. C’était sur base de solides réalisations, mais visiblement, le meilleur était à venir…

 

C’est sûr que l’homme a du charisme. Il a la poignée ferme et son regard est clair. Bien sûr, son sourire protège son envie de parler, mais il ne dira rien de ses projets. Car il en a plein. Tenez, en Afrique, par exemple, où les ateliers de maintenance manquent cruellement. Mais les risques sont toujours grands sur le continent noir. Regardez l’aventure ECAir, avec un hangar de maintenance et de formation à Brazzaville. Tout marchait bien quand le producteur de pétrole de l'Etat congolais bénéficiait de cours élevés. Et puis, tout à coup, patatras!

Certains vous diront que se disperser n’est peut-être pas la bonne solution non plus. Il serait malheureux qu’à force de courir plusieurs lièvres à la fois, Icare-Burton se brûle les ailes. Mais soit, comme il est sportif, on peut lui faire confiance.

Discrétion assurée 

On ne peut pas dire que, pour un journaliste, malgré sa cordialité, Burton soit un «bon client». Jamais de confidences, ni de révélations de projets : « Je préfère annoncer les bonnes nouvelles quand je suis sûr à 100% ». Et Liège ?... Ah oui, on attendra, donc...

 

Retour aux sources 

La Sabca est née en 1920; la Sabena en 1923, mais toutes deux avaient pour papa Georges Nélis qui publia – en 1919 ! – «L’Expansion belge par l’Aviation». La compagnie Sabena a disparu, mais pas le nom. La reprise de Sabca par Sabena, c’est un peu revenir aux sources de l’histoire de l’aviation belge.

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