Un simulateur de Venyo repris par la filiale d'un groupe chinois

Venyo occupait une vingtaine de personnes à son siège de Gosselies. ©BELGA

Le démantèlement de la pépite aéronautique Venyo, dont un des simulateurs a abouti entre les mains d’un groupe chinois, est terminé.

Un des simulateurs de la société aéronautique carolo Venyo, aujourd’hui en faillite, a finalement abouti entre les mains de la filiale néerlandaise d’un groupe chinois, mais sans le logiciel pour faire fonctionner la machine, a appris L’Echo jeudi.

Victime de la crise du 737 Max et de la situation catastrophique dans le secteur de l'aéronautique, l'entreprise technologique de Gosselies, qui avait développé et commercialisé un simulateur de vol novateur à base fixe pour le Boeing 737 NG, avait été déclarée en faillite en janvier. Un plan de la dernière chance proposé par le CEO de l'entreprise, Gregory Bronchart, n'avait pas abouti et la curatelle avait décidé de procéder à la vente des actifs à la découpe fin mars.

Pas le même niveau

Les enchères ont été clôturées tout récemment. Selon nos informations, un des simulateurs proposés à la vente a été repris par la société néerlandaise Wright Brothers Flight Technology, implantée à Hoofddorp, près de l'aéroport d'Amsterdam. Il s'agit d'une filiale d'un groupe chinois, Harbin Wright Brothers Flight Technology, qui propose lui-même des simulateurs de vols mais qui, selon les spécialistes, n'ont pas le niveau de ceux conçus par Venyo. Deux autres machines auraient été reprises par un opérateur suisse et une autre par une société turque. Tous les simulateurs ont été vendus sans le logiciel permettant au simulateur de fonctionner, la Région wallonne étant détentrice des codes sources du software, dont elle a financé une grande partie du développement.  

La société néerlandaise avait fait une première offre à la curatelle en février pour une reprise de l'ensemble des actifs de Venyo.

La société néerlandaise n'est pas inconnue: c'est elle qui avait fait une première offre - très alléchante - à la curatelle en février pour une reprise de l'ensemble des actifs de Venyo. La proposition avait attiré l'attention de certains spécialistes, qui avaient averti la Sûreté de l'État et le cabinet du ministre wallon de l'Économie, Willy Borsus, de possibles risques de transferts de technologie. L'offre fut écartée puisque la Région wallonne était en possession d'une partie de la propriété intellectuelle développée par l'entreprise.

Un gâchis

Mais à quoi peut donc servir le simulateur sans son programme? À bonne source, on nous indique que la filiale du groupe chinois a quand même fait main basse sur tout le design industriel du projet. Autrement dit, il leur suffit maintenant de désassembler la machine et de tout copier: les pièces, la façon de connecter les éléments et de les monter sur le châssis. La vente des actifs de Venyo signe dans le même temps la fin des espoirs de redémarrer un projet industriel autour d'une technologie décrite par beaucoup comme unique au monde. Un gâchis.

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