Vinci prend les commandes de Londres-Gatwick

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Avec cette acquisition à 3,22 milliards d'euros, la filiale du géant français du BTP met la main sur le huitième aéroport d'Europe, qui revendique 45,7 millions de voyageurs en 2018. Vinci Airport exploite déjà 45 aéroports.

Vinci Airports a signé jeudi un accord pour devenir l'actionnaire majoritaire de l'aéroport londonien de Gatwick, le deuxième du Royaume-Uni, une transaction à 3,22 milliards d'euros, selon un communiqué publié par la filiale du groupe Vinci.

Au cours du premier semestre 2019, Vinci devrait détenir 50,01% des parts de Gatwick, les 49,99% restants demeurant aux mains des propriétaires actuels (Global Infrastructure Partners), selon le communiqué.

Le montant de l'acquisition "a été arrêté à environ 2,9 milliards de livres sterling" (3,22 milliards d'euros), a précisé l'entreprise, soit davantage que son bénéfice net de 2017 (2,74 milliards d'euros).

"En tant que nouveau partenaire industriel, Vinci Airports soutiendra et encouragera l'efficacité opérationnelle et la croissance du trafic, tout en mettant à profit son expertise en matière de développement des activités commerciales pour continuer d'améliorer la satisfaction et l'expérience des passagers", a commenté Nicolas Notebaert, son président, cité dans le texte.

"Nous accueillons avec enthousiasme cet engagement de Vinci Airports à Gatwick"
David Higgins
Président de Gatwick

"Nous accueillons avec enthousiasme cet engagement de Vinci Airports à Gatwick, qui marque la confiance accordée à l'aéroport et à son potentiel", s'est réjoui pour sa part David Higgins, le président de la plateforme londonienne. 

Le 8e aéroport d'Europe

Avec cette acquisition, la filiale du géant français du BTP met la main sur le huitième aéroport d'Europe, qui revendique 45,7 millions de voyageurs en 2018.

Une fois cette opération bouclée, Vinci Airports exploitera 46 aéroports dans 12 pays, accueillant plus de 228 millions de passagers par an. L'aéroport de Gatwick sera le plus gros aéroport du réseau mondial de Vinci. 

L'affaire des drones

Le rachat de la majorité des parts de Gatwick intervient une semaine après le chaos créé par le survol répété de l'aéroport par des drones. Dans la soirée du 19 décembre, il avait dû fermer ses portes après de premiers signalements d'engins aériens. Des drones avaient ensuite été aperçus une cinquantaine de fois en 24 heures, jouant au chat et à la souris avec la police. 

Après une fermeture de 36 heures, Gatwick avait repris ses activités, malgré une nouvelle brève fermeture vendredi. Selon l'aéroport, un millier de vols ont été annulés ou détournés à la suite des incidents de la semaine dernière, affectant 140.000 voyageurs.

"Je sais combien de désagréments ces activités criminelles sans précédent ont pu causer à des milliers de personnes, beaucoup ratant d'importants événements familiaux en cette période de Noël", a d'ailleurs déploré le directeur général de Gatwick Stewart Wingate dans le communiqué de jeudi.

L'aéroport "a pris un certain nombre de mesures importantes ces derniers jours", a-t-il ajouté, avant d'assurer qu'il ferait "tout ce qui était en son pouvoir pour garantir un trafic aussi fluide que possible pour le reste de la période des fêtes".

Ouvert en 1958, Gatwick est fréquenté par quelque 50 compagnies aériennes et emploie directement 24.000 personnes. Il s'est fixé pour objectif d'atteindre la barre des 53 millions de passagers annuels en 2023.

De son côté, Vinci cherche à développer les concessions autoroutières et aéroportuaires, très lucratives, au-delà de son activité de bâtiment et de travaux publics. Ces concessions représentent quelque 17% de son chiffre d'affaires total, qui a atteint 40,25 milliards d'euros en 2017. Vinci Airports s'est d'ailleurs récemment implanté au Brésil, au Japon et en Serbie.

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