Rachat de la FN Herstal: voici les documents qui contredisent Magnette

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Paul Magnette estime qu'il n'y a aujourd'hui aucune offre sur la table pour le rachat du groupe de fabrication d'armes FN Herstal. Une lettre adressée à Jean-Claude Marcourt ainsi qu'un business plan prouvent le contraire.

L'avenir de la FN Herstal a été abordé mercredi matin en plénière du parlement wallon. Le gouvernement est ouvert à toute proposition, mais il n'y a aujourd'hui aucune offre sur la table, a souligné le ministre-président Paul Magnette. Ce dernier a confirmé la marque d'intérêt formulée en 2014 par des investisseurs franco-américains. Ils ont été reçus il y a quelque temps par le gouvernement, et "il avait été convenu de se revoir, mais nous n'avons plus eu de nouvelles. Il n'y a donc pas d'offre aujourd'hui", a indiqué M. Magnette. Si demain un investisseur venait avec "un vrai projet", ce dernier sera examiné. 

Sauf qu'en réalité, il y a bien un projet concret proposé par B. Acquisition Group, business plan à l'appui.

"Nous avons  suivi vos recommandations" peut-on également lire dans une lettre de Jean-Noël Prade, porte-parole de B. Acquisition Group, destinée au ministre Jean-Claude Marcourt. "Je vous confirme notre volonté d’acquérir le Groupe FN Herstal", écrit-il. On ne peut être plus clair. Le gouvernement wallon était donc bien au courant des intentions des investisseurs.

• Pierre-Yves Jeholet (MR) a défendu le projet évoqué, pour autant qu'il garantisse l'emploi et le "know-how" wallons et liégeois. Plus fondamentalement, il ne juge pas sain que la Région wallonne, actionnaire à 100% de la FN, soit juge et partie, mais souhaite toutefois préserver un capital public dans l'entreprise.

• Christophe Collignon (PS) s'est demandé en quoi un éventuel conflit d'intérêts disparaîtrait si la Région se trouve à 25% au lieu de 100% au capital. Il juge que le moment actuel est mal choisi pour vendre des parts.

• Dimitri Fourny (cdH) a rappelé que les pouvoirs publics étaient arrivés à maintenir l'emploi et les investissements en recherche et développement. Plutôt qu'un "opérateur financier" tel que l'auteur de la marque d'intérêt, il préférerait un opérateur industriel, moins "volatile".

• Hélène Ryckmans (Ecolo) estime que le débat sur la privatisation de la FN ressemble à une diversion pour cacher celui des ventes d'armes à l'Arabie saoudite. Elle reconnaît elle aussi que la vocation première de la Région n'est pas d'être présente à 100% dans la FN.

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