500 sites de jeux pirates à portée de clic en Belgique

Repris sur la Liste noire, le site de jeux cresus.casino est devenu... cresuscasino. Une manière de contourner l'interdit.

En mai, Ladbrokes avait identifié 250 sites pirates d'accès aisé en Belgique. Il a remis le couvert à l'automne, pour en recenser 500. Qu'attend-on pour réagir ?

Les sites de jeux illégaux continuent de faire florès en Belgique, au mépris de la réglementation. C'est d'autant plus dommageable pour le secteur régulé qu'avec le confinement, les opérateurs de jeux de hasard agréés ne peuvent plus exercer leurs activités qu'en ligne, où ils subissent dès lors de plein fouet cette concurrence déloyale. Déloyale, car les pirates ne respectent pas les obligations en termes de limitation de publicité, de limitation des mises (500 euros par semaine), d'interdiction des jeunes (18 ans minimum pour les paris, 21 ans pour les casinos), d'interdiction de bonus, d'interdiction de carte de crédit... Et c'est dommage pour l'État fédéral et les Régions, qui ne perçoivent aucune rentrée des pirates, que ce soit sous forme d'impôt sur les résultats, de taxes régionales sur les jeux, etc.

Un des opérateurs de paris dûment agréés en Belgique, Ladbrokes, a mené d'initiative une enquête en passant au crible 500 sites de jeux illicites. Afin de canaliser l'offre de jeux et de limiter les risques d'assuétude, le législateur belge a en effet prévu un régime de licences, qui lui permet de limiter le nombre d'opérateurs et de contrôler ce qu'ils font. Il a aussi chargé la Commission des jeux de hasard de tenir à jour une Liste noire des sites qui démarchent les joueurs en Belgique en dehors du cadre des licences, en toute illégalité donc. Actuellement, la Liste noire reprend 180 de ces sites...

45
sites
45 des 500 sites illicites à l'accès aisé figurent pourtant sur la Liste noire : jouer sur l'un d'eux est passible d'une sanction pénale.

Au départ de la Belgique, Ladbrokes a tenté de jouer et de miser de l'argent sur chacun des 500 sites non agréés, pour démontrer leur potentiel de nuisance. Premier constat : 45 des 500 sites figurent sur la Liste noire, alors qu'ils restent aisément accessibles. Certains d'entre eux ont modifié une lettre dans leur adresse URL pour éviter l'interdit. Deuxième leçon, 417 sites affirment détenir une licence d'un autre pays, mais seulement 330 la mentionnent explicitement. Le plus grand nombre est licencié à Curaçao, où il y a peu de contrôle, et à Malte. Reste qu'ils doivent détenir une licence belge pour exercer sur notre marché.

Miser en toute illégalité

Neuf dixièmes des sites pirates, soit 456, ne respectent pas les règles de limitation de la publicité. Et 485 d'entre eux offrent des bonus aux joueurs, ce qui est strictement interdit. Sous une fausse identité, les enquêteurs ont réussi à créer un compte joueur sur 320 sites, dont 28 des 45 sites figurant sur la Liste noire. Ils ont réussi à déposer de l'argent sur la moitié d'entre eux (163 sites, dont 15 sur la Liste noire). Et ils ont effectivement pu jouer et miser sur 156 sites, dont 13 de la Liste noire.

Conclusion, les opérateurs pirates parviennent à hameçonner sans difficulté les joueurs belges. Qui, du coup, ne bénéficient plus d'aucune mesure de protection. Alors que toute la réglementation vise précisément à encadrer l'offre de jeux pour limiter les montants et enrayer la spirale de l'assuétude aux jeux. Le constat fait d'autant plus mal aux opérateurs licites qu'avec la crise et la fermeture de leurs agences et salles physiques, ils n'ont plus que le canal en ligne pour faire du chiffre d'affaires.

"En maintenant les agences de paris fermées et en s’abstenant de prendre des mesures adéquates contre le jeu illégal, le gouvernement marche sur la tête en encourageant la Dark Economy."
Union professionnelle des agences de paris

À peine dévoilée, l'enquête a déjà ému l'Union professionnelle des agences de paris (UPAP). "En maintenant les agences de paris fermées et en s’abstenant de prendre des mesures adéquates contre le jeu illégal, le gouvernement marche sur la tête en encourageant la Dark Economy", a réagi l'UPAP. Qui embraie en "invitant le gouvernement à prendre ce problème à bras-le-corps pour éradiquer le jeu en ligne illégal en collaboration avec la police fédérale, les fournisseurs d’accès à internet et les institutions financières".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés