Alors, la saison 3 de "Casa de Papel", elle est comment?

Casa de Papel S03 - trailer

"Casa de papel", saison 3 | A partir de ce vendredi sur Netflix | Note: 3/5

Et la saison 3, elle est comment? Elle est bien… à condition que vous ayez aimé les deux premières. Car "La Casa de Papel" fait partie de ces séries particulièrement clivantes. Soit on adore le style quasi hystérique, le verbiage, les archétypes, l’action, le suspense… Soit on déteste les invraisemblances, le surjeu de certains acteurs, et… le verbiage (jugé alors parasite), les archétypes (trop marqués), le suspense (parfois entretenu à la truelle)… Le pari de cette série est en fait très simple: ne jamais laisser le spectateur décrocher et se poser trop de questions au risque de voir s’effondrer le château de cartes narratif.

Casa de Papel S03 - trailer

À la fin de la deuxième saison, le casse avait réussi, et nos amis les braqueurs aux doux noms de ville (Tokyo, Rio, Helsinki, Berlin…), sous la houlette du mystérieux et charismatique Professeur, s’étaient fait la malle. On les retrouve aux quatre coins du monde, heureux comme larrons en foire. Mais il y a une ombre au tableau: Tokyo en a marre de la vie de Robinson de luxe qu’elle mène avec Rio sur une petite île du Panama. Elle a besoin d’adrénaline et retourne sur le continent pour boire, danser, et rouler trop vite dans des décapotables. Rio, laissé seul dans son coin de paradis, est alors capturé par les autorités.

Le Professeur n’a plus qu’une chose à faire: réunir la bonne vieille bande dans l’espoir de le récupérer. Une réunion qui fait l’objet du premier épisode. Le second dévoile peu à peu le plan du master mind: pour contrer les méchants, le Professeur part en Italie pour concevoir la contre-attaque, qui prendra bientôt la forme… d’un nouveau "casse du siècle".

Vous l’aurez compris: on reprend les mêmes et on recommence. Avec encore plus d’enjeux symboliques et de couches psychologiques, puisqu’à présent on fait partie de la famille. Enjeux qui, cette fois, seront encore plus politiques: on n’est pas là pour l’argent, mais pour démonter le système dominant (police, gouvernement, puissants, nantis…), et lui faire ravaler son orgueil en se montrant plus malins, plus violents, plus efficaces.

En écho avec l’actualité

"Certaines choses sont plus importantes que l’argent…"

Des thèmes qui se placent en écho direct à la récente actualité politique espagnole (et bien au-delà), avec dénonciation des inégalités, sur la trace des Indignés de la Puerta del Sol. La bande reformée, toujours habillée de combinaisons rouges et le visage revêtu du masque "Salvador Dali", répond cette fois au doux nom de "Resistencia". Tout un programme…

Alors bien sûr, tout est déjà vu et appartient aux "obligatoires" du genre. De l’argent liquide qui pleut sur des citoyens étonnés (cette fois d’un dirigeable) comme le faisaient déjà les magiciens-justiciers d’"Insaisissable" ("Now You See Me")… Un peu de "Prison Break" pour le côté "course poursuite" avec la police… Et un rien d’"Ocean Eleven", où il fallait braquer pour compenser… un premier braquage. Mais ne boudons pas notre plaisir. Les amateurs de suspense, de belles images, et de caractères bien trempés y trouveront une nouvelle fois leur compte.

Alex Pina aux commandes, pas un nouveau venu

Mais qui est Alex Pina? Et que faisait-il avant de rencontrer le succès international avec "La Casa de papel"? Il écrivait des scénarios pour la télévision, pardi! Car il ne s’agit pas ici d’un coup d’essai – mais bien d’un coup de maître, savamment orchestré.

À 52 ans, Alex Pina n’est pas un nouveau venu, mais presque un vieux de la vieille. Il écrit pour la chaîne généraliste espagnole Telecino depuis 1996. Et rencontre son premier vrai succès en 2003 avec la sitcom "La famille Serrano", où il cumule les casquettes de créateur, producteur et scénariste. C’est l’histoire d’une famille recomposée: monsieur et ses trois fils, madame et ses deux filles… Chaque clan découvrant l’univers de l’autre.

En 2005, Alex Pina passe à la concurrence (Antena 3) pour une série policière "Los hombres de Paco", puis il enchaîne avec un huis clos de science fiction: "El Barco", qui place l’équipage d’un vaisseau spatial comme seuls survivants d’une Terre inondée par un cataclysme géant. Puis viendra en 2015 "Derrière les barreaux" (en espagnol "Vis a Vis", soit "visite conjugale"), où tout se passe dans une prison pour femmes.

Polar, suspense, psychologie et huis clos, le tout au service d’une série télé grand public: à bien ausculter le parcours d’Alex Pina, tous les éléments de la "Casa" semblaient prêts à être rassemblés pour le grand feu d’artifice que l’on connaît.

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