portrait

Bob Chapek, un vétéran du divertissement pour cornaquer Disney

Bob Iger, l'homme qui a quintuplé la valeur de Mickey et de ses amis, cède la place à un vieux routier de l'entertainment, Bob Chapek. En charge jusqu'ici des parcs d'attractions du groupe, il lui sera bien difficile de faire mieux que son prédécesseur.

Un Bob succède à un autre chez Disney . Le géant mondial de l’entertainment a annoncé l’arrivée au poste de CEO de Bob Chapek (60 ans) à la place de l’emblématique Bob Iger, l’homme qui durant ses quinze années de règne a quintuplé la valorisation du groupe qui tourne aujourd’hui autour des 230 milliards de dollars. Agé de 69 ans, Bob Iger restera président exécutif jusqu’à sa retraite en 2021.

230
milliards $
Durant les 15 ans de règne de Bob Iger, la valorisation de Disney a quintuplé, atteignant les 230 milliards de dollars de capitalisation boursière.

La nomination soudaine a surpris les investisseurs, les analystes et le personnel même si Bob Chapek a longtemps été considéré comme un candidat potentiel pour le poste. Mais, sans doute, Bob Iger a-t-il pensé que le moment était venu de passer la main, lui qui a profondément transformé le groupe de la souris aux grandes oreilles.

Boulimie d'acquisitions

Le Profil

- 60 ans, marié 3 enfants 

- Graduat à l'Indiana University Bloomington, MBA à l'Université d'Etat du Michigan 

- Débute dans la publicité (J. Walter Thompson), puis le marketing (Heinz)

- Entre chez Disney en 1993, où il s'occupera des studios, de la publicité et des produits dérivés

- Il est nommé patron de la division parcs d'attraction en 2015

- Devient CEO du groupe le 25 février 2020

C'est en effet à lui que l’on doit une boulimie de rachats qui ont largement conforté "le royaume enchanté" au rang d’incontestable leader mondial du divertissement. Qu’on en juge: depuis 2005, Disney a successivement avalé Pixar (Toy Story, Le monde de Nemo…) pour 7,4 milliards de dollars, Lucasfilm (Sar Wars…) pour 4 milliards, Marvel (X-Man, Spiderman…) pour 4 milliards et, surtout la 21st Century Fox pour la bagatelle de 71 milliards. Résultat: l’an passé, les productions Disney ont squatté le box-office enregistrant plus de 11 milliards de dollars de recettes en salles avec plusieurs films au-delà du milliard.

Cette période faste s’est poursuivie avec le lancement fin 2019 de la plateforme de streaming Disney+. Appelée à tailler des croupières à Netflix, Amazon Prime et consorts, elle a déjà engrangé 29 millions d’abonnés en Amérique du Nord.

Difficile de faire mieux

Souvenirs d'enfance

Originaire de l’Indiana, Bob Chapek a découvert la "magie de Disney" enfant. Chaque année ses parents l’emmenaient durant les vacances d’été à Disney World en Floride. À 55 ans, il a pris les rênes de l’ensemble des parcs du groupe.

Bref, l’héritage de Bob Chapek sera lourd à gérer. Et son prédécesseur lui a déjà mis une certaine pression. "Notre groupe est devenu plus complexe ces derniers mois, mais tous les éléments sont en place et la stratégie est déployée", a expliqué Bob Iger, fort des 69,6 milliards de dollars de revenus engrangés en 2019 et des 11 milliards de résultat net. L’analyste de Citigroup Jason Bazinet estime lui que Bob Chapek pourra difficilement faire mieux.

Heureusement pour lui, Bob Chapek connaît bien la maison. Il y est entré voici 27 ans, après avoir entamé sa carrière dans la publicité, chez J. Walter Thompson, et le marketing, chez Heinz, le roi du ketchup. Et en matière de marketing, il sait y faire, boostant les différents business de Disney par lesquels il est passé: les studios, les produits dérivés et les parcs d’attractions, la plus importante division du groupe (170.000 des 201.000 employés y travaillent) dont il était dernièrement en charge. Pour doper les revenus des parcs, il a ainsi instauré une tarification différenciée en fonction du jour de visite, développé des événements nocturnes pour augmenter la fréquentation et instauré des pass annuels à plus de 1.000 dollars.

Nous voulons garder une longueur d'avance et nous transformer de façon proactive plutôt que de suivre le marché.
Bob Chapek
Nouveau CEO de Disney

Bob Chapek se dit conscient des enjeux et difficultés qui l'attendent. "Toutes nos activités, comme celles des concurrents, subissent des perturbations, a-t-il indiqué aux analystes. Les technologies et les façons de consommer nos produits changent. Nous voulons garder une longueur d'avance et nous transformer de façon proactive plutôt que de suivre le marché." Il lui reste à passer de la parole aux actes.

Accueil mitigé

Le jour de l'annonce de la nomination de Bob Chapek, l'action Disney a reculé de 1,7%. Difficile de succéder à Bob Iger, certes, mais il faut aussi voir dans cette chute l'impact de la crise du coronavirus qui a poussé le groupe à fermer temporairement plusieurs de ses parcs d'attraction. 

Stabilité

Du fondateur, le mythique Walt Disney, à Bob Chapek, l’empire Disney n’aura connu, en près de cent années d’existence (le groupe a été fondé en 1923), que sept CEO. Une remarquable stabilité dans l’univers pourtant très concurrentiel de l’entertainment.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés