Le Casino de Bruxelles cherche un repreneur

©Tim Dirven

D’après des sources bien informées, le groupe autrichien qui gère le casino de Bruxelles - le plus grand du pays - depuis près de 12 ans, est à la recherche d’un repreneur.

Le Grand Casino Brussels a ouvert ses portes en décembre 2005. L’exploitant autrichien, Casinos Austria International, avait obtenu la concession du tout premier casino de notre capitale un an auparavant.

Le neuvième et plus grand casino de Belgique s’est d’abord installé dans la Salle de la Madeleine, que les Autrichiens ont rénovée et réaménagée pour 9 millions d’euros. Jusqu’à ce qu’en 2010, le casino trouve un nouvel élan dans le complexe Viage au Centre Anspach, avec plus de 14.500 m² répartis sur sept étages avec, en plus du casino, un restaurant, une salle de concerts et cinq bars.

Grande braderie

Aujourd’hui, près de 12 ans après son ouverture, le grand casino de Bruxelles, qui emploie directement 250 personnes, pourrait changer de main. Un vent favorable nous a fait parvenir une présentation "strictement personnelle et confidentielle" destinée à des candidats acheteurs et préparée par la banque autrichienne Erste Group, à la demande de Casinos Austria International.

On peut y lire que le groupe de paris autrichien souhaite entièrement se retirer sur son marché domestique, l’Autriche. C’est ce qui explique son souhait de céder ses activités dans 10 pays, soit cinq casinos sur des bateaux de croisière de luxe, une loterie vidéo comptant 1.300 terminaux et 24 casinos classiques, dont celui de notre capitale.

300 millions €
Les établissements mis en vente par Casinos Austria International représentent plus de 300 millions d’euros de "gross gaming revenue".

La vente du Grand Casino Brussels s’inscrit donc dans la grande braderie du groupe autrichien. Il s’agit entre autres de 10 casinos en Allemagne, de trois établissements en Suisse, de quatre au Danemark, ainsi que des casinos et autres activités de paris en Australie, en Géorgie, en Macédoine, en République tchèque, en Egypte et aux Etats-Unis. Les établissements mis en vente représentent plus de 300 millions d’euros de "gross gaming revenue" (GGR), qui se compose du bénéfice net (après déduction des gains des joueurs) moins les frais de licence. D’après les chiffres cités dans la présentation, le casino de Bruxelles représente près de 37,7 millions d’euros de GGR.

Le bon moment

Au siège social de Vienne, Martin Himmelbauer, porte-parole de Casinos Austria International, a confirmé que le groupe était à la recherche de repreneurs. C’est le bon moment, explique-t-il, parce qu’il y a huit ans, le groupe était encore déficitaire et personne n’était prêt à acquérir une participation minoritaire. Mais avec le retour de la rentabilité qui fait suite à une restructuration en profondeur  le marché semble montrer de l’intérêt alors que le groupe souhaite se recentrer sur ses activités en Autriche.

Présentation flatteuse

Dans le document confidentiel, la situation du casino de Bruxelles est présentée de manière assez flatteuse, avec un bénéfice d’exploitation brut (ebitda) de 1,9 million d’euros, et une licence valable jusqu’en 2020, assortie d’une licence d’exploitation de jeux de casino en ligne sur le marché belge. De plus, on y fait explicitement référence au cadeau fiscal (11% au lieu de 42%) que le casino a reçu l’an dernier du gouvernement bruxellois.

"C’est le bon moment pour vendre."
Martin Himmelbauer
Porte-parole de casinos austria international

On n’y mentionne bien entendu pas le fait qu’en janvier dernier, le casino de Bruxelles s’est adressé à la Cour constitutionnelle pour s’opposer à l’introduction d’une TVA sur les jeux en ligne dans notre pays, qui ferait obstacle à la réduction d’impôts obtenue.

L’histoire du grand casino de Bruxelles est par ailleurs jalonnée de nombreux exercices déficitaires. L’an dernier, la société faîtière (Casinos Austria International Belgium) annonçait une perte de "seulement" 433.000 euros sur un chiffre d’affaires de 40,9 millions d’euros, mais la société traîne encore 10 millions d’euros de pertes cumulées des années précédentes. Les pertes sont passées de 5 millions d’euros en 2013 à 3 millions d’euros en 2014 et à 1,23 million d’euros en 2015.

La semaine dernière, lors de la présentation de ses résultats semestriels, le groupe autrichien affichait des bénéfices au niveau international et mentionnait une amélioration de ses résultats dans notre pays, en d’autres termes, au casino de Bruxelles.

Mais les revenus des casinos classiques ne reflètent pas la réalité. Car dans notre pays une licence pour des jeux de casino sur internet est conditionnée à l’exploitation d’un casino physique.

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