Le belge UniversCiné s'apprête à concurrencer Netflix

©Capture site UniversCiné

Face à la déferlante Netflix, la plateforme de vidéo à la demande belge UniversCiné va proposer début 2018 une offre par abonnement illimitée axée sur le cinéma européen de qualité.

C’est un ambitieux projet que s’apprête à lancer pour son dixième anniversaire UniversCiné. Début janvier prochain, cette plateforme de vidéo à la demande proposera Uncut, un service de vidéo à la demande par abonnement (SVOD). Pour 7,99 euros par mois, soit l’équivalent de l’abonnement de base à Netflix, le cinéphile aura un accès illimité à plus d’un millier de films dits "de qualité" dont 60% de films européens.

"Nous voulons lancer une vraie alternative à Netflix, lequel ne propose pas du tout ce type de films."
Maxime Lacour
Responsable d’UniversCiné

Des oeuvres de cinéastes (re)connus, ayant su allier succès critique et reconnaissance du public. On parle ici de réalisateurs comme Pedro Almodovar, Stephen Frears, Martin Scorcese, Lars Von Trier, Woody Allen, Wim Wenders, les frères Dardenne, etc. Le service sera consultable sur quatre écrans simultanément, soit 6 de moins que le tarif "premium" de Netflix.

L’objectif est de capter quelque 50.000 abonnés dans les deux ans. "Nous voulons lancer une vraie alternative à Netflix, lequel ne propose pas du tout ce type de films", argumente Maxime Lacour, responsable d’UniversCiné, un peu agacé par le ramdam médiatique autour du géant américain. Uncut entend aussi se différencier de Netflix par son approche éditoriale. "Chez nous, les algorithmes sont humains", ironise Maxime Lacour, "il y aura donc une véritable éditorialisation de la plateforme".

Selon les règles de la "chronologie des médias", un film ne pourra toutefois sortir sur Uncut que 36 mois après sa sortie en salle.

Uncut proposera ainsi des films classés par genre - films primés en festivals, pour enfants, films de genre… -, mais également des centaines de collections différentes, des recommandations de son équipe et des utilisateurs, des critiques, etc. Chaque semaine, une dizaine de nouveaux titres seront proposés parmi un catalogue de quelque 4.000 films dont UniversCiné possède les droits d’exploitation en SVOD.

Selon les règles de la "chronologie des médias", un film ne pourra toutefois sortir sur Uncut que 36 mois après sa sortie en salle. C’est le cas, notamment, des productions belges. "Mais rien n’empêche de négocier avec les ayant-droit pour raccourcir ces délais", indique Maxime Lacour.

Si l’ensemble du catalogue ne sera pas proposé simultanément, c’est essentiellement pour des questions de coûts (encodage, main d’œuvre….). C’est en effet un gros investissement que la PME d’Auderghem, qui réalise 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires, s’apprête à faire.

1,2 million
Il est question de 1,2 millions d’euros, dont 500.000 euros de financement public, dédiés aux coûts technologique et à l’importante campagne marketing.

Il est question de 1,2 millions d’euros, dont 300.000 euros de financement public (Commission européenne, Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel…), dédiés aux coûts technologique et, surtout à l’importante campagne marketing qui passera, entre autres, par l’achat de mots clé sur Google, les réseaux sociaux, mais aussi dans des médias traditionnels.

Chez UniversCiné, on ne cache pas que la facture aurait pu être réduite si le projet avait pu s’adosser à un acteur existant. "Dans le cadre de son nouveau contrat de gestion, la RTBF veut lancer son propre service de SVOD et faire ainsi concurrence à un acteur privé qui dispose de beaucoup moins de moyens", constate Maxime Lacour. "Je regrette le manque de concertation avec la RTBF, alors qu’en France, par exemple, UniverCiné collabore avec Arte et TV5 Monde."

Pure Player

UniversCiné est ce qu’on appelle un service "over the top" (OTT) dans le jargon, un "pure player", c’est-à-dire une plateforme de vidéo à la demande pure et dure. Elle se distingue de services des opérateurs télécoms en ce qu’elle n’est accessibles que sur le net via PC, tablette, smartphone, télés connectables

9.200
Le catalogue de droits d'UniversCité est riche de plus de 9.200 œuvres dont environ 4.500 sont exploitées en permanence.

Son origine remonte à une quinzaine d’années lorsqu’une cinquantaine de producteurs et distributeurs français décidèrent de s’associer pour créer un service de vidéo à la demande afin de valoriser leur catalogue, anticipant ainsi les mutations à venir dues à la révolution numérique.

Depuis, UniversCiné a fait des petits en Espagne, au Portugal et, donc en Belgique. Chez nous, la société est détenue par une petite quarantaine de producteurs et distributeurs indépendants, pour la plupart belges. Son catalogue de droits est riche de plus de 9.200 œuvres dont environ 4.500 sont exploitées en permanence.

"Ce secteur est en plein essor, des études montrent que le marché européen de la SVOD va être multiplié par quatre dans les cinq ans."
Maxime Lacour

Le service enregistre de 600.000 à 700.000 locations par an et affiche une croissance annuelle à deux chiffres. UniversCiné distribue en outre 5.500 des films de son catalogue à d’autres services de VOD, comme ceux de Proximus, Voo ou Telenet, mais aussi de géants comme Apple, Google ou même… Netflix.

Le business initial d’UniversCiné, c’est la VOD transactionnelle, à l’unité. La VOD par abonnement est donc une première pour elle: "Ce secteur est en plein essor, des études montrent que le marché européen de la SVOD va être multiplié par quatre dans les cinq ans", assure Maxime Lacour.

"L’acquisition de droits pour une offre illimitée nécessite beaucoup de trafic pour être rentable, la SVOD n’est donc plus notre focus."
Pierre Demolin
Fondateur d'UniversCité

Uncut n’est cependant pas une première en Belgique francophone, même si sa démarche paraît la plus ambitieuse. En 2013, Plush émanation de DVD Post, un service de location de DVD par correspondance s’est lancé en partenariat avec Samsung, il proposait alors 700 titres, dans tous les genres.

Il en compte aujourd’hui 250, accessibles pour 9,95 euros par mois: "L’acquisition de droits pour une offre illimitée nécessite beaucoup de trafic pour être rentable, la SVOD n’est donc plus notre focus", justifie son fondateur Pierre Demolin. Raison pour laquelle Plush s’est recentré sur la vidéo transactionnelle via un système de crédits avec un catalogue de 1.000 à 2.000 titres, issus de tous les genres.

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