Pokémon Go, l'heure de gloire pour la start-up Niantic

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Le jeu mobile rencontre un succès sans précédent aux Etats-Unis. Son lancement en Europe a été repoussé. à Tokyo, l’action de Nintendo s’est envolée de plus de 50% en moins d’une semaine.

Drôle de scène le week-end dernier sur Dolores Park, l’un des parcs les plus populaires de San Francisco. Smartphones à la main, des dizaines de personnes déambulent dans les allées pour traquer des… Pokémon, les petits monstres imaginés par Nintendo. C’est le dernier phénomène qui sévit aux Etats-Unis, quelques jours après le lancement du jeu mobile Pokémon Go.

Le succès est sans précédent. Depuis la semaine dernière, le titre est l’application gratuite la plus téléchargée et la plus rentable aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, les trois pays où il est officiellement disponible, aussi bien sur l’App Store d’Apple que sur le Play Store de Google. Le lancement en Europe et en Asie a été reporté à une date ultérieure, faute d’infrastructures informatiques suffisantes.

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Lundi, le cabinet SensorTower estimait par ailleurs ses recettes à 1,6 million de dollars par jour sur le sol américain. Et à la Bourse de Tokyo, l’action de Nintendo s’est envolée de plus de 50% en moins d’une semaine.

Pokémon Go repose sur la technologie de réalité augmentée. Le jeu permet ainsi de chasser et de capturer les créatures dans le monde réel, au coin de la rue, dans un restaurant et même sur son lieu de travail. Sur les réseaux sociaux, les internautes s’amusent ainsi des messages postés par des entreprises pour mettre en garde leurs employés. Cela attire aussi les malfrats: dans l’Etat du Missouri, plusieurs joueurs ont été attirés dans un lieu isolé puis dépouillés.

Start-up émancipée

Derrière le phénomène se cache Niantic, une ancienne start-up interne à Google, qui a obtenu son indépendance à l’été 2015. Basée à San Francisco, elle a été fondée en 2010 par John Hanke, l’un des créateurs de Google Earth et de Google Maps. Avec Niantic, il souhaitait inventer de nouvelles formes d’interaction avec les services de cartographie. En 2012, la société lance ainsi Ingress, un jeu mobile en réalité augmentée où deux équipes s’affrontent pour contrôler des "portails" situés dans des parcs, des monuments et d’autres lieux publics.

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Ingress a servi de base technologique au développement de Pokémon Go. Les deux applications partagent aussi la même philosophie: "des jeux dans le monde réel qui peuvent nous aider à rencontrer de nouvelles personnes et à nouer des relations partout dans le monde, expliquait en début d’année le patron de Niantic. Ils nous incitent aussi à rester actifs et à explorer des chemins moins fréquentés."

"Quand nous avons commencé à réfléchir à l’après-Ingress, Pokémon nous est immédiatement venu à l’esprit", poursuit John Hanke. Un partenariat est noué en septembre 2015 avec Nintendo. Le créateur japonais de Mario entre également dans le capital de la société, tout comme Google. Ils injectent 20 millions de dollars, promettant 10 millions de plus si Pokémon Go est un succès. Les débuts en fanfare du jeu devront cependant être confirmés sur la durée. Mais ils ouvrent déjà la voie à d’autres expériences exploitant la réalité augmentée. Une opportunité supplémentaire pour Niantic.

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