Sur 15 jouets contrôlés, dix ne sont pas conformes et un est même dangereux

©Reuters

Un contrôle de conformité a été effectué dans le marché des jouets en plastique, tant en Belgique qu’en Europe. Le volet belge de la campagne a porté sur 15 jouets: neuf n’étaient pas en règle au plan administratif, un au plan technique. Une poupée contenait des phtalates. Elle n’a pas eu le temps d’être commercialisée...

Alors que la Saint-Nicolas approche, un rapport publié par le SPF Économie sur la sécurité des jouets vient nous rappeler que même dans ce secteur où tout devrait être parfaitement sûr, il faut rester prudent au moment d’effectuer ses achats. La Belgique participe à un programme européen de surveillance des marchés de grande consommation. Dans ce cadre, elle a mené une campagne de contrôle sur les jouets en plastique. Dix-sept autres États membres ont fait de même sur leur territoire.

En poursuivant deux objectifs: vérifier la sécurité et la conformité des jouets mis en vente, et veiller à ce que les produits non conformes ou dangereux soient retirés du marché. Les résultats du volet belge de cette inspection sont alarmants: sur quinze jouets testés, dix n’étaient pas conformes! Heureusement, si l’on peut dire, neuf des dix jouets en infraction ne l’étaient que sur le plan administratif. Malheureusement, le dixième était techniquement déficient, entendez: il contenait des éléments éventuellement toxiques…

Relativisons d’emblée ce verdict: l’échantillonnage avait été réalisé en ciblant des jouets "pour lesquels il existait de préférence une présomption de non-conformité". Autrement dit, le choix n’a pas été fait en aveugle. Ceci précisé, les dix-huit pays participants ont retenu 255 jouets, répartis en quatre catégories: poupées en plastique, jouets gonflables, livrets-jouets en plastique, jouets de bain ou couineurs en plastique.

En Belgique, le SPF Économie a prélevé sept poupées, deux jouets gonflables, deux livrets-jouets et quatre jouets de bain. Cinq de ces quinze produits ont passé l’examen sans anicroche. Neuf des dix autres présentaient des non-conformités administratives. Les "tares" les plus fréquentes: la déclaration CE de conformité n’était pas disponible ou son contenu était incorrect, voire incomplet; la documentation technique faisait défaut ou était incomplète. Un des neuf produits, un jouet gonflable, contenait l’avertissement "ne convient pas aux enfants de moins de trois ans" alors qu’il était paradoxalement destiné à ce groupe-cible.

Plus inquiétant: un des jouets ne répondait pas aux exigences techniques. Il s’agit d’un couple de poupées de type sirène, baptisées "the mini Mermaids" et ne portant pas de nom de marque. Le problème décelé? La tête de la poupée contenait des phtalates en concentration trop élevée (plus de 0,1%). Cette substance chimique est, comme le bisphénol A, soupçonnée de faire partie des perturbateurs endocriniens, potentiellement cancérigènes; raison pour laquelle l’Union européenne en a prohibé l’utilisation dans les produits destinés aux enfants.

Sirène détruite

Le défaut de cette poupée a été considéré comme un risque grave. Échantillonné par la douane, le produit n’a pas été commercialisé. Son importateur a détruit ses exemplaires. Et le SPF Économie a notifié le système d’alerte européen Rapex: il a prévenu le point de contact central auprès de la Commission européenne, afin de signaler à tous les états membres la découverte de ce produit dangereux.

Pour huit des neuf autres jouets non conformes, les mesures correctives ont été prises par les sociétés concernées. Le fabricant du jouet gonflable destiné à tort aux enfants en bas âge l’a retiré du marché. L’administration ajoute que les mesures seront suivies et contrôlées. Il n’empêche que le bilan de cette inspection surprise reste préoccupant. Il serait intéressant de découvrir les résultats pour l’ensemble des dix-huit pays européens. Cela permettrait de voir si la même tendance est observée à l’échelle du continent. "Le rapport européen ne sera pas publié avant début 2018", précise Etienne Mignolet au service presse du SPF. 

En attendant, un rapide coup d’œil jeté sur le site web du système d’alerte européen confirme la réalité et la récurrence du risque "poupée":  trois des 44 produits dénoncés durant la semaine écoulée sont des poupées en plastique contenant des phtalates. Saint-Nicolas devra redoubler de vigilance…

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