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reportage

À Pairi Daiza, "les animaux se réjouissent autant que nous de la réouverture"

©Valentin Bianchi

Après près de trois mois et demi de fermeture, les parcs zoologiques et animaliers peuvent enfin rouvrir leurs portes dans des conditions limitées. Visite en "backstage" à Pairi Daiza.

Derrière une palissade, un arbre de belle taille se déplace à bonne allure. La camionnette qui le transporte croise des voiturettes chargées. Ici, des électriciens réparent un lampadaire, perchés sur une nacelle. Devant le garage des trains, on déglace les aiguillages. Le bassin des morses est vide, protégé de bâches et chauffé durant le séchage de son revêtement. Ici ou là, on casse la glace dans les étangs, on sable ou déneige les allées. Dans leur enclos, Olaf et Check, deux grands élans, regardent ce ballet en se prélassant dans la neige sous un soleil d'hiver.

Le parc de Pairi Daiza se prépare à sa réouverture ce week-end. Près de 200 personnes s'activent dans tous les coins du site.

Le parc de Pairi Daiza se prépare à sa réouverture ce week-end. Près de 200 personnes s'activent dans tous les coins du site pour remettre tout en état après près de trois mois et demi de fermeture. Une réouverture précipitée par rapport à une saison normale et par la décision gouvernementale qui assouplit les règles sanitaires à l'égard des parcs animaliers ne date que de quelques jours. Mais le jeu en vaut la chandelle pour profiter de la manne de visiteurs qui s'annonce pour les vacances de Carnaval, malgré une capacité maximale volontairement réduite à un tiers.

©Valentin Bianchi

Jamais à l'arrêt

Par nature, un parc animalier n'est jamais totalement à l'arrêt, ne fût-ce que pour assurer les soins des animaux. "Nous avons travaillé en plus petites équipes et en shifts" explique Louise, soigneuse pour les grands carnivores. "Et toujours masqués. Pour nous protéger les uns les autres naturellement, mais aussi pour les grands félins qui peuvent être assez sensibles au corona", explique-t-elle en nettoyant les vitres de l'enclos des ours qui donnent sur les chambres. "Au moins avec le gel, il n'y a pas de boue dans l'enclos, donc ils ne saliront pas trop. Sinon, dès qu'il y a des visiteurs dans les chambres, les ours viennent voir et poser leurs pattes sur les carreaux..."

98
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À la veille des vacances de carnaval, 98 des 100 chambres que compte le parc étaient occupées.

Tim Bouts, le vétérinaire et directeur zoologique du parc, confirme. "Les animaux sont aussi contents que nous de retrouver de l'animation. Durant la période de fermeture, nous devons leur proposer beaucoup plus de distraction, comme des jeux pour trouver leur nourriture. Et dès que les chambres d'hôtel qui ont vue sur les enclos s'animent, ils viennent voir."

Le rush

Dans le lobby du Paddling Bear, il règne une grande effervescence autour du bureau de la directrice qui distribue les tâches. Pour les vacances de Carnaval, les 100 chambres et lodges affichent quasi tous complet. Le personnel, pour la plupart des saisonniers réguliers, est visiblement content de se retrouver. "C'est un peu le rush cette année, mais on commence à avoir l'habitude", avoue Marine Forissier, directrice des hôtels.

©Valentin Bianchi

Quelque 45 personnes s'activent pour nettoyer les chambres et les mini-suites et en adapter le confort aux normes sanitaires en vigueur. "Les hôtels ont toujours pu ouvrir, mais à condition de servir les repas en chambre. Nous avons donc équipé les chambres en mobilier et avec un micro-ondes aussi", précise-t-elle.

Ce service en chambre représente une sacrée logistique pour le Chef Eric Bigouville, qui gère toute la restauration du parc. "Impossible de servir sur assiette des plats de qualité. Les chambres sont trop loin des cuisines et il fait trop froid." Il a donc fait appel au Traiteur Paulus, filiale de Pairi Daiza qui a concocté des menus trois services en bocaux, froid ou à réchauffer.

"En take away, le ticket moyen ne sera que de 10 euros par personne au lieu de 25 à 30 euros pour un service à table au restaurant."
Eric Bigouville
Directeur Restauration de Pairi Daiza

Pour les visiteurs d'un jour, comme les restaurants et brasseries restent fermés, des points de repas à emporter ont été disséminés dans le parc. Malgré la complexité des opérations, le chef Bigonville est obligé de travailler avec la moitié seulement de ses effectifs. Et le parc ne pourra compter que sur des recettes nettement moindres de la restauration. "En take away, le ticket moyen ne sera que de 10 euros par personne au lieu de 25 à 30 euros pour un service à table au restaurant", estime Bigonville.

Malgré l'activité qui règne encore à 48 h de l'ouverture du parc, le personnel est confiant. Tout sera en place pour accueillir les visiteurs qui s'annoncent en nombre ce week-end. Un public qu'il faudra canaliser et guider. C'est la tâche de Laurent Grolet, responsable sécurité et d'Abdallah Vandeput, son collègue de la logistique.

Dès le parking, les visiteurs seront pris en charge pour éviter tout rassemblement. Et tout au long de leur parcours, des stewards seront là pour leur rappeler les gestes barrières, pour temporiser le public à certains endroits ou pour disperser des attroupements. La surveillance sera menée à l'aide des 250 caméras présentes sur le site. À noter que certains espaces trop clos ne seront pas accessibles jusqu'à nouvel ordre. C'est notamment le cas de la toute nouvelle grotte des manchots, un espace de 1.500 m² qui dispose de 4 chambres. Les nourrissages en public seront également suspendus.

Dans leur enclos du Monde du Froid, les loups blancs de Sibérie se déplacent en meute, excités par une telle activité.

©Valentin Bianchi

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