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Alterface se prépare à un triple Salto

Leader mondial dans les "dark rides", attractions interactives pour les parcs de loisirs, la société wavrienne planche sur la troisième version du logiciel qui a fait sa renommée internationale.

Rares sont les entreprises wallonnes qui peuvent se targuer d’une part de marché de 80% au niveau mondial dans leur secteur d’activité. Alterface fait partie de celles-là dans le marché très pointu des parcs d’attractions.

Chiffres clé

Alterface, jeux interactifs pour parcs d’attraction

Wavre

CA 2019, 6 millions d’euros

30 personnes, dont 18 ingénieurs

Principales références : Phantasialand, Lego, Six Flags, Walibi

 

 

Tout commence en 2001. L’UCL met au point un logiciel, baptisé Salto, qui permet de connecter entre eux de nombreux capteurs, mais surtout de les intégrer à toutes sortes d’interfaces audiovisuelles pour augmenter le traitement de l’image. L’utilisateur peut ainsi interagir directement avec l’image.

La solution fait l’objet d’une spin-off, lancée par Benoit Cornet, qui trouve des débouchés dans le secteur des musées pour présenter des œuvres par une approche ludique. Le logiciel est à la pointe de la technologie interactive, trop peut-être. Et si la solution permet de belles expériences pour les visiteurs, le secteur est encore trop limité pour être rentable.

Quatre ans plus tard, Cornet et ses associés adaptent le logiciel de base pour l’univers des parcs d’attractions.

"Le secteur des parcs de loisirs est terriblement conservateur. En dehors des géants comme Disney ou Universal qui peuvent consacrer des centaines de millions dans une nouvelle attraction, les autres acteurs sont plutôt timides."
Stéphane Battaille
CEO d'Alterface

Alterface crée les "théâtres interactifs", des attractions où 25 à 30 visiteurs peuvent interagir avec le décor et les images projetées, pour capturer des personnages par exemple. "La base de notre logiciel, c’est le système de tir qui intègre des lasers infrarouges, des caméras et des capteurs dans les écrans, les décors et les animatronics. Il peut être adapté à tous les univers imaginables", commente aujourd’hui Stéphane Battaille, CEO de Alterface.

Un nouveau marché

Alterface crée un marché, mais encore faut-il en convaincre les opérateurs. "Le secteur des parcs de loisirs est terriblement conservateur. En dehors des géants comme Disney ou Universal qui peuvent consacrer des centaines de millions dans une nouvelle attraction, les autres acteurs sont plutôt timides." En 2011, Alterface crée l’attraction "Maus au Chocolat" pour le parc allemand de Phantasialand. Sur un chariot roulant, le visiteur se promène dans les cuisines d’un grand restaurant où il doit canarder de boulettes de chocolat des souris malicieuses qui les ont envahies. L’attraction fait date et reste toujours une référence dans le secteur, pour un prix de dix fois inférieur aux géants du secteur.

Alterface est propulsé dans la cour des grands et se fait définitivement un nom dans le secteur. Ses "dark rides" équipent aujourd’hui des parcs de moyenne gamme (régionaux ou nationaux) en Chine, aux États-Unis, aux Émirats, en Pologne, en Corée, au Japon, entre autres, avec des références comme Six Flags ou Lego. Mais aussi en Belgique. C’est la technologie Salto qui est derrière la dernière attraction en date de Walibi, le Pop Corn Revenge, de nombreuses fois primé à l’international.

"L’idée est d’accompagner le visiteur, non plus dans une attraction spécifique mais dans tout son parcours dans le parc, sans être tributaire d’un chariot qui le guide."
Stéphane Battaille
CEO d'Alterface

Salto ne cesse d’évoluer et en est actuellement à sa deuxième version importante. "C’est un système très modulaire, qui s’est construit au fil du temps en intégrant progressivement de nouveaux éléments. C’est ce qui le rend bon marché. La technologie est totalement maîtrisée et peut se faire totalement oublier derrière la créativité de l’univers, sur mesure en fonction de l’histoire du client."

Militaire et médical

Outre les parcs d’attractions, Alterface poursuit ses recherches dans d’autres domaines: militaire notamment, tant son système de tir est précis, mais aussi médical, notamment pour étudier et réagir face au comportement de patients autistes. Le comportement individuel et de masse est d’ailleurs au cœur des recherches en cours pour le Salto 3. "L’idée est d’accompagner le visiteur, non plus dans une attraction spécifique, mais dans tout son parcours dans le parc, sans être tributaire d’un chariot qui le guide", laisse entendre Battaille. Avec comme défi principal, la gestion des flux de personnes dans l’histoire qui évolue en fonction des réactions de l’ensemble des visiteurs. "Il faudra intégrer une masse de données extraordinaire et beaucoup d’intelligence artificielle", fait remarquer Battaille, qui table sur encore trois ans de développement avant d’arriver à cette version 3.

Stéphane Battaille, CEO de Alterface (à droite) lors de l'inauguration de Pop Corn Revenge à Walibi

Associé minoritaire depuis 2014, aux côtés de Benoit Cornet et d’un holding néerlandais, Stéphane Battaille a repris la direction générale en début d’année. Autosuffisante jusqu’ici, Alterface n’a jamais dû faire appel à des capitaux frais. "Mais l’arrêt des activités dans les parcs de loisirs depuis le début de la crise sanitaire aura des répercussions sur notre résultat en 2021. Et cela risque de reporter les investissements de nos clients en fonction de la reprise de la fréquentation. Et donc de ralentir notre développement", constate Battaille.

Maus au Chocolat, Phantasialand

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