Belga Films cherche à céder le cinéma White logé dans Docks Bruxsel

©White cinema Docks

Un an à peine après l’ouverture du "plus beau complexe cinéma du pays", les actionnaires de Belga Films cherchent à remettre leur exploitation logée au deuxième étage du nouveau centre commercial bruxellois.

Selon les concepteurs de Docks Bruxsel, le groupe Equilis (famille Mestdagh), le complexe de cinéma situé au sommet du centre commercial devait en être la motrice. La belle locomotive blanche du deuxième étage était censée, avec ses 8 salles super-équipées, tirer la centaine d’enseignes des étages inférieurs et même, promettait-on, assurer la fréquentation des espaces horeca en soirée. Un an après l’ouverture, qu’en est-il exactement?

Juste avant l’été, Jérôme de Béthune, administrateur de la S.A. Belga Films et gérant de la SPRL White Cinema Brussels, nous assurait mettre les bouchées doubles pour inverser la vapeur et attirer davantage de monde au sommet du centre commercial. "Nous allons diminuer le prix des places durant l’été et nous comptons sur plusieurs ‘blockbusters’ pour doper la fréquentation", confiait-t-il, en rappelant au passage l’effet désastreux des attentats à répétition sur la fréquentation des salles au moment même où étaient programmées les plus grosses affiches de l’année 2017.

 

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Fréquentation en hausse

+50%
"Par rapport au premier semestre, nous avons augmenté nos parts de marché de 50%", confie Jérôme de Béthune, propriétaire du White Cinema.

Trois mois plus tard, il semble que les chiffres de fréquentation de l’été lui aient donné raison et que la sauce prenne enfin. "Par rapport au premier semestre, nous avons augmenté nos parts de marché de 50%. Pour 2017, on table sur une fréquentation globale de 140.000 visiteurs. Et pour 2018, on vise les 240.000 visiteurs. Pour y parvenir, nous avons multiplié depuis l’été les événements, comme le concert privé de Puggy, les soirées ‘avant-première’ ou Business to Business. D’ailleurs, sur ce dernier segment, le carnet de réservation est plein à craquer jusqu’en 2018", détaille-t-il, ajoutant multiplier les partenariats avec les médias et préparer deux jours d’événements du 20 au 22 octobre pour la première bougie du White.

Mission de prospection

Voilà pour le chaud. Mais il nous revient par ailleurs que les actionnaires du White soufflent, eux, le froid: ils auraient chargé la banque d’affaires E-Spring Capital (Joël Rikir) d’une discrète mission de prospection auprès d’investisseurs potentiels.

L’objectif? Reprendre le contrat d’exploitation du cinéma bruxellois, ainsi que deux autres projets optionnels en cours (Uplace à Machelen et Médiacité à Liège). Le motif? Les comptes 2016 de Belga Films ne sont pas bons. Et certains mettent en doute la rentabilité à moyen terme du nouveau projet.

Que met-on sur la table?

Dans les projets opérationnels de ce type, le schéma privilégié par Belga Films est de contracter avec le propriétaire des lieux un bail emphytéotique, "qui équivaut à un quasi droit réel de propriété", nous confie le gérant.

"Depuis l’ouverture, nous sommes sollicités, c’est vrai."
Jérôme de Béthune
Administrateur de Belga Films

C’est donc ce bail long terme qui serait sur la table. Avec les installations flambant neuves, valorisées à hauteur de 7 millions d’euros (constructions et matériel) dans les comptes de la jeune SPRL.

Auraient notamment été approchés Dominique Janne, producteur de cinéma et promoteur immobilier, et l’homme d’affaires Philippe Lhomme (Deficom), qui possède déjà via sa société I-magix des salles de cinéma à Tournai et à Mons. Le premier nous confie ne jamais avoir cru à "ce concept de centre commercial dépassé, qui ne ‘colle’ plus à la demande actuelle" et dit donc ne pas être intéressé. Le second se refuse à tout commentaire.

Du côté des gestionnaires du White, on nie en bloc chercher repreneur, total ou partiel. "Ce type de projet d’exploitation à haut potentiel ne court pas les rues. Depuis l’ouverture, nous sommes sollicités, c’est vrai, par des investisseurs qui se montrent intéressés à prendre des parts ou à reprendre la totalité du bail. Rien d’étonnant ni de neuf là-dedans…", botte en touche Jérôme de Béthune.

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