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Dragone restera en Belgique, envers et contre tout...

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Franco Dragone a assuré au tribunal que sa société était décidée à faire toute la transparence sur les comptes. "J’ai ouvert toutes les portes, je veux faire toute la transparence". Il a garanti que, malgré les difficultés, il avait l’intention de "continuer dans la Région envers et contre tout".

Il est rare qu’une audience consacrée au vote des créanciers en vue de valider un plan de redressement dans le cadre d’une procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) se clôture par des applaudissements. C’est pourtant ce qui est arrivé hier au tribunal de commerce de Mons alors que les créanciers venaient de voter le plan de redressement de la société Productions du Dragon (PDD), une des sociétés du créateur de spectacles Franco Dragone. Dans le public, on notait la présence d’un grand nombre de travailleurs du groupe Dragone, venus s’assurer que leur emploi était maintenu. Cela valait bien quelques applaudissements.

Franco Dragone en personne avait fait le déplacement, afin de préciser au tribunal que sa société était décidée à faire toute la transparence sur les comptes. "J’ai ouvert toutes les portes, je veux faire toute la transparence", a assuré l’artiste, garantissant que, malgré les difficultés, il avait l’intention de "continuer dans la Région envers et contre tout."

"Rapport indigent"

En tout début d’audience, avant que les créanciers ne se prononcent, Laurent Arnauts, qui représente la société d’Yves Delacollette, l’ancien président du groupe Dragone, a pris la parole pour sérieusement attaquer le travail du mandataire de justice, Gérard Delvaux. Il faut dire que le rapport en question, censé éclairer les créanciers au moment du vote, n’a été remis aux parties que deux jours avant l’audience d’hier, un délai déraisonnable pour en prendre connaissance. L’avocat d’Yves Delacollette souhaitait éclairer le tribunal sur le contenu du rapport en question, qu’il a jugé "indigent".

Plus tôt dans la semaine, Laurent Arnauts avait introduit une action afin de tenter de faire reconnaître son client au rang des créanciers afin de pouvoir prendre part au vote. Un jugement rendu hier matin lui a donné tort sur ce point.

Si Yves Delacollette, par le biais de son avocat, n’avait plus vraiment voix au chapitre hier lors de l’audience du vote, il faut tout de même rappeler que c’est grâce à leur intervention volontaire dans ce dossier en cours de procédure que l’emploi a pu être préservé dans la société Productions du Dragon. En effet, en cours de PRJ, les avocats de PDD avaient annoncé leur intention de changer l’objectif de la réorganisation, une manœuvre qui, si elle avait réussi, aurait débouché sur des pertes d’emplois. Par son action, Yves Delacollette avait réussi à pérenniser l’emploi au sein de PDD.

Plaidant pendant près d’une heure hier, Laurent Arnauts a tiré à boulets rouges sur le mandataire de justice, dénonçant une trop grande proximité entre ce dernier et la société de Franco Dragone. Sortant un peu du cadre, il a notamment expliqué que la PRJ ouverte en avril 2016 ne visait en réalité qu’à maintenir en place une structure opaque permettant le remboursement d’une dette de près de 100 millions d’euros due à Louis Parenteau, l’ancien associé de Franco Dragone. Le mandataire de justice a répliqué point par point tandis que Roman Aydogdu, l’avocat de PDD, a dénoncé une "méthode inacceptable", précisant que Laurent Arnauts ne venait avec aucune demande et qu’il avait zéro euro à faire valoir au cours du vote à suivre.

Le procureur du Roi, présent à l’audience, a tendu l’oreille avant de préciser qu’il ne fallait pas confondre le volet pénal et le volet civil. Concernant le volet pénal, il a conseillé aux parties d’entamer un dialogue avec le service spécial de l’Inspection des impôts (ISI). Mais, a ajouté le procureur, rien ne s’opposait hier au bon déroulement du vote des actionnaires.

→ Il y avait peu de suspense, sachant que les sociétés de groupe avaient des créances pour 15,3 millions, contre 2,8 millions pour les autres créanciers. In fine, 80 votants se sont déclarés en faveur du plan (pour une valeur de 16,7 millions) contre 4 votes contre le plan (1,047 million). Le plan devrait être homologué dans la foulée et un jugement rendu lundi.

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