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Faute de grosses sorties, les cinémas se font un mauvais film

Le nouveau report du prochain James Bond a poussé Cineworld à fermer temporairement la grande majorité de ses salles. ©Photo News

Cineworld ferme temporairement 663 complexes suite aux reports de grosses sorties. En Belgique, le secteur a perdu 60% de ses visiteurs depuis le début de l'année.

Les salles obscures broient du noir. L’annonce, ce lundi, du britannique Cineworld de fermer temporairement 663 complexes (536 aux États-Unis et 127 au Royaume Uni) secoue l’industrie du 7e art. Car Cineworld, c’est le n°2 mondial de l’exploitation de salles de cinéma, derrière l’américain AMC (détenu par le chinois Wanda).

Il compte 793 complexes dans dix pays. En 2019, il a réalisé un chiffre d’affaires de 4,3 milliards de dollars. À titre de comparaison, Kinepolis, actif dans neuf pays, exploite 110 cinémas.

Alors que les salles restent encore portes closes dans certains États américains, l’annonce de cette fermeture, qui menace 45.000 emplois, intervient au lendemain de celle du nouveau report du prochain James Bond.

Le remake de West Side Story, de Steven Spielberg, qui devait arriver début décembre, sortira finalement un an plus tard.

Prévu initialement le 2 avril, il avait été reporté à début novembre. Mais la remontée en force du virus a poussé Universal à ne le sortir qu'en avril 2021, préférant le lancer dans des salles fonctionnant à pleine capacité. Reste à voir si la situation se sera améliorée d’ici là.

Reports de sorties en pagaille

Pour les exploitants c’est un énième coup dur. Ils comptaient sur cette sortie pour essayer de combler le manque à gagner dû à la fermeture des salles au printemps et à l’absence de grosses cartouches.

L'annonce de ce report intervient après plusieurs autres ajournements. Citons celui de Fast & Furious 9, de Jungle Cruise, reportés à 2021, ou de Wonder Woman 1984, postposé à la fin décembre. Idem pour Black Widow: prévu en avril dernier, il sortira en mai 2021.

"N'oublions pas que la plus grande partie des revenus d’un film vient toujours des cinémas."
Eddy Duquenne
CEO de Kinepolis

Le remake de West Side Story, de Steven Spielberg, qui devait arriver début décembre, sortira un an plus tard. Celui de Mort sur le Nil, de Kenneth Branagh, déboulera mi-décembre alors qu’il était attendu ce mois-ci. Rappelons aussi que Disney a préféré lancer Mulan, un de ses gros films de 2020, uniquement sur sa plateforme de streaming Disney+,  bypassant les salles.

Impact sur les cinémas

"L’annonce de Cineworld est un sérieux avertissement pour les distributeurs", réagit Thierry Laermans, secrétaire général de la Fédération des cinémas de Belgique (FCB). "Si cela continue, il n’y aura plus assez de films pour nous. Or, la salle c’est primordial pour la vie d’un film." Sous-entendu: certaines pourraient fermer, ce qui, globalement, n’est pas encore le cas en Belgique.

"N’oublions pas, rappelait cet été Eddy Duquenne, CEO de Kinepolis, que la plus grande partie des revenus d’un film vient toujours des cinémas."

-75%
de spectateurs
Depuis le début de la crise, la fréquentation des cinémas belges a chuté de 75%.

Contacté, le groupe, qui a vu le nombre de ses visiteurs diminuer de 54% au premier semestre, indique qu’aucune fermeture de salles n’est prévue. "Au contraire, nous allons rouvrir nos salles dans le Michigan, vendredi, mais avec une capacité de 20%", indique sa porte-parole Anneleen Van Troos.

"On sent que dès qu’il y a un bon film, le spectateur revient; on l’a vu récemment avec Tenet de Christopher Nolan qui nous a aidé à faire remonter le nombre de visiteurs de 25 à 50% par rapport à ce que nous avions budgetté pour 2020 hors coronavirus", ajoute-t-elle, citant quelques sorties prometteuses d’ici la fin de l’année: Dune, Honest Thief, Les Trolls 2, Loup, etc.

Après un cru 2019 en hausse de 4%, à 19,5 millions de visiteurs, le secteur fait aujourd'hui ses comptes. "Depuis le début de la crise, la fréquentation des cinémas belges a chuté de 75% et de 60% depuis le début 2020", constate, amer, Thierry Laermans en appelant à nouveau les autorités à l’aide. "Le chômage économique c’est très bien mais ça ne suffit pas, il nous faut une aide financière, par exemple, sous forme d’annulation de la taxe communale qui nous permettrait de respirer."

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