FC Losers, le club qui va dissuader les jeunes de parier au Mondial

Le Mondial en Russie (mascotte) risque de générer une nouvelle tornade de pubs pour les paris en ligne. ©BELGAIMAGE

Quelque 5,2% de la population adulte risque d’être addict aux jeux de hasard. Le régulateur du secteur lance une campagne de prévention avant le Mondial.

On est à un peu plus de deux semaines du coup d’envoi de la Coupe du Monde. À cette occasion, de nombreux jeunes seront tentés de parier en ligne sur les résultats de matchs. "Or, les joueurs présentant le plus de pathologies liées au jeu effectuent leur premier pari en moyenne vers 20 ans", souligne la Commission des jeux de hasard (CJH) qui régule ce secteur et dont une des missions est de protéger les joueurs contre le risque d’assuétude.

"Les chances de gagner aux paris en ligne sont tellement minces qu’il faut presque aimer perdre pour s’y adonner les yeux fermés."
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La CJH dernière a pris l’initiative de lancer une campagne de prévention, intitulée "Faut aimer perdre". Elle sera déclinée selon trois axes: site web, campagne sur les réseaux sociaux et "bannering" en ligne. Le message sera émis sur le mode ludique. Un club fictif a été créé, le FC Losers: "les chances de gagner aux paris en ligne sont tellement minces qu’il faut presque aimer perdre pour s’y adonner les yeux fermés", dit la campagne.

Quelle est l’ampleur du problème? Si, comme le fait observer le professeur Xavier Noël (psychologie, ULB), "le jeu est un processus créatif inscrit dans la nature de l’homme", il "peut poser problème lorsqu’il est détourné et mercantilisé". "Le jeu problématique est une histoire de rencontres entre une personne vulnérable, un jeu plus ou moins addictif et un environnement propice à la perte de contrôle", note François Mertens, de l’ASBL Le Pelican qui aide les joueurs addicts.

"Les paris sportifs sont à risque parce qu’on est dans un environnement de smartphones où règnent l’accessibilité et l’immédiateté, avec pour corollaire l’anonymat, donc l’absence de contrôle social." Citant une étude de l’Université de Gand faite en 2016, Marijs Geinaert, directrice du VAD, un centre d’expertise sur l’alcool et les drogues, estime qu’il y a 467.000 adultes considérés comme joueurs à risques et 80.800 joueurs à problèmes en Belgique.

Plus inquiétant encore, comme le relève le ministre de la Justice Koen Geens, tutelle de la Commission, "les enquêtes montrent que les jeunes jouent massivement en ligne: selon les noms enregistrés sur les sites, on recense 64.700 jeunes de 18 à 22 ans et 231.000 de 22 à 29 ans, sur un total de 684.000 joueurs en ligne." Et le ministre de citer aussi la perte de contrôle social sur les paris du fait du secret que permet l’"online".

"En 2014, lors du Mondial de foot, on a assisté à une tornade de publicités pour les paris et une offre de jeux énorme", rappelle Etienne Marique, le président de la CJH. D’où l’intérêt de la nouvelle campagne qui, bonne nouvelle, coïncide avec l’annonce par Bago, l’association professionnelle des opérateurs de jeux, qu’ils limiteront leurs pubs pendant les matchs des Diables Rouges.

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