Il faudrait 777 millions d'euros pour sauver l'événementiel

Rock Werchter a ouvert un bar dans le parc du festival pendant quelques jours début juillet. Mais ici aussi, les pertes subies par le secteur événementiel suite au confinement seront lourdes. ©Rock Werchter

Selon Deloitte, le secteur événementiel se dirige vers un déficit de trésorerie de 777 millions d'euros d'ici la fin de l'année suite aux mesures de confinement.

Parmi les victimes de la crise sanitaire, nul n'a été plus sévèrement touché que le secteur événementiel. Concerts et festivals annulés, salons reportés et événements sportifs à huis clos; c'est une manne financière colossale qui s'est envolée pour les quelque 2.274 entreprises et 29.000 salariés que compte le secteur.

"En raison de l'évolution incertaine du virus, le secteur événementiel ne pourra pas se redresser avant 2021."
Emile de Cartier
Président de la Confédération Events

"Avec la deuxième vague, le resserrement des mesures sanitaires et le manque de perspectives, notre secteur est de fait confronté à un lockdown à long terme. En raison de l'évolution incertaine du virus, le secteur événementiel ne pourra pas se redresser avant 2021", souligne Emile de Cartier, président de Confédération Events. L'organisation faîtière d'associations professionnelles du secteur a demandé, en juillet dernier, à Deloitte d'évaluer les dégâts.

Le bureau de conseil s'est attelé à la tâche de cartographier le secteur et d'évaluer les dommages économiques subis par ses entreprises afin de chiffrer les dégâts, mais aussi de déterminer un montant d'aides à demander. Et cette étude d'impact présente un résultat sans appel: 777 millions d'euros seront nécessaires cette année pour que le secteur événementiel puisse poursuivre ses activités à l'avenir.

Déficit de trésorerie

Deloitte a identifié quelque 2.274 sociétés événementielles actives dans notre pays. Elles représentent un large éventail d'activités: sociétés de divertissement, organisateurs, agences événementielles et de promotion, fournisseurs techniques et autres qui ont réalisé au moins la moitié de leur chiffre d'affaires grâce à des événements au cours de l'exercice 2018.

1,3 milliard
d'euros
Deloitte estime que le montant consolidé des charges fixes supportées par le secteur pour la période de mars à décembre 2020 sera de 1,3 milliard d'euros.

Selon l'entreprise de consultance, le secteur de l'événementiel représente 5,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an en Belgique. Il emploie 29 000 salariés permanents et 50 000 pigistes.

Sous la loupe de Deloitte, il apparaît immédiatement que les entreprises observées ont souffert de lourdes pertes pendant le confinement. "En période d'inactivité, le secteur de l'événementiel reste confronté à des frais généraux permanents. Le montant consolidé des charges fixes actuelles (bâtiments, amortissements, intérêts, sécurité sociale, ...) pour la période de mars à décembre 2020 est estimé à 1,3 milliard d'euros", explique Vincent Fosty, Partner chez Deloitte.

Plus loin, Deloitte estime que le secteur se dirige vers un déficit de trésorerie de 777 millions d'euros d'ici la fin de l'année. Ce chiffre est basé sur les coûts d'exploitation totaux (3,5 milliards d'euros), moins les liquidités que le secteur pourrait économiser. Cela représente 13% du chiffre d'affaires annuel normal.

Quel soutien public?

Afin d'éviter des vagues de faillites dans le secteur, Deloitte, comme la Confédération Events, appellent au soutien des autorités publiques. Aussi, le secteur demande, par exemple, au gouvernement de reprendre les prêts bancaires actuels jusqu'à la fin de la crise. Il appelle aussi à une prolongation du chômage temporaire, toujours jusqu'à la fin de la crise.

Le consultant et la confédération encouragent également les autorités à s'inspirer des mesures de soutien prises par les pays voisins.

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