IPO du Club de Bruges: terrain impraticable, match remis

À une encablure du but, le Club de Bruges renonce à tirer. ©Photo News

Le Club de Bruges devait rejoindre la Bourse de Bruxelles ce vendredi matin. Mais l'opération est reportée.

Cela ressemble à un forfait avant même le début de la rencontre. Le Club de Bruges ne tentera finalement pas sa chance en bourse vendredi. La souscription aux actions vendues par les principaux actionnaires s'est terminée ce jeudi à 10h. Elle aurait pu être clôturée mercredi en cas de sursouscription ce qui ne fut pas le cas. Cela signifie que l'opération ne fut pas un succès de foule.

Dans l'après-midi de jeudi, le club a toutefois précisé qu'il s'agissait d'un report et non d'une annulation, "en raison de la situation sur le marché", se contente de dire le groupe dans un communiqué de quelques lignes. Le Club de Bruges, actuellement détenu par son président Bart Verhaeghe et une poignée d'actionnaires locaux, souhaitait entrer dans la cour des très grands en passant par une IPO sur l'Euronext de Bruxelles.

"Toutes les souscriptions des actions offertes dans le cadre de l'offre seront ignorées et dénouées. Et tout paiement de souscription effectué sera restitué sans intérêt ni autre compensation", ajoute le club dans son communiqué.

258
millions €
La fourchette de prix valorisait le Club de Bruges à un maximum de 258 millions d'euros.

Comme le rappelle De Tijd, après avoir jeté un œil sur la situation, plusieurs éléments présageaient de l'échec probable de l'opération.  Le club n'avait par exemple fait aucune communication autour de l'évolution des souscriptions. Aucune précision n'avait non plus été donnée sur le montant exact de l'entrée en bourse.

L'IPO avait quelques caractéristiques qui n'ont visiblement pas totalement convaincu les investisseurs. L'entrée en bourse n'était pas accompagnée d'une émission d'actions supplémentaires. Autrement dit, l'IPO était principalement organisée pour permettre à de gros actionnaires du club de sortir, au moins partiellement. Les dirigeants actuels étaient "simplement" prêts à se séparer de 3,25 millions d'actions. En cas de fortes demandes, le nombre d'actions libérées pouvait grimper jusqu'à 4,67 millions, soit 40,7% des parts du club.

La fourchette de prix était comprise entre 17,5 et 22,5 euros, valorisant le club à un maximum de 258 millions d'euros, soit moins que les 400 millions prévus initialement par les dirigeants. S'il atteignait les 20 euros, le prix valorisait le club à 1,7 fois le chiffre d'affaires annuel. Un ratio positionnant le Club de Bruges à un niveau comparable à celui de l'Ajax Amsterdam et du Borussia Dortmund, mais à un niveau bien plus raisonnable que celui de Manchester United (4,4 fois son chiffre d'affaires)

Pas de dividende

Une fois le club entré en bourse, aucun dividende n'était prévu, rendant l'action bien moins attractive, surtout auprès des investisseurs à la recherche de revenus stables et récurrents. Les dirigeants justifiaient cette politique par la volonté de réinvestir dans le club et ses infrastructures.

Même si l'opération diluait largement le président, ce dernier conservait largement le contrôle du club.

Même si l'opération diluait largement le président en le faisant passer de 94,3% a seulement 53,6% ou 66%, ce dernier conservait largement le contrôle du club. Une situation qui s'expliquait notamment via la politique choisie de la double voix par action, accordée aux actionnaires présents depuis plus de deux ans dans l'actionnariat.

La loi du terrain

Restait également à convaincre les investisseurs du potentiel de croissance de l'entreprise. Pour un club de football, cela passe forcément par le terrain. Bien qu'il soit la référence indiscutable du championnat belge depuis plusieurs saisons, le Club de Bruges doit encore faire ses preuves hors de nos frontières.

Pour l'heure, les "Blauw en Zwart" sont encore loin d'être une référence continentale. L'élimination en Champions League, quelques jours après l'annonce du souhait de rentrer en bourse, n'a sans doute pas vraiment mis le club sous son plus beau jour. L'élimination a aussi rappelé le caractère très peu prévisible de ce type d'entreprises où les résultats financiers dépendent aussi d'un fait de match ou de la blessure d'un joueur clé.

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